Contrairement à ce qu'on a pu voir sur les photos lors de son arrestation à Sherbrooke, François Asselin est apparu le crâne rasé au palais de justice de Trois-Rivières.

Asselin formellement accusé de meurtre

Trois-Rivières — François Asselin a comparu brièvement, mardi matin, au palais de justice de Trois-Rivières où il a été formellement accusé du meurtre non prémédité de son père Gilles Giasson et d’outrage à un cadavre.

En vertu d’un mandat d’arrestation émis contre lui, les policiers de la Sûreté du Québec avaient procédé à son arrestation, lundi, à la prison de Sherbrooke où il est déjà détenu pour le meurtre de François Lefebvre mais, c’est mardi matin qu’ils l’ont ramené à Trois-Rivières. En apercevant les médias dans la cour du palais de justice, Asselin a tenu des propos pour le moins accusateurs contre un homme et une femme. «Vous aimez ça abuser de mes enfants. Vous allez vous faire pogner mes hosties», a-t-il crié. 

Lors de sa comparution qui s’est faite sous haute surveillance, il est cependant demeuré silencieux dans le box des accusés. Une quinzaine de personnes, dont des membres de la famille du suspect et de la victime, s’étaient déplacées pour le voir. Le tout s’est cependant déroulé dans le calme. 

Selon l’acte d’accusation déposé contre lui, le meurtre aurait été commis le 8 mai dernier. L’outrage au cadavre aurait eu lieu entre le 8 et le 11 mai. Le crime serait donc survenu plus d’une semaine avant le meurtre présumé de son collègue de travail, François Lefebvre. 

Le procureur de la Couronne, Me Julien Beauchamp-Laliberté, a profité de l’audience pour remettre une partie de la preuve dont il dispose à l’avocate de la défense, Me Caroline Monette. La divulgation va se poursuivre le 31 juillet lors du retour devant le tribunal du prévenu. Compte tenu de la nature des accusations portées contre lui, Asselin demeure automatiquement détenu. Cependant, la Couronne a pris soin de s’assurer que même en prison, il ne puisse communiquer avec 19 personnes qui sont pour la plupart des membres de la famille de la victime ou des témoins. 

«Le Code criminel prévoit la protection des témoins, la protection évidemment des victimes, dans ce cas-ci, de la famille de la victime. Alors, c’est dans cette optique-là que la poursuite a demandé et obtenu une interdiction pour l’accusé de communiquer avec des témoins directs de l’événement ou avec des gens reliés au défunt»,a précisé Me Beauchamp-Laliberté.

Me Monette a pour sa part préféré réserver ses commentaires en rappelant qu’elle n’avait pas encore pris connaissance de la preuve contre son client. Il est donc encore trop tôt pour savoir la suite que prendront les procédures judiciaires.

Pour l’instant, le processus suivra son cours normal tant à Trois-Rivières pour le meurtre de Gilles Giasson qu’à Sherbrooke pour celui de François Lefebvre. À ce sujet, Me Beauchamp-Laliberté a précisé que le processus n’est pas plus compliqué mais qu’il nécessitera tout de même deux procédures distinctes puisqu’il s’agit de deux victimes différentes qui ont été tuées dans deux villes différentes. 

On se souviendra que François Asselin avait été arrêté à Sherbrooke le 18 mai dernier à la suite de la découverte du corps de François Lefebvre, 59 ans de Trois-Rivières dans le parc industriel de Sherbrooke le 17 mai. Il avait alors été formellement accusé de meurtre au second degré et d’outrage à un cadavre dans cette affaire. 

Or, Asselin habitait avec son père, Gilles Giasson, dans un logement de la rue Sainte-Cécile à Trois-Rivières. Informés de son arrestation, des proches ont voulu prendre de ses nouvelles du père de celui-ci mais il était introuvable.

L’enquête policière et le témoignage d’un éboueur ont conduit les policiers à entreprendre des recherches pendant quelques jours au site d’enfouissement de Saint-Étienne-des-Grès où des découvertes auraient été faites, bien que la nature exacte de celles-ci n’ait pas été précisée par les autorités. En fait, selon la Sûreté du Québec, «c’est un ensemble de facteurs qui a permis de mener à cette arrestation, tant ce qui a été retrouvé dans l’appartement de la rue Sainte-Cécile qu’Asselin partageait avec son père et qui est maintenant considéré comme une scène de crime, que des informations recueillies auprès de différentes personnes, de même que des découvertes réalisées au site d’enfouissement de Saint-Étienne-des-Grès.»

Mardi, la SQ a confirmé que les recherches au site d’enfouissement étaient terminées.