La beauté des fleurs de tournesols, « c’est déjà notre paye », affirme Frédérick Bonner, qui a démarré l’Huilerie du Mont avec sa conjointe Catherine Grégoire.

De l'huile de tournesol hyperlocale à Granby

Le paysage a changé sur la propriété du Collège Mont-Sacré-Coeur à Granby. Avec ses milliers de tournesols prêts à éclore, l’Huilerie du Mont s’y est enracinée sur une parcelle d’un peu plus d’un hectare.

Les Granbyens Frédérick Bonner et Catherine Grégoire sont à l’origine de cette nouvelle ferme urbaine. Leur objectif : cultiver, à la main et sans intrants chimiques, des graines de tournesol qui produiront une huile « ultra locale », riche et de première qualité.

Le duo invite d’ailleurs la population à profiter de la beauté du champ en fleurs ce samedi entre 10 h et 16 h. L’occasion idéale pour prendre quelques photos et acheter des fleurs, fait valoir Frédérick Bonner.

Fort d’une entente de location pour la parcelle située près du complexe Artopex et des Jardins de la société d’horticulture de Granby, le couple, dans la vie comme en agriculture, s’est fait la main l’année dernière en y semant ses premiers tournesols. L’expérience s’est révélée haute en couleur. Et les choses ne se sont pas toujours déroulées comme prévu. Mais ce n’est rien pour freiner l’enthousiasme du duo.

Frédérick Bonner et Catherine Grégoire ont entre autres dû composer avec les oiseaux, les écureuils gourmands et les mauvaises herbes. L’automne pluvieux ne leur a pas permis de récolter les précieuses graines, qui n’ont jamais pu sécher sur les plants. Mais la beauté de la petite mer de fleurs de tournesols tournées vers le soleil, « c’est déjà notre paye », lance celui qui œuvrait jusqu’à l’an dernier à titre de conseiller aux entreprises à Entrepreneuriat Haute-Yamaska.

En plus de l’Huilerie du Mont, Frédérick Bonner a démarré une entreprise avec son père, Mark Bonner, dentiste. Cette entreprise est spécialisée dans la formation des dentistes pour guérir les maladies parodontales.

Objectif huile

« On le savait que ça allait être dur », affirme Frédérick Bonner. Selon lui, la période de séchage des graines sur le plant est particulièrement « cruciale » pour la production de l’huile de tournesol. Chaque fleur chargée de graines est récoltée à la main.

« Mon rêve cette année, c’est de sortir une tonne de graines. Ça pourrait être plus, s’il n’y avait pas de mauvaises herbes, qui font baisser le rendement. Mais pour bien les gérer, il faut être mécanisé », dit-il, en soulignant que cette option n’est pas à leur portée.

Le couple a déjà établi des contacts avec un pressoir, afin qu’il puisse extraire l’huile des graines qui seront récoltées. Si la météo collabore jusqu’au bout — un peu de pluie ferait le plus grand bien aux plants, estime Frédérick Bonner —, quelque 300 litres d’huile pourraient être produits.

Les premières bouteilles de l’Huilerie du Mont pourraient ainsi être mises en vente cet automne.

Selon M. Bonner, l’huile de tournesol, pressée à froid, ne manque pas d’intérêt. « C’est une huile hyper polyvalente, riche en oméga 6 et en vitamine E, avec un goût de noisette », dit-il, tout en étant convaincu qu’il existe un marché pour ce nectar du terroir.

Rêve

Avec l’Huilerie du Mont, Frédérick Bonner et Catherine Grégoire réalisent un rêve. S’il a toujours voulu avoir une ferme, elle a toujours craqué pour les tournesols.

Avec le bout de terre qu’ils ont loué au Mont-Sacré-Coeur, ils ont ainsi « une opportunité unique » de faire ce qui les allume « au cœur de la ville pour une fraction du prix » qu’il leur en coûterait pour une propriété en zone rurale.

Les deux enfants de Frédérick Bonner mettent aussi la main à la terre, alors qu’un potager a été aménagé avec les tournesols.

Si le besoin se présente, rien n’empêcherait les nouveaux agriculteurs de réduire la superficie consacrée aux tournesols pour augmenter celle des légumes, note-t-il.

À plus long terme, Frédérick Bonner et Catherine Grégoire aimeraient aussi pouvoir offrir des huiles de canola et de soya produites avec des récoltes de grains, dont ils feraient l’achat.