Contrairement aux petits fruits, qui ont pâti du début de l’été, les vignes ont rarement besoin d’être irriguées.
Contrairement aux petits fruits, qui ont pâti du début de l’été, les vignes ont rarement besoin d’être irriguées.

Dame Nature comble les vignerons avec du temps chaud et sec

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Le temps chaud et sec de la première moitié de l’été aura peut-être donné des maux de tête aux producteurs de petits fruits, il aura toutefois fait le bonheur des vignerons. Plusieurs s’attendent à ce que 2020 marque un millésime prometteur, voire exceptionnel, si la tendance se maintient.

«La vigne doit souffrir pour faire du bon vin, indique Louis Dugas, directeur ventes et marketings au Coteau Rougemont. C’est une plante capable de supporter la sécheresse.»

Selon lui, 2020 marquera un millésime «de qualité et en quantité». «À date, cet été a été exceptionnel pour nous, poursuit-il. Le début de saison a été très favorable à la culture de la vigne, pour les vins secs et doux.»

Propriétaire du Vignoble de l’Orpailleur et vigneron aguerri, Charles-Henri de Coussergues abonde en ce sens. «Jusqu’à présent, l’été a été très sec et chaud et on a eu un beau printemps, sans grosses périodes de gel. J’ai parlé avec plusieurs autres vignerons et tout le monde est content : les meilleurs millésimes proviennent du temps sec», dit-il.

La belle saison a été à ce point bénéfique pour la culture de la vigne que les vendanges pourraient être devancées jusqu’à deux semaines avant leur date prévue. «On ramassera le muscat à la fin août. C’est quelque chose qui est arrivé seulement deux fois depuis que je produis du vin», relève M. de Coussergues. 

Les vendanges des autres variétés de raisin devraient pour leur part avoir lieu autour du 10 septembre plutôt que vers le 22, précise-t-il également.

La belle saison a été à ce point bénéfique pour la culture de la vigne que les vendanges pourraient être devancées jusqu’à deux semaines avant leur date prévue au Vignoble de l’Orpailleur, a fait savoir son propriétaire, Charles-Henri de Coussergues.

Au vignoble de Léon Courville, à Lac-Brome, les premiers raisins seront vraisemblablement cueillis au cours des deux dernières semaines de septembre, indique la copropriétaire Anne-Marie Lemire. «On ne pense pas être vraiment plus tôt que d’habitude. Mais tout est sous contrôle et on s’attend à une belle vendange», dit-elle.

Bien que bénéfique à la culture de la vigne, la sécheresse du début d’été aurait pu être nuisible si elle s’était étirée quelques semaines de plus. «On avait beaucoup de craintes, que les vignes se trouvent en choc hydrique, mais finalement ça s’est bien passé! confie la vigneronne. Il a simplement fallu qu’on arrose nos petits plants.»

La pluie tout de même bienvenue

Contrairement aux petits fruits, qui ont pâti du début de l’été, les vignes ont rarement besoin d’être irriguées.

«La vigne n’a pas besoin de beaucoup d’eau, indique M. de Coussergues. Les jeunes plantations ont plus souffert, alors qu’on a de 3 à 5% des plants qui ont séché, mais les vignes de deux ans et plus sont suffisamment solides pour passer à travers. Leurs racines sont suffisamment profondes dans le sol pour aller chercher l’humidité dont elles ont besoin. La pluie des derniers jours est quand même bienvenue!»

Mme Lemire aurait pour sa part préféré des ondées plus longues que la série d’orages ayant arrosé la région ces derniers jours. «On est en coteau, alors le peu d’eau qu’on reçoit pendant une courte averse s’écoule rapidement, explique-t-elle. Néanmoins, on a eu assez de précipitations récemment pour que l’eau s’infiltre dans le sol. Maintenant, c’est le taux d’humidité qu’on surveille!»

La période cruciale où la météo doit être du côté des vignerons se situe deux semaines avant les vendanges, donc de la mi-août au début de septembre.

«La pluie qu’on a depuis quelques jours, il ne faut pas qu’elle se poursuive jusqu’aux vendanges, sinon la pourriture va s’installer. Mais c’est dans la deuxième moitié d’août que le raisin va mûrir et développer son sucre», mentionne M. Dugas.

«Ce dont on a besoin maintenant, ce sont des nuits fraîches!» complète Mme Lemire.

Au vignoble de Léon Courville, à Lac-Brome, les premiers raisins seront vraisemblablement cueillis au cours des deux dernières semaines de septembre, indique la copropriétaire Anne-Marie Lemire.

Vin de glace prometteur?

Charles-Henri de Coussergues est d’avis que les vins de glace qui seront produits cet hiver pourraient être exceptionnels si Dame Nature reste du côté des artisans de la vigne. «Plus le raisin est sucré à l’automne, plus on est capables d’extraire ce sucre au moment de le presser, en hiver. Jusqu’à présent, ça augure très, très bien.»

Il est encore tôt pour prédire l’avenir, la vendange pour le vin de glace ayant généralement lieu en décembre, rappelle toutefois M. Dugas. «Mais si la tendance se maintient... C’est bien parti!» ajoute-t-il.