Les toilettes du Pavillon Wilbrod-Dufour

Des caméras dans les toilettes du Pavillon Wilbrod-Dufour

Les adolescents du Pavillon Wilbrod-Dufour (PWD) d’Alma étaient surveillés par caméra jusque dans les toilettes. La direction de la polyvalente avait récemment fait installer ces équipements dans les salles de bain des garçons et des filles, confirme la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean, qui a ordonné leur retrait immédiat.

(Laura Lévesque) - « Les caméras seront retirées jeudi. Dès qu’on a été mis au courant de la situation, le retrait a été demandé », précise Véronique Leclerc, responsable des communications à la commission scolaire.

Les caméras pointaient en direction des lavabos, assure l’organisation. Les gens dans les cubicules n’auraient pas été filmés. 

Selon ce qu’il a été possible d’apprendre, la direction de la polyvalente voulait surveiller les allées et venues dans les salles de bains pour réduire les actes répréhensibles, comme le vandalisme. Des jeunes se sentant illégalement observés ont dénoncé la situation au cours des derniers jours. 

Pratique légale, mais...

Légalement, les directions d’écoles peuvent dans certains cas installer des caméras dans les salles de bains, mais elles doivent avoir un motif raisonnable, comme la lutte au trafic de drogue. Et ce système de surveillance doit demeurer temporaire. Dans le cas de l’école secondaire d’Alma, les raisons invoquées par la direction n’auraient pas convaincu la commission scolaire. 

Une mesure «inutile et questionnable»

(Annie-Claude Brisson) - La présence de caméras de surveillance dans les toilettes du Pavillon Wilbrod-Dufour a suscité de nombreuses réactions.

Le sujet était présent sur toutes les lèvres à la sortie des classes, jeudi. Un groupe de jeunes hommes doutaient de l’idée « qui a coûté des milliers de dollars » à l’établissement scolaire. Pour eux, il s’agit d’une mesure inutile. « Ils font cela pour éviter du vandalisme. Pourtant, ce n’est pas pire ici qu’ailleurs. Les jeunes vont toujours flâner », soutient l’un des trois adolescents. 

La mesure semble déplaire encore plus aux jeunes filles. Selon elles, cela va vraiment trop loin. « On a le droit de se regarder, de s’arranger sans se sentir surveillées. C’est notre intimité. On ne fait rien de grave », témoigne l’une des trois jeunes qui évoluent dans un programme avec une concentration. 

Une maman d’étudiant fréquentant l’école secondaire d’Alma s’est confiée au Quotidien. « Je les comprends d’ajouter de la surveillance entre leurs murs alors qu’il y a du vandalisme. Toutefois, ils doivent être vigilants avec l’emplacement des caméras », mentionne celle qui avait été avisée de la mesure par son garçon.

À la sortie des classes, une mère se questionnait quant à une telle initiative. Selon elle, il s’agit d’un grave manque de jugement. Celle dont la fille étudie au PWD se demande d’ailleurs pourquoi la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean n’était pas encore au courant.