Isabelle Ouellette a utilisé un défibrillateur installé au Costco de Trois-Rivières pour ranimer un homme victime d’un arrêt cardio-respiratoire.

Ces défibrillateurs qui sauvent des vies

Trois-Rivières — Les premières minutes suivant un arrêt cardiaque sont primordiales. Plus les interventions sont rapides, plus les chances de sauver une vie sont grandes. Et les défibrillateurs installés dans les lieux publics peuvent faire une incroyable différence et éviter des décès.

Habituée aux situations d’urgence en raison de son travail de répartitrice pour les ambulances, Isabelle Ouellette a tout de même fait preuve de sang froid en utilisant un défibrillateur pour réanimer un homme qui venait de subir un arrêt cardio-respiratoire.

Ces événements se sont produits le 26 février dernier au Costco de Trois-Rivières. Un homme de 63 ans a eu un malaise alors qu’il était aux caisses du magasin. «Je m’apprêtais à passer aux caisses et j’ai entendu des cris. J’ai vu que l’homme était au sol et qu’il ne respirait plus», se souvient Isabelle Ouellette.

Isabelle Ouellette a utilisé un défibrillateur installé au Costco de Trois-Rivières pour ranimer un homme victime d’un arrêt cardio-respiratoire.

Elle-même répartitrice à la centrale d’appel des ambulances, Isabelle Ouellette connaît bien la procédure à suivre en cas d’arrêt cardiaque. Elle a entrepris un massage, alors qu’une autre personne était allée chercher le défibrillateur du commerce. «Mon travail consiste à dire aux gens au bout du fil comment se servir d’un défibrillateur et donner les directives de RCR», précise Mme Ouellette. «On suit des protocoles pour que dans l’énervement de la situation d’urgence, une personne ordinaire soit capable de les appliquer.»

Expliquer à une personne comment faire au téléphone et confronter soi-même à la situation d’urgence, ce n’est pas la même chose, confie Isabelle Ouellette.

«L’ambulance avait été appelée sur place. Alors j’ai pris le téléphone pour parler avec ma collègue de travail qui m’a guidé dans l’utilisation du défibrillateur», note Mme Ouellette, qui se souvient du stress qui l’habitait à ce moment.

«On a délivré un choc et le patient a repris conscience. En tout, le patient a dû être inconscient de 5 à 6 minutes. Lorsqu’il est parti en ambulance, il était conscient.»

Un défibrillateur qui a fait la différence
Il n’y a aucun doute, la présence du défibrillateur dans le commerce a fait toute la différence, estime Isabelle Ouellette. Sans la présence de cet équipement accroché au mur, l’homme serait certainement décédé. D’ailleurs, les répartiteurs à la centrale des ambulances demandent toujours lors d’un appel concernant un arrêt cardiaque s’il y a un défibrillateur à proximité.

Malheureusement, ces équipements sont rares dans les commerces et les endroits publics. «Il n’y en a pas assez», soutient Mme Ouellette. «Il y en a à La Tuque un peu partout dans la ville, mais c’est rare dans la région.»

Plusieurs arénas de la région se sont de plus munis de telles pièces d’équipements. Mais trop peu de commerces, où se rendent pourtant des clients quotidiennement, possèdent un défibrillateur. Pourtant, ces appareils pouvant sauver des vies coûtent entre 1200 et 1800 $.

«Ça en prendrait partout», croit Isabelle Ouellette qui constate au quotidien dans son travail l’importance de ces appareils, mais aussi leur rareté. «Le massage cardiaque et la respiration artificielle permettent d’acheminer de l’oxygène dans le sang et le faire circuler dans les organes alors que le défibrillateur contribue à faire redémarrer le coeur.»