Le réalisateur de balado Julien Morissette a rencontré Martha Wainwright dans son café-bar Ursa situé en plein cœur du Mile-End, à Montréal.

Balado L’heure de radio McGarrigle: sur les ondes du folk québécois

Les sœurs McGarrigle, Kate et Anna, ont laissé à jamais leur empreinte sur la musique folk, mais aussi sur la culture québécoise. Le balado L’heure de radio McGarrigle, disponible dès le 18 février, retrace la voie de ce mythique duo tout en revisitant 50 ans d’histoire.

L’idée originale est née après que le réalisateur de balados, Julien Morissette, a effectué un reportage en 2015 sur l’inauguration de la scène McGarrigle, à Saint-Sauveur, pour Télé-Québec.

« J’ai constaté que je ne connaissais pas grand-chose au legs des McGarrigle... et que je n’étais pas seul, avoue Julien Morissette. Plus je creusais, plus je me rendais compte qu’elles étaient importantes dans l’histoire musicale québécoise, canadienne et nord-américaine. Tout ça m’habitait. »

Alors, quand La Fabrique culturelle de Télé-Québec lui a demandé s’il avait dans ses cartons une idée de balado documentaire, il a immédiatement pensé aux sœurs McGarrigle.

« J’étais prêt à plonger dans cet univers. J’avais déjà les thématiques, une liste d’archives de Télé-Québec, de Radio-Canada ou encore de TV5 de 1975 à 2005, et un documentaire de l’ONF de la fin des années 70 », confie le réalisateur.

La série de quatre épisodes d’une trentaine de minutes est un « clin d’œil aux quatre faces d’un vinyle » et en particulier au disque paru en 1998, intitulé The McGarrigle Hour, et récompensé d’un prix Juno dans la catégorie chansons traditionnelles. « C’est un album [de compilation bilingue] qui rassemble la famille McGarrigle-Wainwright. Et, avec ce même esprit de clan, le balado réunit des gens qui ont été touchés par les McGarrigle », explique Julien Morissette, à qui on doit notamment les séries Synthèses et Proxémie.

De Baie-Saint-Paul à Buffalo, en passant par Rouyn et Kingston, le réalisateur de l’Outaouais a suivi les traces de Kate et Anna McGarrigle.

Au fil des kilomètres, pas moins de 35 personnes ont témoigné pour concevoir ce balado documentaire. Michel Rivard, Paul Piché, Rick Haworth, Jim Corcoran, Fanny Britt, Sylvain Cormier, Anne Lagacé Dowson, Éloi Painchaud, Rufus et Martha Wainwright ainsi qu’Anna McGarrigle ont notamment participé à ce portrait-hommage. « On a parlé à un éventail de gens qu’elles ont touchés, autant des musiciens que des ingénieurs du son, mais aussi des personnes issues de la communauté artistique. »

L’identité québécoise

Ce n’est donc pas simplement l’histoire des sœurs McGarrigle que retrace cette série. Elle rend également compte d’une époque.

Des thèmes comme l’identité québécoise et linguistique sont abordés de différents points de vue. « Par exemple, Anne Lagacé Dowson, chroniqueuse et ex-politicienne de cette génération, est née à Toronto d’une mère francophone et vivait dans l’ouest de Montréal. Elle a un regard éclairant sur la loi 101 et ce que ça voulait dire d’être Québécois et Anglo dans les années 70-80 », mentionne Julien Morissette.

« De cette époque, on retient beaucoup l’importance du français et l’identité franco-québécoise. Mais on constate aussi que dans cette classe artistique de porte-étendards du français, comme Beau Dommage, Harmonium ou encore Paul Piché, il y avait du respect pour les Anglo-Québécois et une cohabitation. Le respect et l’admiration étaient réciproques. »

Si, à cette époque, le métissage musical entre les Anglos et les francos n’a pas encore eu lieu, les héritiers du clan, Rufus et Martha, ont ouvert la porte à ces échanges. « On peut voir aujourd’hui Patrick Watson jouer avec Karwa, Marie-Pier Arthur partager ses musiciens avec les Barr Brothers. Ce melting-pot de musiciens a fini par donner cette puissance au indie–rock des années 2000. »

S’inspirant du format des émissions de l’âge d’or de la radio, L’heure de radio McGarrigle a un petit côté vintage dans la production, tant dans « l’enchaînement des entrevues, des anecdotes, des monologues » que dans « les extraits de chansons et des éléments d’archives ».

Le réalisateur a même fait appel à l’ex-animateur radio Daniel Mathieu « pour la voix d’annonceur dans la série ».

« Je savais avant de commencer les entrevues que l’esthétique du balado irait vers le rappel de ces années-là, mais avec toute la liberté du format du balado, explique Julien Morissette. Cette nostalgie [de l’âge d’or de la radio], on la retrouve chez les McGarrigle avec leurs voix un peu anciennes. Pour moi, ça faisait partie de toute cette esthétique. »

Offert sur le site de La Fabrique culturelle et les principales plateformes d’écoute de balados.