Ruben Dario Meza Lazaro: « On nous charge 250 $ pour jouer au soccer, alors qu’il y a plusieurs lacunes dans l’organisation. Je crois que les arbitres manquent de formation et de préparation. »

Coupable d’avoir blessé un arbitre avec un ballon

Un joueur de soccer senior de Sherbrooke a été reconnu coupable d’avoir blessé un arbitre en lui lançant un ballon derrière la tête.

Ce triste épisode du sport s’est déroulé le 26 juin 2017 lors d’un match de soccer houleux au parc Bureau de Sherbrooke.

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« Un ballon de soccer lancé en touche derrière la tête d’un arbitre par un joueur d’expérience peut causer des lésions. Ici les lésions corporelles font l’objet d’une admission », a déterminé la juge Hélène Fabi, mardi, au palais de justice de Sherbrooke.

Ruben Dario Meza Lazaro a été reconnu coupable de voies de fait armées et voies de fait causant des lésions.

« Tout dépendant des circonstances, un objet peut devenir une arme dans un contexte qui peut blesser, intimider ou faire comprendre que l’on veut être pris au sérieux. Ici, le tribunal a insisté sur le fait que l’objet peut être contondant dans la manière dont il a été utilisé. Un ballon de soccer peut être inoffensif à première vue, mais il est devenu une arme dans le contexte dans lequel il a été utilisé », explique la procureure aux poursuites criminelles Me Isabelle Dorion.

Deux joueurs avaient été expulsés en première demie et les joueurs avaient résisté à quitter le terrain. Il y a eu une escalade au cours du match au point où l’arbitre avait arrêté le match avec 38 minutes à jouer.

De 10 à 15 joueurs des deux équipes ont entouré l’arbitre avant qu’il quitte le terrain. C’est à ce moment qu’il a reçu le ballon derrière la tête.

Le tribunal n’a pas retenu le témoignage de l’accusé livré à son procès qui s’est déroulé le 30 avril. Il a affirmé qu’il ne visait personne en lançant le ballon.

Le tribunal retient entièrement les témoignages de la poursuite qualifiés de crédibles et fiables.

« Le tribunal a la conviction qu’en lançant le ballon, l’accusé a visé intentionnellement le plaignant et employé la force à son égard sans son consentement », a déterminé la juge Fabi.

L’avocate de la défense Me Audrey Parizeau, de l’aide juridique, a fait valoir au tribunal que l’accusé n’a pas sa citoyenneté canadienne. Des documents en ce sens seront déposés devant le tribunal lors des observations sur la peine qui se dérouleront le 10 septembre.

La victime alléguée dans cette affaire a expliqué au procès avoir subi des conséquences de ce violent choc à la tête. Il se trouve d’ailleurs en arrêt de travail depuis ces événements.

« Toutes les peines seront prises en considération dans les circonstances. Nous avons un plaignant qui continue de vivre des séquelles très importantes à la suite de ces gestes. Nous ne pouvons écarter ces séquelles », explique Me Dorion.

« J’ignore pourquoi j’ai lancé ce ballon »

« Je ne peux pas imaginer être expulsé du Canada ou perdre mon emploi pour une touche de ballon. »

Reconnu coupable de voies de fait armées et voies de fait causant des lésions, Ruben Dario Meza Lazaro continue de clamer qu’il ne visait pas l’arbitre qu’il a atteint derrière la tête après un match de soccer amateur en juin 2017.

« Il est difficile de présenter des excuses à l’arbitre alors que ce n’était pas mon intention de l’atteindre. J’ignore pourquoi j’ai lancé ce ballon », explique l’individu de 35 ans qui s’est présenté à La Tribune pour donner ses commentaires à la suite de la décision du tribunal.

Ce dernier, qui a abandonné le soccer organisé depuis ces événements, garde une rancœur envers Soccer Estrie et le Mistral de Sherbrooke.

« On nous charge 250 $ pour jouer au soccer, alors qu’il y a plusieurs lacunes dans l’organisation. Je crois que les arbitres manquent de formation et de préparation », estime l’homme de 35 ans.

Ruben Dario Meza Lazaro n’aurait jamais pensé se retrouver devant le tribunal à la suite d’un incident sur un terrain de soccer. Originaire de la Colombie, l’accusé allègue un manque de connaissance du système de justice du Canada pour justifier le fait qu’il s’est retrouvé devant les tribunaux.

« J’ignorais que l’on pouvait se retrouver devant la justice pour quelque chose qui se passe sur un terrain de soccer. Ça reste un sport », signale l’accusé.

Questionné à quelques reprises sur ses regrets vis-à-vis le geste posé, jamais Meza-Lazaro n’a démontré d’empathie envers la victime du geste dont il a été reconnu coupable devant le tribunal.

« Si j’avais eu à m’en prendre à un arbitre, je ne l’aurais pas fait avec un ballon. Je l’aurais frappé avec mes mains », explique l’accusé qui a eu la réaction de faire des doigts d’honneur aux journalistes après le verdict de culpabilité rendu contre lui au palais de justice de Sherbrooke.

« J’ai eu une réaction de frustration en sortant de la salle d’audience parce que je ne trouve pas la décision rendue juste », affirme l’homme.

Ruben Dario Meza Lazaro soutient avoir été chercher de l’aide à la suite du dépôt de ces accusations contre lui.

« C’est certain que je suis stressé à la suite de toute cette affaire », indique Ruben Dario Meza Lazaro.