Céline Dion a relancé son Courage tour, mardi à Ottawa, le sourire aux lèvres, et l’émotion à fleur de peau...

Céline tout en voix à Ottawa

CRITIQUE / Céline Dion a relancé son Courage tour, mardi à Ottawa, le sourire aux lèvres, et l’émotion à fleur de peau...

Ce retour en force mettait fin à trois semaines de convalescence. Ses fans de la capitale fédérale ont poussé un soupir de soulagement : la diva québécoise a retrouvé la grande forme, et en a témoigné au fil d’une prestation qui ne manquait pas de tonus, ni de souplesse, ni de conviction.

À peine entamée (à Québec, comme le voulait la tradition), le 18 septembre dernier, sa tournée a subi un revers, alors que la chanteuse a dû annuler les six concerts prévus dans la foulée.

Atteinte d’un « virus à la gorge », Céline Dion a été contrainte de reporter ces spectacles montréalais à novembre (les 18, 19, 21 et 22) et février (les 18 et 19) prochains. Les vilains microbes ne semblaient plus du tout importuner la chanteuse, mardi. Et si de beaux moments de « fragilité » ont pu se glisser au détour des chansons (Ah ! Ziggy!), au cours de cette prestation vocale techniquement hallucinante, ils étaient attribuables à la maîtrise de son organe, et non aux vilains tours que se serait évertué à lui jouer quelque indélogeable bacille.

C’est une Céline Dion un peu féline, dans sa longue robe coupée, rouge pailletée, qui a fait son entrée en scène. Mais la diva s’avérera plus facétieuse que vamp, en définitive. Elle paraissait particulièrement émue en saluant la foule qui l’a accueillie à grands cris tonitruants.

Céline a attaqué son concert avec It’s All Coming Back To Me Now, succès repiqué à Pandora’s Box, qu’elle a conclu en prolongeant sans effort apparent ces quelques dernières notes, pourtant un peu plus haut perchées.

On a alors vu poindre ses musiciens et choristes, menés par un piano à queue et une section de cordes, tandis que Céline transitait vers son répertoire français, avec Dans un autre monde. Chanson qu’elle a achevée en s’adressant à la foule dans sa langue maternelle, n’en déplaise aux Ontariens unilingues. « Merci ! Vous êtes tellement beaux ! » s’est-elle exclamée.

« Seulement humaine »

Le Good evening Ottawa, qui viendra à l’issue de la chanson suivante, suivi des excuses de la diva en anglais (d’abord pour sa longue absence, car il s’agit de sa première véritable tournée mondiale en 10 ans ; ensuite d’avoir succombé à ce virus) suscitera des clameurs encore plus vives, au sein de l’assistance. « I’m only human. At least, I think so! » (Je suis simplement humaine ; je crois, du moins), a-t-elle lâché, blagueuse.

Mentionnant ensuite à quel point elle s’était impliquée dans l’élaboration du spectacle, elle a eu une pensée pour feu son mari, qui a longtemps géré pour elle ce genre de « détails ». « Et ce soir, j’aimerais qu’il [René Angelil] soit fier de moi... » a-t-elle soufflé, avant de se lancer dans une version de À vous qui, portée par la section de cuivres, faisait plus que déménager.

Suivie par I’m Alive, sur laquelle Céline Dion, s’est laissée aller à quelques petits déhanchements du bassin.

Mais c’est dans les « séquences émotion » que Céline brille de tous ses feux. À ce chapitre, The Power Of Love, a aisément (re)déclenché les hurlements du public, et sa version de Tous les blues sont écrits pour toi, nourrie par les atermoiements du saxophone, qui était plus que réussie... tout simplement magistrale, a dû tirer quelques larmes à bien du monde.

Avant de proposer Encore un soir – avec laquelle elle allait encore une fois témoigner de son talent de la façon éclatante – elle a pris quelques minutes pour se changer, tandis que les écrans géants faisaient patienter la foule en diffusant des images, en mode coulisses et archives.

Désormais fashionista (c’est du moins le statut que lui confère la presse spécialisée, tant aux États-Unis qu’en Europe), la virtuose changera de tenues cinq fois, au fil de ce spectacle aux accents de défilé de mode, et rodé au quart de tour.

Valse tendre

Il faut la voir, rayonnante, fendre la scène avec assurance, quelle que soit l’exubérance des tenues que lui a choisies Pepe Munoz, son styliste (rôle qu’il partage avec Sydney Lopez) ; le danseur-styliste fait à présent partie de la garde rapprochée de Céline Dion.

Pour rendre la tendresse du duo de Beauty And the Beast, Céline a été rejointe par son choriste Barsev Valsaint – un complice de longue date – pour valser doucement avec lui.

La reprise de You’re The Voice aura été l’occasion pour Céline de s’offrir une chorale de quelque 15 000 voix (l’aréna était très rempli), trop heureuses de l’invitation à l’accompagner que leur avait lancée la diva.

Évidemment, c’est un show son et lumière, et la machine scénique est à la hauteur de la diva. Un écran géant se déploie sur quasiment toute la largeur de la scène, qui comporte quant à elle de multiples paliers, et deux mini-passerelles latérales. Celles-ci pourraient cependant être un peu mieux exploitées par Céline – ou par l’un ou l’autre de ses musiciens (ils sont 14) ou choristes (3). En définitive, ces passerelles n’auront servi que d’écrans pour accueillir la myriade d’effets lumineux qui habillent les chansons de toutes sortes d’ambiances.

À mi-parcours, Céline Dion donné un avant-goût de son prochain album, Courage, dont la sortie est prévue dans un mois. C’était bien moins intéressant que son medley de reprises de classiques rock et disco, punché à souhait.

Modeste

Le plus spectaculaire des « looks scéniques » est sans doute la robe blanche immaculée, bouffante et froufroutante, que Céline Dion portera lors des rappels, comme pour symboliser un mariage à avec ses fans. Durant ces instants finaux, la voix vogue au rythme de My Heart Will Go On, gracieuse mélodie flûtée (et oscarisée, à l’époque du Titanic de Cameron). Céline a tenu le cap, sans jamais sombrer.

« Ce soir, c’était très difficile pour moi, de performer aussi bien que je l’aurais souhaité. Et je vais me souvenir de cette soirée à tout jamais » a-t-elle avoué en anglais lors du rappel, partageant avec autant de candeur que de modestie son soulagement vis-à-vis de ces retrouvailles.

« Vous m’avez portée. Vous avez chanté avec moi. Vous m’avez vraiment appuyée. Et ça, ça vaut tout l’or du monde. Je l’apprécie vraiment. [...] Je vous aime ! » a-t-elle poursuivi, cette fois en français, avant de clore la soirée sur Pour que tu m’aimes encore, non pas dans l’énergie explosive qu’on imaginait, mais, au contraire, dans la plus grande retenue. Ce qui la rendait encore plus envoûtante.

L’album Courage sera disponible dans les bacs le 15 novembre. Il devrait compter 16 titres inédits (dont les extraits déjà connus), ou 20 dans sa version « Deluxe ». Il s’agira de son premier album anglophone en six ans.

La diva donne un deuxième concert au Centre Canadian Tire d’Ottawa ce mercredi. Au moment de mettre sous presse, mardi, il restait de nombreuses places libres pour cette deuxième représentation.