Le commissaire de la Ligue canadienne élite de basketball, Mike Morreale.

Basketball professionnel: place aux BlackJacks d’Ottawa

Après avoir perdu coup sur coup son équipe de baseball et de soccer en l’espace de deux mois, Ottawa fait le saut sur le bois franc et deviendra la septième franchise de la Ligue canadienne élite de basketball (CEBL) en 2020.

Le commissaire de ce circuit professionnel de première division sanctionnée par la FIBA, Mike Morreale, a confirmé mercredi la rumeur qui circule depuis le début de la semaine. Mieux, il a annoncé que cette formation s’appellera les BlackJacks et évoluera à l’aréna de la Place TD l’an prochain.

« Le premier match local aura lieu le 14 mai », a lancé Morreale en point de presse.

L’événement médiatique était tout sauf broches à foin. Le logo de l’équipe, un lièvre, a été dévoilé. L’impressionnant trophée remis à l’équipe championne de la ligue, qui est fait en partie de bois franc, se trouvait aussi sur place. T-Shirts et casquettes étaient déjà disponibles.

Des écrans avaient été aménagés pour présenter les faits saillants de la première saison de la CEBL qui a été disputée de mai à août dernier. Le circuit compte des équipes à Edmonton, Guelph, Fraser Valley, Hamilton, Niagara et Saskatoon.

« Nous avons attiré en moyenne des foules de 2000 spectateurs », a souligné Morreale.

C’est la cible fixée pour l’an un des BlackJacks, dont les uniformes seront dévoilés au début de la nouvelle année. Le noir, rouge et blanc risquent d’être à l’honneur.

Ça reflétera les uniformes des deux autres équipes sportives qui évoluent à la Place TD, le Rouge et Noir (LCF) et les 67’s (LHO).

Morreale avoue que le nom anglophone du Rouge et Noir, les RedBlacks, a servi d’inspiration au choix du nom des BlackJacks. Il s’agit aussi d’un clin d’œil au lièvre qui s’amusait à galoper sur le terrain de football durant des matches de la LCF, il y a deux ans.

« J’espère que vous aimerez le nom. Je m’attends à ce que certains n’aiment pas. Mais nous allons offrir du basket divertissant. Et c’est ça l’important. »

Il s’agit d’un retour du basket pro à Ottawa. Les défunts SkyHawks avaient survécu seulement deux saisons en 2013 et 2014 dans un circuit rival, la Ligue nationale de basketball du Canada.

Le commissaire croit que la nouvelle équipe pourra réussir là où les défunts SkyHawks ont échoué. « Ils jouaient dans un amphithéâtre beaucoup trop grand, ce qui ne sera pas notre cas », a-t-il rappelé.

Les SkyHawks ont disputé leurs matches locaux au centre Canadian Tire, domicile des Sénateurs d’Ottawa, lors de leur première saison. Ils avaient ensuite partagé leur temps entre le Cégep de l’Outaouais et le collège Algonquin durant l’an deux.

L’aréna de la Place TD peut asseoir environ 9000 spectateurs. Les BlackJacks risquent de fermer certaines sections afin de réduire de moitié la capacité d’accueil pour leurs matches locaux.

« Ottawa-Gatineau s’avère un marché de basketball intéressant avec la présence de deux équipes universitaires dominantes, les Ravens de Carleton et les Gee Gees d’Ottawa. C’est sans compter les nombreux joueurs locaux qui évoluent maintenant dans les rangs professionnels en Europe. Il y a un bassin important d’amateurs », a affirmé Morreale.

Richard Petko s’avère le propriétaire de la ligue et des sept formations qui joueront de mai à août. Le calendrier de la prochaine saison devrait passer de 20 à 24 ou même 28 matches.

Morreale affirme qu’attirer des joueurs dans la CEBL ne s’est pas avéré un problème durant l’an Un. « Nos joueurs touchent en moyenne 800 $ par match. C’est plus que ce qu’un joueur gagne dans la G-League », a-t-il dit au sujet de la ligue de développement de la NBA, qui compte notamment le club-école des Raptors en banlieue de Toronto.

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Des joueurs locaux dans la mire

Qui dirigera les BlackJacks ? Qui driblera le ballon ? Y aura-t-il des joueurs locaux ?

Des questions demeurent sans réponse pour l’instant dans le giron de la nouvelle équipe de basket pro d’Ottawa. Un entraîneur-chef de même qu’un directeur général seront nommés sous peu, assure le commissaire.

« Nous avons déjà des discussions avec certaines personnes. Les amateurs seront très heureux », a lancé à ce sujet Mike Morreale. Est-ce que ça pourrait être Dave Smart, l’ancien entraîneur-chef des Ravens de l’université Carleton ? C’est le nom le plus connu au chapitre du basket dans le coin. Quant à l’alignement des BlackJacks, il commencera à prendre forme seulement à la fin de l’hiver. La CEBL ne tiendra pas un repêchage d’expansion.

« Nous y avons songé, mais l’équipe sera construite via le marché des joueurs autonomes », a indiqué Mike Morreale. Les premières embauches devraient avoir lieu en février. Les BlackJacks devront respecter le ratio imposé par le circuit qui exige que sept des 10 joueurs actifs de chaque club soient Canadiens. Toutes les équipes doivent aussi miser sur un joueur universitaire canadien dans ses rangs. Morreale insiste sur un autre point. Ottawa comptera sur son lot de produits locaux.

« C’est important pour que nos partisans s’identifient à l’équipe. Ça peut être des joueurs qui ont évolué au sein d’une des deux formations universitaires du coin ou qui ont grandi ici avant d’évoluer ailleurs », a-t-il expliqué.

Un petit deux que les BlackJacks tenteront d’attirer au moins un joueur franco. Kevin Zabo, de Hull, évolue en ce moment en troisième division en Espagne tandis que le garde Olivier Hanlan, d’Aylmer, poursuit sa carrière en Grèce chez l’Iraklis.

C’est sans compter l’attaquant Eric Kibi, d’Orléans, qui porte cet hiver les couleurs des Sunchales de Libertard, en Argentine. Un ancien des Ravens de Carleton, Guillaume Boucard, faisait partie de l’alignement des River Lions de Niagara lors de la saison inaugurale de la CEBL.

« On ne le cachera pas. Ottawa-Gatineau s’avère une porte d’entrée pour nous sur le Québec. C’est un gros marché que nous avons dans notre mire », a confirmé le commissaire.