Cinq enfants à sa belle-fille: la mère accusée

La mère de famille dont le conjoint a fait cinq enfants à sa belle-fille doit maintenant faire face à la justice. Elle vient d’être accusée de deux chefs d’agression sexuelle sur sa propre fille.

Le dossier est passé pratiquement inaperçu, mardi matin, au Palais de justice de Chicoutimi. La femme d’une cinquantaine d’années n’est pas demeurée très longtemps dans la salle 2.10 de l’édifice de la rue Racine.

L’identité de l’accusée, de même que celle de son conjoint, ne peut être dévoilée afin de protéger celle de la victime. 

L’accusée a laissé voir qu’elle n’avait pas encore d’avocat, croyant que Me Jean-Marc Fradette ne pouvait la défendre étant donné qu’il avait représenté les intérêts de son conjoint, qui a reçu une sentence de six années de pénitencier en décembre 2016.

Cette histoire sordide a retenu l’attention de la population, il y a un peu plus d’un an. On avait appris que le couple, vivant dans un appartement de Chicoutimi, avait agressé sexuellement l’enfant dès l’âge de 13 ans. La jeune victime est tombée enceinte une première fois à l’âge de 17 ans, soit en 1993. 

Au cours des dix années qui ont suivi, l’homme lui a fait quatre autres enfants. Il a été possible d’apprendre que la femme avait participé aux ébats sexuels dans le cadre de «trips» à trois.

Si plusieurs personnes se sont interrogées sur cette relation inappropriée, il faut savoir que le tribunal a laissé voir que les gens impliqués ont une personnalité limite, doublée d’immaturité. L’accusée, le beau-père et la victime souffrent de carences intellectuelles. 

Si l’individu a été accusé à la suite de l’enquête policière et du dépôt du rapport au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), des questions étaient demeurées sans réponses, notamment sur le fait que la conjointe n’avait pas été accusée.

Mais au moment du plaidoyer de culpabilité, le DPCP a appris que la dame avait participé aux ébats sexuels. Le dossier avait été remis aux enquêteurs de la Sécurité publique de Saguenay.

Plus de deux années plus tard, le dossier connaît donc un nouveau développement. 

Triste histoire

Le 22 décembre 2016, le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, a entériné la suggestion commune de Me Claudine Roy et Me Jean-Marc Fradette (défense) de condamner l’homme agresseur à six années de pénitencier.

À la sortie du tribunal, sa conjointe s’était mise à pleurer de voir ainsi partir son conjoint. Au même moment, la victime laissait sortir quelques émotions de voir son bourreau partir pour le pénitencier.

La victime dans cette affaire ne l’a pas eu facile. Ses cinq enfants, qui ont été sortis du nid familial pour être confiés à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), lui ont reproché de ne plus pouvoir voir leur père.

Jusqu’au jour où ils ont été avisés que cet homme avait plutôt agressé sexuellement leur mère.

De plus, la DPJ avait été sévèrement critiquée en raison de son inaction ou du moins sur les délais à voir cette situation et à sortir les enfants de ce milieu malsain.

En revanche, au final, aucun reproche n’avait été fait à l’organisme à la suite d’une vérification. D’ailleurs, le criminaliste Jean-Marc Fradette n’avait pas jeté la pierre à la DPJ, estimant que la situation était surréaliste, que la victime était passée à l’âge adulte et se trouvait sous le joug de son agresseur et que l’homme et sa victime vivaient comme un couple.