Gustavo Arango ne s’est pas encore complètement remis de la commotion cérébrale qu’il a subie après avoir reçu un ballon de soccer derrière la tête.

Arbitre victime d’un joueur: «Ça n’a pas sa place au soccer»

« La violence dans le sport n’a pas sa place. »

Gustavo Arango ne souhaite à personne et surtout à aucun autre arbitre, tous sports confondus, de vivre les conséquences de l’agression qu’il a subie en juin 2017.

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L’ancien arbitre de soccer a entrepris cette semaine une poursuite civile contre Ruben Dario Meza Lazaro qui lui a lancé un ballon derrière la tête après un match senior amateur au parc Bureau de Sherbrooke en juin 2017.

« Je souhaite que cette situation n’arrive à personne dans le sport. Heureusement, c’est arrivé à moi et non au jeune arbitre de 15 ans qui était avec moi lors de ce match même si je considère que ça n’a aucunement sa place au soccer », signale M. Arango.

Il rappelle que plusieurs situations peuvent se dérouler dans le cadre d’un match, mais que rien ne peut justifier un geste comme il a vécu. Le ballon lancé derrière sa tête lui a causé une sévère commotion cérébrale.

« Autant les joueurs, entraîneurs ou spectateurs doivent garder leur calme. Le message doit être clair. Je ne voudrais pas que ce type de situation arrive à mon fils ou à un arbitre mineur. Les conséquences sont énormes sur la qualité de vie et sur la scolarité. Tout le monde a un rôle à jouer sur le terrain. Ça doit rester un plaisir. Personne n’est payé pour jouer au soccer. Si on fait un sport, c’est pour s’amuser », signale Gustavo Arango.

Ce dernier ne souhaite aucun mal à Ruben Dario Meza Lazaro ou n’espère aucune sentence particulière à la suite du procès criminel que l’accusé a subi.

« Je ne suis pas content qu’il risque de se voir imposer un casier judiciaire. Je n’ai pas entrepris ce processus dans un objectif de vengeance. Cependant, je n’ai pas compris son attitude. On peut être émotif lorsque l’on joue, mais il faut être capable de se contrôler. Qu’il s’excuse ou pas de son geste, ça ne change rien. Si pour lui c’est normal de s’en prendre à un arbitre, il n’a pas sa place sur un terrain de soccer », estime Gustavo Arango.


« Je n’ai pas l’intention d’arbitrer à nouveau. »
Gustavo Arango

Ce dernier avait entrepris une carrière d’arbitre de soccer en 2010.

« Je n’ai pas l’intention d’arbitrer à nouveau. Je serais aussi réticent à ce que mon fils arbitre un jour. J’ai joué longtemps au soccer. Je voyais la possibilité d’arbitrer des matchs provinciaux, mais maintenant j’y ai renoncé », soutient Gustavo Arango.

Selon lui, les clubs de soccer, les associations régionales et la Fédération de soccer du Québec, qui ont été ajoutés à la poursuite civile de 195 000 $, ont un rôle à jouer dans le respect des arbitres.

« Je ne pense pas qu’il y a assez de sensibilisation. Être dans une situation que je vis, ça n’a pas sa place. C’est extrêmement difficile d’arbitrer. Si l’on appelle une faute ou un hors-jeu, il y a une raison. Les parents, joueurs ou entraîneurs doivent passer à autre chose. Les débordements auprès des arbitres n’ont pas plus leur place chez les enfants, au senior que chez les professionnels. Il y avait quelqu’un de Soccer Estrie sur place lors des événements. Le club, la ligue et la fédération doivent s’assurer des règles de sécurité », estime M. Arango.

Gustavo Arango présente encore plusieurs séquelles des gestes qu’il a subis. Il n’est pas encore de retour à son travail en gestion de patrimoine.

« Je réclame les pertes que j’ai subies depuis que je suis arrêté. J’apprécie la compréhension de mon employeur. Je suis suivi par le centre de réadaptation de L’Estrie qui m’aide à me rétablir. J’ai vécu une année très difficile. Ma qualité de vie a drastiquement changé », indique Gustavo Arango.