Club Med à l'assaut du 418

Infirmières, serveurs, femmes de chambre, mécaniciens, gestionnaires des finances, instructeurs de sports, éducatrices en garderie... Club Med recherche des centaines de futurs employés pour travailler dans l’un de ses villages répartis aux quatre coins du monde. Et même si l’ouverture du site de Charlevoix est prévue à la fin de 2020, le géant touristique se met déjà en mode séduction et prépare le terrain pour recruter des gens du 418.

«On a encore du temps devant nous, avant l’ouverture, mais il faut s’y préparer. On parle de plus de 300 personnes, provenant de différents secteurs. Ça prend tous les corps de métier essentiels à un village», pointe Hendel Duplessy, directeur du recrutement chez Club Med, division Amérique, dans une entrevue accordée au Progrès. 

En plus des employés qui travailleront directement sur le site, le village devrait créer 400 emplois aux alentours, selon le directeur.

«Nous voulons faire affaire avec les fournisseurs du 418. Nos clients qui vont venir au Québec vont vouloir goûter le Québec.»

En ce sens, le premier Club Med de la province, qui sera situé à Petite-Rivière-Saint-François, au pied des pentes de la station de ski du Massif, devrait offrir l’un des circuits «découvertes» les plus fournis. Le géant touristique mise de plus en plus sur cette formule qui permet à ses clients de voyager à l’extérieur du site, par le biais notamment d’escapades de quelques jours ou de visite. 

«Nos clients peuvent prendre quelques jours pour découvrir le Québec et ensuite venir se reposer au village. On a de bons circuits ‘‘découvertes’’, notamment en Égypte. Mais ici, on n’a vraiment rien à envier au reste du monde. Le circuit ‘‘découvertes’’ sera un des meilleurs », croit le directeur du Club Med.

Formation

Depuis quelques semaines, Hendel Duplessy rencontre les directions de plusieurs établissements d’enseignement du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de Québec en vue de recruter des stagiaires et de futurs employés. Plusieurs étudiants s’envoleront d’ailleurs dans l’un des villages du groupe chinois au cours des prochaines semaines pour trois mois de stage. D’autres seront embauchés sous peu pour une période de six mois. 

Club Med compte cependant aller plus loin en matière de formation et travail. Le village de Charlevoix pourrait être le premier à accueillir une «école», pour former l’élite touristique. 

«On souhaite participer au développement de la région, au développement des jeunes. Ça pourrait avoir la forme d’un hub. Évidemment, le volet études serait la responsabilité des établissements d’enseignement. Mais on pourrait offrir les lieux comme école», lance M. Duplessy.

«On n’a jamais lancé ce projet ailleurs, car nos villages se trouvent parfois dans des sites éloignés. Mais ici, il y a une foule d’établissements d’enseignement de qualité autour du futur village.» 

Depuis quelques semaines, Hendel Duplessy rencontre les directions de plusieurs établissements d’enseignement du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de Québec en vue de recruter des stagiaires et de futurs employés.

Recrutement

Près de 80 % des employés des villages proviennent normalement du pays. Les autres, principalement des GO (gentils organisateurs), proviennent d’un peu partout sur la planète.

«On aura donc besoin de beaucoup de gens du 418 à notre nouveau village de Charlevoix. On garde cependant la formule du 20 % de GO internationaux, car ça permet aux visiteurs de parler avec des gens qui ont la même langue qu’eux. Ça facilite les échanges. Par exemple, dans un village qui est prisé par les Brésiliens, on va privilégier des gens qui parlent portugais», détaille le directeur. 

La pénurie de main-d’oeuvre frappe particulièrement les milieux hôtelier et de la restauration. 

Hendel Duplessy en est bien conscient, mais il croit que son organisation réussit à tirer son épingle du jeu.

«La pénurie, ce n’est pas seulement au Québec. Le monde est en pleine croissance. On le voit bien. Ce qui fait la différence, c’est ce que les employeurs peuvent offrir. Il faut être plus attractif. Il y a une foule d’avantages à évoluer chez nous. Les gens grandissent personnellement et professionnellement. Tu peux commencer GO et finir CEO (directeur général). Les promotions se font à l’interne.»

«On parle souvent des bons côtés du travail, mais il faut le dire, ce n’est pas fait pour tout le monde. Les gens travaillent de longues heures, ils sont parfois loin de leur famille. On recherche donc des gens avec une attitude positive qui possèdent une bonne capacité d’adaptation», décrit le directeur.

Les gens qui désirent postuler peuvent le faire en se rendant sur le site clubmedjobs.ca. Une première journée d’entrevues, qui s’apparente à des auditions de groupes, se tiendra à l’Université du Québec à Chicoutimi en avril prochain. Seuls les gens présélectionnés seront rencontrés à ce moment.

La première pelletée de terre au G7 ?

La première pelletée de terre du nouveau Club Med, au pied du Massif de Charlevoix, à Petite-Rivière-Saint-François, pourrait avoir lieu pendant le prochain G7. Les grands leaders politiques du monde seront réunis dans cette région pendant deux jours. Selon ce qu’a appris Le Progrès, le géant touristique pourrait profiter de cette occasion historique pour mousser le village, dont l’ouverture est prévue en 2020. Le président français, Emmanuel Macron, sera présent, à quelques kilomètres du nouveau site du Club Med, un empire d’origine française fondé après la Deuxième Guerre mondiale. 

«On est évidemment au courant de la tenue du G7. C’est en effet une belle opportunité. Mais pour l’instant, je ne peux rien annoncer de mon côté», a répondu Hendel Duplessy, directeur du recrutement pour l’Amérique. 

Club Med appartient au conglomérat chinois Fosun depuis quelques années. Mais le géant a longtemps été un fleuron de l’Hexagone et de l’Europe. L’un des fondateurs du Club Med, Gilbert Trigano, était un entrepreneur français. Avec Gérald Blitz, un Belge, il utilise l’usine familiale de bâches pour créer des produits de camping. Ils créent ensuite un premier village de tentes en Espagne, l’ancêtre des sites haut de gamme qu’on connaît aujourd’hui.

«Le Club Med, qui veut dire club Méditerranée, a été crée après la guerre. Les gens avaient besoin de se rassembler, de s’amuser. C’est dans cet esprit que le fondateur du Club Med a inventé les vacances ‘‘tout inclus’’. Et c’est encore dans cet esprit qu’on poursuit notre croissance», a exprimé M. Duplessy.