Le psychiatre Benoît Croteau dirige la Clinique des troubles anxieux et de l’humeur.

Benoît Croteau dénonce le Collège des médecins: «J’ai été victime d’intimidation institutionnelle»

Le psychiatre Benoît Croteau, ancien chef du département de psychiatrie de l’hôpital de Chicoutimi et fondateur de la Clinique des troubles anxieux et de l’humeur, part en croisade contre le Collège des médecins du Québec. Il qualifie son passage devant les membres du Collège de « campagne d’intimidation et de harcèlement institutionnel ». Selon lui, les pratiques et les dogmes doivent changer.

Dr Croteau, qui pratique la psychiatrie depuis plus de 20 ans, a reçu un appel du Collège des médecins à l’été 2017, le convoquant à une entrevue et à une évaluation, qui devait se tenir en novembre de la même année.

« Lorsqu’un médecin est convoqué, c’est généralement à la suite d’une plainte d’un patient ou d’un collègue. Jusqu’à maintenant, je n’avais jamais fait l’objet d’une plainte. Lorsque le Collège m’a appelé, je n’ai pas su pour quelle raison on me convoquait en évaluation et, évidemment, cette situation m’a occupé l’esprit un bon moment. On m’a dit que je n’avais pas à me préparer, que c’était un entretien banal », explique Dr Benoît Croteau, qui a publié des vidéos à ce sujet via le réseau social Facebook. Ces capsules ont été vues par des milliers d’internautes et partagées notamment par le médecin Albert Benhaim, auteur d’un livre sur le harcèlement en milieu de travail.

Aujourd’hui, la démarche du psychiatre est de dénoncer le fonctionnement du Collège des médecins du Québec, qui, selon lui, exerce un « abus de pouvoir, sans être surveillé en retour ».

« On m’a convoqué sans m’expliquer quoi que ce soit. J’ai bien compris que cette démarche était pour me déstabiliser. Mon approche en psychiatrie n’est pas la même que celle qui est enseignée par le Collège. Je suis vu un peu comme un rebelle », souligne le médecin, qui a d’ailleurs quitté la pratique en milieu hospitalier pour cette raison. Il dit n’être pas parti en bons termes de l’hôpital de Chicoutimi, avant de fonder sa propre clinique, axée sur une approche plus humaine à l’égard du patient.

« J’ai eu à me présenter devant des experts suffisants et intimidants, qui m’ont fait comprendre que je pouvais perdre mon droit de pratique. Cette expérience m’a causé un stress chronique. J’avais l’esprit préoccupé et j’en ai eu de la difficulté à dormir », souligne le psychiatre, qui ne croit pas être le seul à avoir subi ce genre d’intimidation.

« Le mécanisme du Collège des médecins du Québec doit changer. Ces gens ont un rôle de surveillance et un devoir face à la pratique médicale. Ils doivent aussi rendre des comptes et être surveillés en retour. Je ne lâcherai pas. Je vais travailler pour que les pratiques changent et évoluent », note Dr Croteau.

Le psychiatre croit savoir d’où vient la plainte initiale, mais ne veut pas divulguer ses soupçons. Mais il continue de dire qu’il a été victime d’intimidation institutionnelle, en raison de ses idées différentes quant à la pratique de la psychiatrie.

Collège des médecins

Joint par Le Progrès, un responsable du Collège des médecins du Québec a affirmé qu’il ne commenterait pas les dires du psychiatre, puisqu’il s’agissait d’un dossier confidentiel. Toutefois, les plaintes et les sanctions sont publiques. Après vérification, la relationniste du collège, Caroline Langis, a confirmé que Dr Benoît Croteau n’avait fait l’objet d’aucune sanction disciplinaire au cours de sa carrière.