Claude Bergeron: prof de spinning à 77 ans

Vélo, course et ski alpin sont quelques-uns des sports que l’Arvidien Claude Bergeron a pratiqués au fil de sa vie. L’homme de 77 ans s’est tourné, au cours des dernières années, vers le spinning. Autrefois élève, son rôle a évolué alors qu’il est, depuis cinq ans, instructeur de spinning au Centre Multi-Forme d’Arvida.

C’est à l’invitation de son instructeur de l’époque, Stéphane Tremblay, que Claude Bergeron a accepté de mener un groupe composé d’une clientèle âgée de plus de 50 ans. L’idée a fait boule de neige alors que les cours affichent maintenant complet.

Avant d’être instructeur de spinning, Claude Bergeron était l’un des élèves d’une classe du Centre Multi-Forme d’Arvida.

Le sport a toujours fait partie de la vie de celui qui a fait carrière à la cartonnerie Cascades de Jonquière. Son implication était à la fois comme athlète et même derrière les équipes, au niveau administratif.

Le spinning est l’un des quelques moyens choisis par l’homme de 77 ans pour se garder en forme. Régulièrement, l’Arvidien visite, à la marche, les sentiers situés à proximité du Manoir du Saguenay.

En plus du sport, le retraité occupe son temps notamment auprès de l’équipe de la troupe Québec Issime.

M. Bergeron est responsable de l’accueil et de tâches reliées au vestiaire à raison de deux représentations par semaine.

POUR OUBLIER LE CANCER

Force est d’admettre que le support et la motivation qu’offre le groupe de spinning ne rayonnent pas que sur les participants. L’an dernier, à la suite d’une vilaine plaie à la bouche, Claude Bergeron a reçu un diagnostic de cancer de l’oropharynx. Une grande épreuve, certes, mais rien pour tenir l’homme actif à l’écart de la salle d’entraînement.

Le septuagénaire, qui a dû subir trois traitements de chimiothérapie et 33 traitements de radiothérapie en l’espace d’à peine quelques semaines, est convaincu que son groupe de spinning a eu un rôle plus que favorable à jouer dans sa guérison. 

« Les traitements ont débuté en janvier. Ç’a été deux mois vraiment intensifs », se remémore-t-il. 

Celui qui ne devait pas s’entraîner pendant cette période a défié les recommandations médicales et a continué de fréquenter son groupe. 

« C’est social, on se taquine. Ton groupe est là avec l’entraînement que tu aimes. C’est le groupe qui m’a tenu. C’est ce qui m’a aidé à passer au travers », a-t-il confié, quelques minutes avant le début d’un cours. 

Claude Bergeron n’a pas traversé seul cette épreuve alors qu’il a pu compter sur le support de ses élèves ainsi que sur l’équipe de professionnels du Centre Multi-Forme d’Arvida. 

« Quand Claude a été malade, l’an dernier, ça nous a donné un coup. C’est quelqu’un qu’on aime beaucoup. Il est impliqué et est toujours de bonne humeur. On est rentrés dans la bataille, nous aussi », ajoute le directeur général, qui fut propriétaire de l’entreprise pendant 20 ans, Jean-Marc Girard.

Entre les traitements de chimiothérapie et de radiothérapie, Claude Bergeron a pu compter sur le support de son groupe de spinning.

DE 50 À 88 ANS

Les cours de spinning de Claude Bergeron n’ont rien de comparable aux autres cours du genre. Les participants des classes de l’instructeur du Centre Multi-Forme d’Arvida sont âgés de 50 à 88 ans. L’entraînement sportif et la bonne humeur sont au coeur de ces rendez-vous d’une heure. 

Les mardis et les jeudis matin, ils sont au minimum une quinzaine à se donner rendez-vous au Centre Multi-Forme d’Arvida. L’actuelle année en est une de record en termes de participation alors qu’un total de 28 personnes sont inscrites.

Il serait réducteur de croire que l’âge des participants et de l’entraîneur ont une incidence sur le niveau d’entraînement. 

« On travaille différemment. Il y a des exercices qu’on ne fait pas et d’autres qu’on a adaptés. On travaille beaucoup le cardio en intervalles et en endurance », explique l’entraîneur de 77 ans. 

Au fil des années, les cours offerts ont évolué grâce, entre autres, au travail de Claude Bergeron et de l’équipe de professionnels du Centre Multi-Forme. 

M. Bergeron ne s’en cache pas, la portion «sociale» du rendez-vous sportif prend davantage d’espace que dans les cours conventionnels. Toutefois, il n’hésite pas à ramener son groupe à l’ordre en grimpant le volume de la musique. Après tout, comme l’affirme sans malice Claude Bergeron, si les participants sont en mesure de converser, c’est qu’ils peuvent fournir un plus grand effort physique. 

Ils sont plusieurs, semaine après semaine, à enfourcher l’un des 26 vélos disponibles et à se laisser guider par Claude Bergeron. Pour la petite histoire, même la conjointe du principal intéressé, Ginette, fait partie du groupe.

Ils étaient une quinzaine à attendre leur instructeur lors du passage du Progrès. 

« Il est dynamique, charmant et encourageant », résumait l’un des participants. « Il fait attention à nous, il est inspirant », soulignait une dame. 

Nombreux sont les participants qui ont été surpris par les liens tissés entre eux au fil des cours. « Au début, je venais m’entraîner. Maintenant, je viens autant pour la gang que pour m’entraîner », a mentionné un autre homme, appuyé du reste de la classe.

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UN MILIEU SPORTIF ACCUEILLANT

Comptant plus d’un millier de clients, le Centre Multi-Forme d’Arvida accueille une clientèle diversifiée. L’actuel directeur général, qui fut propriétaire de l’entreprise pendant 20 ans, Jean-Marc Girard, rappelle l’importance de se fixer des objectifs raisonnables.

« On ne va pas tous au championnat du monde ; 99 % des personnes veulent améliorer leur condition physique. Je veux cerner le besoin de la personne, que ce soit une inscription à la suite d’une séparation, d’une dépression ou d’une blessure. L’amélioration, c’est ça qui est important. Je leur dis toujours qu’on va progresser pas par pas », explique-t-il.

M. Girard se fait un devoir d’offrir un environnement accueillant alors qu’il arrive à se rappeler le prénom de la plupart des clients tout en respectant la volonté de ceux qui désirent s’entraîner sans interagir avec les autres. 

« L’important, c’est qu’ils soient bien ici et qu’ils se sentent à l’aise de venir. C’est pour ça qu’on est encore là, aujourd’hui », conclut-il.

Octogénaires à l’entraînement

Claude Bergeron n’est pas un cas d’exception au Centre Multi-Forme d’Arvida. Parmi le millier d’inscrits, une douzaine de membres du club sont âgés de plus de 80 ans.

Le membre le plus âgé vient de franchir la barre des 90 ans. Il s’y présente trois matins par semaine, dès 4 h 15.