Léa donnera une bonne partie de ses cheveux pour la fabrication de perruques.

Défi têtes rasées: Léa prête à faire sa part

Léa a préparé avec soin ses longs cheveux bruns la veille de l’entrevue. Ces longs cheveux perdront bientôt un minimum de 20 cm, lors du Défi têtes rasées, puisque la jeune fille de 10 ans participera au défi « coupe-couette », qui permettra la fabrication de perruques pour les personnes atteintes d’un cancer.

Léa Pineault a été sensibilisée jeune aux ravages du cancer. Sa grand-maman, Claire Blais, le combat avec vigueur depuis six ans. Mais voilà que Mme Blais a eu recours à tous les traitements possibles et prend maintenant soin d’elle à la Maison Au Diapason, qui offre des soins palliatifs aux personnes en fin de vie.

Après avoir vu sa grand-mère se battre pour rester en vie, Léa a choisi de faire sa part en amassant des fonds et en donnant ses cheveux.

« Je l’ai vu faire plein de chimiothérapie. Je l’ai vu passer par plein d’étapes. J’ai grandi avec quelqu’un qui a le cancer, puis maintenant, je sais qu’elle va bientôt mourir », raconte-t-elle avec aplomb. « Je le fais pour les personnes qui vont avoir le cancer. Au moins, ils vont avoir mes dons. »

En plus de ses cheveux qui serviront à la fabrication de perruques, elle a déjà amassé plus de 2350 $, soit bien au-delà de son objectif initial de 1000 $.

Léa et sa grand-mère Claire Blais.

Rasage en 2020

Au départ, elle souhaitait se faire raser les cheveux, mais elle n’avait pas encore réussi à convaincre son père, Jean-Philippe Pineault, malgré deux ans de pourparlers. 

« Il y a eu beaucoup de négociations, remarque Marie-Ève Dupré, la maman de Léa, aussi animatrice à la station m105. Au début, c’était raser au complet, puis raser juste d’un côté, et après ça, c’était le défi coupe-couette. Mais je pense que l’an prochain... »

La jeune Léa confirme que l’an prochain, elle veut passer sous le rasoir pour Leucan.

« Je pense que je veux la protéger, analyse son père Jean-Philippe Pineault. Les enfants sont parfois durs entre eux. Mais en même temps, quand c’est quelque chose d’assumé, de complètement réfléchi, de complètement incarné, on ne peut pas aller contre ça. »

S’il disait toujours non la veille, il a confirmé devant les représentants de La Voix de l’Est qu’il acceptait que sa fille aille jusqu’au bout l’an prochain. Il faut dire que Léa en parle depuis longtemps. Elle est arrivée avec cette idée à la maison il y a deux ans et n’en a pas démordu depuis.

De plus, une de ses amies, qui ira à la même école secondaire qu’elle, participera aussi au Défi têtes rasées Leucan.

En même temps, admet M. Pineault, un tel geste amenait une nouvelle perspective à la maladie de sa mère. « Je trouvais que ça donnait du sens à tout ça, ajoute-t-il, visiblement fier de sa grande. Ce n’était pas un souhait passager, c’était un désir profond de poser un geste qui allait faire une différence. C’est vraiment beau. »

Touchée

Claire Blais a fêté ses 69 ans en étant entourée des siens, vendredi, lors d’une soirée agrémentée de sushis lors de laquelle une rétrospective de sa vie lui a été présentée. Les mouchoirs étaient fournis à volonté. 

Léa a mangé des sushis pour la première fois de sa vie, un mets dont raffole sa grand-mère. Mme Blais avait dû s’en priver tout au long de ses traitements.

« Elle a beaucoup de courage et elle est persévérante, constate Léa à propos de sa grand-maman. Je suis triste en dedans de moi, mais je me dis que je pleurerai quand ça sera fait. En attendant, je vais profiter du moment présent. »

Cette soirée restera certainement dans sa mémoire. 

Sa grand-mère l’avait accompagnée à l’école lorsque Léa devait présenter la personne qu’elle admirait le plus, qui faisait preuve de courage. Mme Blais a été très présente pour ses petites filles, notamment à l’occasion des activités scolaires. Elles sont donc très proches.

« Ma mère est vraiment touchée du [geste de Léa], confie M. Pineault. Ça lui fait du bien de savoir que sa petite-fille va poser un geste pour elle. »

Recherche

Mme Blais a reçu un diagnostic de cancer des ovaires il y a six ans. Son pronostic de fin de vie, qu’elle a fait mentir, était initialement de un an et demi. Elle a par ailleurs été en rémission pendant un an.

La recherche est toujours en cours sur le cancer des ovaires — un type agressif. « Ma mère a été très impliquée dans la recherche. Elle a participé à plein de programmes, souligne le fils de Claire Blais. Ce n’était pas juste pour elle, mais pour faire avancer la [science]. Ça se termine de la meilleure façon que ça pouvait se terminer, à la Maison Au Diapason, un endroit merveilleux. »

Mme Blais a eu droit à tous les traitements possibles. « Elle voulait tellement vivre. Elle les a tous essayés. »

Léa donnera une bonne partie de ses cheveux le 16 juin en échange de dons.