La députée Christine Labrie a soulevé la colère des caquistes et des libéraux en demandant si le ministre de l’Éducation allait se comporter comme un ‘‘Gaëtan Barrette 2.0’’.

Christine Labrie traitée d’«innocente» par un autre député

La députée de Sherbrooke Christine Labrie se serait fait traiter d’« innocente » par un député libéral pendant une séance de l’Assemblée nationale jeudi après qu’elle eût comparé le ministre de l’Éducation à un « Gaétan Barrette 2.0 ».

C’est le député solidaire Sol Zanetti qui a dénoncé la situation sur son compte Facebook.

« Ce matin, il s’est passé quelque chose au Salon bleu de vraiment... dur à qualifier en restant poli », écrit-il d’entrée de jeu.

« Christine [Labrie] a posé une question au ministre de l’Éducation sur les maternelles 4 ans. En gros elle critiquait le fait qu’il s’entête à vouloir investir des milliards là-dedans en restant insensible aux critiques et aux recommandations du milieu. Elle a terminé sa dernière question en demandant si le ministre de l’Éducation allait se comporter comme un ‘‘Gaëtan Barrette 2.0’’. On s’en souvient, M. Barrette était très entêté comme ministre. Ce n’était pas un modèle d’écoute », commente-t-il.

« La chambre se met à huer. Les caquistes sont insultés, les libéraux indignés, les autres, j’ai pas remarqué [sic]. Simon Jolin-Barrette demande des excuses, Sébastien Proulx invoque que le règlement interdit de nommer les parlementaires par leur nom. Il faut les désigner par leur fonction. Christine s’est excusée d’avoir contrevenu au règlement. Ce que les télés n’ont pas capté, c’est ce député libéral qui a traité Christine ‘‘d’innocente’’ et ses collègues qui l’ont appuyé. C’est inacceptable. Je n’en revenais pas », dénonce le député de Jean-Lesage.

La députée de Sherbrooke a décliné la demande d’entrevue de La Tribune.

Son attachée de presse a indiqué que Mme Labrie a finalement retiré ses propos non parlementaires et le député se serait excusé.

« Le dossier est clos sur la colline parlementaire », indique Marie-Claude Paradis-Vigneault.

Nadeau-Dubois et Barrette en rajoutent

Le porte-parole de Québec Solidaire Gabriel Nadeau-Dubois aurait été le premier à utiliser l’expression « Barrette 2.0 » jeudi matin pendant une période de questions avec les journalistes précédant la période de l’Assemblée.

« Le ministre de l’Éducation a perdu le sens des priorités. Son acharnement à réaliser la promesse pour laquelle le premier ministre a mis son siège en jeu, les maternelles 4 ans, fait en sorte qu’il s’aveugle aux autres problèmes du réseau de l’éducation », a-t-il dit selon La Presse canadienne.

« C’est une attitude qui dit ‘‘j’ai raison, tout le monde a tort’’[...]. Ce n’est pas le premier politicien québécois à avoir une vision comme celle-là. Jean-François Roberge, c’est le Gaétan Barrette 2.0 », a-t-il ajouté.

Gaétan Barrette s’en est par la suite mêlé sur Twitter.

« La députée de Sherbrooke qui vient de s’excuser publiquement pour ses propos franchement déplacés n’a pu les exprimer sans en avoir eu l’approbation et même l’orientation de son chef. Gabriel Nadeau-Dubois devrait s’excuser publiquement », a gazouillé le député de La Pinière.

« Voyons, comparer le style de gestion d’un ministre à celui d’un ex-ministre n’est pas une insulte. Christine s’est excusée d’avoir d’enfreint la règle ne permettant pas de nommer un député par son nom. Nous maintenons la comparaison entre les deux approches », a rétorqué Gabriel Nadeau-Dubois.