Selon le témoignage de sa victime alléguée, M. Bahmed a tenu des propos dérangeants et touché ses parties intimes, sur la table à massage, le 23 avril 2015.

Ce n’était pas un vrai massage en profondeur

Habituée des salons de massages, une femme a décrit au tribunal le grand grand malaise qu’elle a ressenti en 2015, à Gatineau, lorsqu’un ex-massothérapeute a glissé ses mains à des endroits très intimes.

Otman Bahmed a subi son procès pour agression sexuelle, lundi, au palais de justice de Gatineau.

Selon le témoignage de sa victime alléguée, M. Bahmed a tenu des propos dérangeants et touché ses parties intimes, sur la table à massage, le 23 avril 2015.

Toujours selon la même cliente, le massothérapeute avait massé les pectoraux, pour descendre sur les seins. Il aurait ensuite massé les jambes, pour remonter aux parties génitales.

Otman Bahmed, qui a maintenu son plaidoyer de non-culpabilité, a rejeté en bloc les allégations de la plaignante, devant le juge Mark Philippe. Il a dit que les professionnels devaient parfois masser le muscle fessier et les pectoraux, mais seulement avec l’accord du client.

«D’habitude, ça ne dépasse pas le décolleté, a dit la victime. Je suis habituée aux massages. Mais je n’ai jamais vu un travail comme cela.»

La femme, qui a l’habitude d’être nue sous une couverture cachant ses seins et ses parties intimes lors de massages, a raconté comment elle avait dû replacer cette couverture, à plus d’une reprise.

De retour à la maison, son conjoint l’a convaincue à se plaindre, au cas où il y aurait d’autres victimes.

La cliente a appelé le propriétaire du Spa Énergie Forme, Luc Godbout, qui a congédié le massothérapeute dans les heures suivantes. «Ce n’est pas tolérable dans mon entreprise», a témoigné l’homme d’affaires, lundi.

M. Godbout a toutefois indiqué que son ancien employé l’avait déjà massé et que ce dernier avait fait du bon travail. «Il avait de bonnes techniques sportives», a-t-il ajouté.

La cliente a dit avoir ressenti les mêmes émotions que lorsqu’elle avait été victime d’agression sexuelle, il y a quelques années. «Il m’a donné un bec sur le front en me demandant si j’avais aimé le massage.»

Selon M. Bahmed, il était clair, avant d’entreprendre le massage, quelles étaient les régions du corps à masser. Il a réfuté la position du ministère public voulant que la victime ait été touchée aux seins, au ventre, et aux parties.

M. Bahmed a dit qu’il aurait préféré ne masser que des hommes, mais que cela était pratiquement impossible, puisque 80% de la clientèle type est féminine. «Vous avez dit cela lors de votre interrogatoire avec la police, en ajoutant que c’est parce que les femmes s’imaginent des choses», a posé la procureure de la Couronne, Me Nadine Lambert.

L’accusé affirme avoir fait un reçu à sa cliente, et que celle-ci semblait dans un état normal à son départ.

Le juge a pris l’affaire en délibéré.