Jonathan Bettez

Bettez: quatre anciens collègues interrogés

La Sûreté du Québec poursuit toujours ses efforts pour résoudre le dossier Cedrika Provencher et mettre la main au collet de son assassin.

Selon TVA Mauricie, les enquêteurs auraient en effet interrogé ou interrogé à nouveau quatre anciens collègues de travail de Jonathan Bettez à l’époque où ils travaillaient tous chez Emballages Bettez à Trois-Rivières. Les rencontres auraient eu lieu dans la région des Bois-Francs au cours des trois dernières semaines. 

Si l’objectif initial était d’étayer la preuve contre Jonathan Bettez en lien avec les accusations de pornographie juvénile portées contre lui, les policiers en ont profité pour s’enquérir des habitudes et des agissements de Bettez dans la période précédant et suivant l’enlèvement de la petite Cédrika Provencher à l’été 2007. 

À la Sûreté du Québec, on a refusé de confirmer ou d’infirmer cette information, rappelant tout simplement qu’aucun commentaire ne peut être fait sur une enquête en cours. 

Même si Jonathan Bettez est considéré par les policiers comme un suspect dans l’enlèvement et le meurtre de Cédrika Provencher, aucune accusation n’a jamais été portée contre lui à ce jour. Toutefois, l’enquête menée sur lui a donné lieu au dépôt d’accusations en matière de pornographie juvénile. L’individu avait d’ailleurs été arrêté le 29 août 2016 chez Emballages Bettez pour ensuite comparaître au palais de justice de Trois-Rivières le 30 août. Plusieurs citoyens s’étaient rendus sur place pour lui crier des bêtises. Bettez avait ensuite été remis en liberté mais avec des conditions à respecter. 

Depuis, les procédures judiciaires avancent lentement. Au départ, la communication de la preuve par le ministère public a nécessité plusieurs mois en raison du volume de celle-ci, de sa complexité et des demandes formulées par la défense. Puis, en mars 2017, l’avocate de Bettez, Me Magali Lepage, a été nommée juge, ce qui a entraîné un nouveau délai. En juin 2017, le nouvel avocat de Bettez, Me Marc-Antoine Carette faisait savoir que son client désirait finalement se prévaloir d’une enquête préliminaire avant la tenue d’un procès. Cette procédure a eu lieu en décembre 2017 à l’issue de laquelle Jonathan Bettez a été cité sur les dix accusations portées contre lui pour de la pornographie juvénile. Il s’agit plus précisément de possession et d’accession à de la pornographie juvénile entre le 30 septembre 2013 et le 29 août 2016, de même que possession, distribution et accession entre novembre 2009 et septembre 2013. On sait que le prévenu n’avait pas assisté à son enquête préliminaire en raison d’une insuffisance rénale terminale.

À ce jour, aucune date de procès n’a cependant été fixée. La Couronne s’est dite prête à tenir un procès mais la défense tente par tous les moyens de prendre connaissance des affidavits ayant donné lieu aux mandats visant Jonathan Bettez. On aura deviné que ceux-ci sont reliés aux activités de pornographie juvénile dont Bettez est soupçonné mais aussi à l’affaire Cédrika Provencher. 

Au fil de ses requêtes en divulgation de la preuve, Me Carette admet que ces affidavits et mandats lui ont bel et bien été remis mais qu’ils sont caviardés, ce qui les rendrait presque incompréhensibles dans certains cas. Lundi, dans une procédure qui s’est tenue à huis clos, Me Carette a donc demandé au juge gestionnaire que ces documents puissent être décaviardés pour en connaître le contenu exact afin de préparer sa défense. Depuis, des rencontres se tiennent à huis clos entre le juge, le procureur de la Couronne, Me Jean-Marc Poirier, et une enquêteuse. Le juge étudie un à un les nombreux documents dans leur forme originale et caviardée. À la lumière des explications fournies par le procureur sur les motifs du caviardage, le juge aura donc à trancher sur les demandes formulées par la défense.   

Une fois cette étape franchie, le débat ne sera pas terminé pour autant puisque Me Carette a aussi annoncé qu’il entendait déposer de nouvelles requêtes afin de pouvoir, le cas échéant, contre-interroger la policière qui a écrit ces affidavits. Il a aussi parlé d’une requête en exclusion de la preuve.