Le parcours scolaire d’Emma Bélisle lui a permis d’être guide d’aurores boréales­ pour Reykjavik Excursions.
Le parcours scolaire d’Emma Bélisle lui a permis d’être guide d’aurores boréales­ pour Reykjavik Excursions.

Découvrir l’Islande durant la pandémie

Roxanne Caron
Roxanne Caron
La Voix de l'Est
Installée depuis six mois à Reykjavik, capitale de l’Islande, Emma Bélisle s’estime choyée de pouvoir y travailler grâce à son diplôme en tourisme. Comble de chance : cette île de 364 000 habitants ne compte qu’un total de 1806 cas de COVID-19.

« Au début [de la crise|, c’était intense, il n’y avait pas de nourriture dans les supermarchés, car la ville avait arrêté les importations. Je capotais, j’avais peur et je me disais “pourquoi je ne suis pas au Canada ?” », se rappelle la diplômée en tourisme du Cégep de Granby. Mais lorsque la situation s’est aggravée au Québec, Emma a eu la confirmation qu’elle avait bien fait de rester en Islande.

La Bromontoise avait déjà visité ce pays insulaire nordique l’an dernier dans le cadre d’un stage. Elle était toutefois loin de se douter qu’elle tomberait amoureuse d’un Islandais. Ils fêteront d’ailleurs leur première année de mariage sous peu.

Elle a récemment décidé d’y retourner évidemment par amour, mais aussi pour son goût de l’aventure.

Son parcours scolaire lui a permis d’être guide d’aurores boréales pour Reykjavik Excursions.

« J’ai la chance d’avoir un visa de résidence et de travail grâce à notre union. Étant donné que j’ai terminé mon DEC, je peux profiter de cette occasion pour voyager, travailler et apprendre une nouvelle langue », explique Emma.

La jeune femme de 22 ans s’est inscrite à l’université TÉLUQ afin de suivre des cours à distance en gestion du tourisme, tout en continuant d’acquérir de l’expérience dans son domaine à l’étranger.

La Bromontoise Emma Bélisle avait déjà visité ce pays insulaire nordique l’an dernier dans le cadre d’un stage. Elle était toutefois loin de se douter qu’elle tomberait amoureuse d’un Islandais.

Des plans repoussés

« Mon conjoint a envie de voir le Canada. Nos plans c’était de revenir en juin et de travailler. Mais finalement, on va sûrement rester ici jusqu’à Noël prochain à cause du virus », estime Emma.

Tout juste avant le début de la pandémie, la jeune femme avait fait une escapade en Espagne et au Portugal en compagnie de son père qui est venu la rejoindre à Madrid. En lui disant au revoir le 4 mars, elle ignorait toutefois qu’elle ne le reverrait pas de sitôt.

« Je voulais voir ma famille en juin, mais ça n’arrivera pas. Je n’ai pas vu ma mère depuis octobre, ça me fait un peu de la peine », avoue-t-elle.

Quoi qu’il en soit, lorsque les frontières rouvriront, Emma aura un choix à faire : aller voir la famille de son conjoint qui vit à Oslo, en Norvège, ou encore retrouver la sienne, au Québec.

Tourisme

Emma a quand même dû accueillir des touristes au début de la pandémie puisque les frontières de l’Islande n’ont jamais été fermées.

« Les premières semaines de mars, j’avais peur de faire des tours guidés parce que le virus commençait à se propager. J’étais stressée, on travaillait avec des masques. On était avec 70 personnes dans un bus pendant trois heures », raconte-t-elle.

Alors qu’elle devait occuper son emploi jusqu’au 15 août, l’entreprise y a finalement mis un terme le 17 mars.

Entre-temps la jeune globe-trotteuse s’est déniché un poste dans une boulangerie très prisée par les touristes. Le seul hic ? Il n’y a plus aucun touriste qui s’y présente, faisant en sorte qu’Emma doit se débrouiller pour parler islandais avec les locaux. Un défi qu’elle accueille avec bonne humeur.

« Je suis des cours d’islandais... pour l’instant ça ne va pas super bien », lance-t-elle en riant.

Elle s’estime néanmoins chanceuse d’avoir pu garder son emploi tout au long de la pandémie, alors qu’une grande majorité de travailleurs l’ont perdu.