Après dix ans d’un succès retentissant, Boréalis prend un virage important avec le départ de sa première directrice Valérie Bourgeois qui salue ici l’actuel coordonnateur du patrimoine à Culture Trois-Rivières Romain Nombret qui a de fortes chances de lui succéder.
Après dix ans d’un succès retentissant, Boréalis prend un virage important avec le départ de sa première directrice Valérie Bourgeois qui salue ici l’actuel coordonnateur du patrimoine à Culture Trois-Rivières Romain Nombret qui a de fortes chances de lui succéder.

Boréalis: dix ans plus tard

François Houde
François Houde
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES – Il est très rare que l’annonce d’une programmation pour les mois à venir se fasse dans les larmes mais la présentation faite à Boréalis mardi avait assurément un caractère particulier compte tenu que le musée trifluvien fête ses dix ans d’existence l’année du 100e anniversaire de la Canadian International Paper.

On a bien présenté les nouveaux éléments d’une programmation automnale dite évolutive mais ce qui restera dans le souvenir des gens présents, c’est l’allocution de Valérie Bourgeois qui a en quelque sorte officialisé son départ de Boréalis pourtant effectif depuis quelques mois. Désormais directrice générale adjointe à Culture Trois-Rivières, elle a profité de l’annonce de la programmation d’automne pour couper le cordon ombilical avec le bébé qu’elle a contribué à mettre au monde.

Elle a présidé à son développement avec une passion dont la profondeur pouvait se mesurer à l’intensité de ses paroles à la conférence de presse. «Boréalis, c’est mon troisième enfant, a-t-elle réussi à dire à travers les sanglots. J’ai aimé ce musée profondément. Nous avons toujours conservé une volonté de bien faire les choses dans le respect du bâtiment qui nous abrite et avons réussi à honorer les anciens travailleurs de cette industrie et c’est peut-être là notre plus grande réussite.»

En se tournant vers les membres de l’équipe présents sur place, elle leur a dit : «Grâce à vous, je me suis construite comme personne. Je vous aime tous profondément.»

«Si on était resté au parc portuaire où on était avant, a-t-elle commenté en entrevue avec les journalistes, je ne pense pas qu’on aurait atteint ce qu’on a réalisé avec Boréalis. Nous sommes dans l’ancienne usine de filtration d’eau, le seul bâtiment encore existant de tout le complexe de l’usine de pâtes et papier qui a occupé le site. Ce qui me rend la plus fière, c’est de constater que les visiteurs ont chacun une histoire, passée et présente, liée à Boréalis. Plusieurs ont un lien avec d’anciens travailleurs de l’usine alors que d’autres sont simplement impressionnés par le musée d’aujourd’hui avec sa magnifique terrasse, notamment. Ma fierté, c’est la fierté que le musée suscite chez les gens.»

«Si on nous avait dit d’avance ce que ça exigerait de mettre tout ça sur pied, je ne pense pas qu’on se serait embarqué là-dedans avec autant d’enthousiasme. On a tous sacrifié du temps précieux avec nos proches pour y arriver.»

Le succès de Boréalis tient à son originalité, estime la directrice générale adjointe de Culture 3R. «On a une proposition qui est différente. On est à la fois très moderne et ancré dans le passé. On est plus qu’un musée: tu peux venir pour les voûtes, pour une dégustation de vins, pour les visites, pour la terrasse, pour entendre des témoignages, etc. On est autant dans le divertissement que dans la rigueur muséale.»

«Je pense que la portion des témoignages a pris une importance beaucoup plus grande que ce que nous avions prévu il y a dix ans et ils sont devenus une grosse part de notre identité. Par ailleurs, tout le côté programmation en parallèle du musée à proprement parler a aussi pris une ampleur inattendue dans notre développement.»

Désormais, dans le cadre d’une année normale, Boréalis se targue d’accueillir quelque 40 000 visiteurs dont la moitié en provenance de l’extérieur du pays pour un total de plus de 363 000 personnes en 10 ans. Ce ne sera évidemment pas le cas en 2020 alors qu’on a dû se limiter à 30% de la capacité normale d’accueil du musée jusqu’ici. L’année du début de la pandémie ne devrait pourtant pas stopper la progression de l’institution, selon Valérie Bourgeois dont le successeur n’a toujours pas été nommé. La direction de Boréalis incombera à la personne qui sera nommée comme directeur du patrimoine à Culture Trois-Rivières au terme d’un processus qui suit présentement son cours.

Personne ne le dit officiellement mais miser sur l’actuel coordonnateur au patrimoine à Culture Trois-Rivières Romain Nombret apparaît comme un choix judicieux.

Nouveautés

En terme de programmation, on a annoncé trois activités qui seront mises de l’avant cet automne. La nouvelle exposition temporaire Drave et dédrave – Ramener l’équilibre, montée en collaboration avec Parc Canada, lèvera le voile sur ceux qui ont la tâche d’effacer les traces de la drave dans la région.

À boire! Et une histoire, activité de soirée, permettra aux participants de découvrir les facettes de la vie d’une bille de bois, de la forêt à l’usine et de déguster des produits alcoolisés tout en écoutant les histoires d’un bûcheron sur la terrasse.

Vélo à bobo sera de retour à l’automne mais pour deux dimanches seulement, les 6 septembre et 4 octobre alors que le public sera invité à une visite guidée du quartier à proximité du musée. D’autres activités seront annoncées dans les prochaines semaines, dont un mystérieux jeu d’évasion dans le réservoir d’eau de l’ancienne usine de filtration de la CIP.