Les trois dames des <em>Conteuses </em>: Jo-Ann Quérel, France Arbour et Diane St-Jacques.
Les trois dames des <em>Conteuses </em>: Jo-Ann Quérel, France Arbour et Diane St-Jacques.

Décès de France Arbour : des témoignages sincères et émouvants

Michel Tassé
Michel Tassé
La Voix de l'Est
France Arbour a touché tout le monde. Son décès ébranle la communauté culturelle, mais aussi toute une ville, toute une région. Et les témoignages, aussi émouvants que sincères, sont nombreux.

Jo-Ann Quérel, avec laquelle elle a notamment fait Les Conteuses pendant une quinzaine d’années

«J’avais huit ans lorsque France m’a enseignée. Pour moi, elle est passée de prof, à amie, à collègue… Je suis triste, mais honnêtement, je suis soulagée pour elle. France, c’était une bête de social et là, elle était tellement restreinte. Je l’ai vu pour la dernière fois samedi passé. Elle m’a demandé : ''D’après toi Jo-Ann, c’est comment en haut?'' Je lui répondu : ''Là, tu vas aller rejoindre Gilles Latulippe et tu vas faire de gros shows avec lui!'' Elle riait, c’était beau à voir. Elle était sereine…»

Jean-Philippe Dion, animateur à la télé et producteur

Jean-Philippe Dion, animateur à la télé et producteur

«Le savoir de France s’est transmis de génération en génération. Elle a formé des artistes comme Martin Gougeon et Mélissa Dion Des Landes et ce sont eux qui m’ont formé ensuite. À l’époque où je travaillais au Théâtre de l’Ancien presbytère, elle était toujours là pour encourager et soutenir ceux à qui elle avait appris tant de choses et ça m’impressionnait. Son héritage sur la culture de Granby, mais aussi sur celle du Québec en général, est colossal.»

Le comédien André Lacoste

André Lacoste, comédien

«J’ai travaillé quelques fois avec France, mais la première chose qui me vient en tête quand je pense à elle, ce sont les cours de diction qu’elle m’a donnés alors que j’avais 16 ans. En passant, ça fait précisément 50 ans. J’ai toujours aimé le côté matante de France, c’est-à-dire son côté bonne personne, son côté rassurant. J’aurais dû la revoir au printemps, mais la COVID a tout gâché. Quand j’ai su qu’elle était très malade, j’ai communiqué avec sa sœur Monique la semaine dernière. Quand je repense à elle, je suis ému. On perd un personnage marquant.»

Le chanteur et imitateur Michaël Rancourt

Michaël Rancourt, imitateur

«Il y a trois ans, France était venue voir mon spectacle Les années juke-box, de Piaf à Sinatra, au Palace. Et après le show, elle m’avait félicité, disant qu’elle avait passé une très belle soirée. Vous allez rire, mais c’était tout un honneur pour moi de voir que la grande France Arbour aimait ce que je faisais. C’est vous dire à quel point cette dame m’impressionnait. Je sais qu’elle a été honorée plus d’une fois, mais il faudrait qu’elle le soit encore pour être bien certain qu’on oublie jamais ce qu’elle a fait pour les arts et la culture de chez nous.»

La chanteuse Andréanne A. Malette

Andréanne A. Malette, chanteuse

«C’est pas compliqué, la culture de Granby vient de perdre sa mère. France, c’était une femme généreuse, intelligente, engagée et fonceuse. Elle est un modèle extraordinaire pour les générations qui suivent. Ses projets, elle les menait jusqu’au bout. Je trouve absolument fabuleux qu’on ait pu l’honorer de son vivant en donnant son nom au centre culturel. On perd une légende.»

La directrice du Palace, Christine Plante

Christine Plante, directrice du Palace

«Le décès de France est une immense perte pour la culture de chez nous. Son départ va créer un grande vide dans le cœur de l’équipe du Palace. D’un point de vue personnel, j’ai partagé de beaux moments de complicité avec elle alors qu’elle enseignait la diction ici et là en ville quand j’étais plus jeune. C’était une femme dévouée et tellement, tellement inspirante…»

Richard Goulet, ex-maire de Granby

Richard Goulet, ex-maire de Granby, qui a donné à La Ruche le nom de Centre culturel France-Arbour

«On vient de perdre une grande dame de la culture, la grande dame de la culture de chez nous. France, elle n’était pas toujours facile parce qu’elle défendait son milieu et ses dossiers bec et ongles. Elle trouvait que la culture était laissée pour compte à Granby… et elle n’avait pas tort. C’est pourquoi on a fini par investir pour la peine dans ce secteur. C’est Luc Senay qui nous avait donné l’idée de donner son nom au centre culturel. On perd quelqu’un de spécial dont on va se souvenir très, très longtemps…»

La chanteuse Vanessa Borduas

Vanessa Borduas, chanteuse

«France m’a toujours impressionné par sa passion pour la culture, son verbe et ses grandes connaissances. J’étais toute jeune les premières fois que je l’ai rencontrée. Et chaque fois, c’était un pur plaisir, elle avait toujours une anecdote ou quelque chose d’intéressant à raconter. Une fois, elle m’avait raconté qu’elle avait payé ses cours au Conservatoire grâce aux sous qu’elle faisait en nourrissant les ours au Zoo. La façon dont elle racontait ça, c’était tellement amusant. Au fil des ans, elle m’a permis de chanter dans le cadre des À-côtés du Palace. Elle aura inspiré des générations de gens d’ici et d’ailleurs. J’ai un respect immense pout tout ce qu’elle a accompli.»

Le comédien, producteur et homme de théâtre Jean-Bernard Hébert

Jean-Bernard Hébert, homme de théâtre

«Moi, j’ai commencé avec France. C’était il y a 35 ans alors que nous jouions Omer, l’homme à tout faire, à Saint-Jean-sur-Richelieu. Elle jouait ma belle-mère. Elle a plus tard travaillé pour moi en tant que metteuse en scène et on a aussi fait de la tournée ensemble. Quelle femme, quelle générosité, quelle intégrité! Elle détestait la paresse et la bêtise. C’était une travaillante, une battante. La dernière fois que je l’ai vue, c’était à Drummondville alors qu’elle jouait au théâtre d’été avec Gilles Latulippe. Elle était en belle forme et j’avais beaucoup ri avec elle en coulisse. J’ai beaucoup de peine…»

Jocelyn Lemoine, ex-directeur du Palace

Jocelyn Lemoine, ex-directeur du Palace

«Malgré tout, les gens n’ont pas idée de tout ce que France a fait pour le milieu culturel de chez nous. Elle a mené une tonne de projets, mais il n’y a pas un artiste d’ici qu’elle n’a pas aidé d’une façon ou d’une autre. France, c’était un pilier, qui sera difficile à remplacer. Oui, elle n’hésitait pas à défoncer des portes pour arriver à ses fins, mais je ne me suis jamais chicané avec elle. Honnêtement, j’avais trop de respect pour le travail qu’elle faisait, j’avais trop de respect pour les efforts qu’elle mettait pour faire grandir notre culture. C’est une journée difficile pour moi…»