Andrée Laforest s’est vite sentie à l’aise dans ses nouvelles fonctions, malgré son absence d’expérience en politique.

Andrée Laforest: de la garderie au Salon bleu

Chaque matin, la ministre Andrée Laforest se lève à 5h. Deux cents pages d’articles de journaux, qui couvrent les 1039 municipalités du Québec, l’attendent. Elle lit le tout religieusement, afin de connaître les dossiers sur lesquels elle sera appelée à travailler. «Être ministre, c’est énormément d’études. Je lis tout le temps! Et je ne veux surtout pas arriver devant un dossier sans le connaître», explique la députée de Chicoutimi et ministre de l’Habitation et des Affaires municipales, qui conclut une première année de travaux à l’Assemblée nationale. Et celle qui n’avait aucune expérience en politique il y a un an à peine se dit très fière du travail accompli.

Parmi les ministres nommés par le nouveau gouvernement caquiste de François Legault, plusieurs étaient des néophytes de la politique. Si certains ont eu plus de misère que d’autres à assumer leurs nouvelles fonctions, les chroniqueurs politiques s’entendent pour dire qu’Andrée Laforest figure parmi les élus qui s’en sont le mieux tiré.

«Je n’avais pas d’expérience en politique, mais je pense que mon ancienne vie m’a beaucoup aidé pour mon ministère. Des demandes de permis, des rencontres avec les élus et des trucs du genre, j’en ai fait beaucoup! Alors, je connaissais déjà l’envers de la médaille», explique celle qui dirigeait des garderies et des commerces avant de se lancer en politique l’été dernier.

Ses entreprises avaient le vent dans les voiles, mais Andrée Laforest avait cette soif de pouvoir changer les choses. «En affaires, on s’aperçoit de tous les projets manqués. Et je trouvais que la région ne recevait pas ce qu’elle méritait. C’est vraiment pour ça que je me suis présentée», a souligné la mère de quatre enfants, âgés de 26, 23, 22 et 17 ans.

Andrée Laforest s’est vite sentie à l’aise dans ses nouvelles fonctions, malgré son absence d’expérience en politique.

Andrée Laforest s’est vite sentie à l’aise dans ses nouvelles fonctions. «Heureusement, j’étais habituée à ne pas avoir d’horaire! C’est énormément de travail, la politique, et on ne s’en rend pas compte avant d’y être. J’ai des journées qui commencent à 5h et qui se poursuivent souvent jusqu’à 21h ou 22h. Mais j’adore ça, j’aime travailler sur des projets, aider les gens. Et j’aime beaucoup le monde», explique celle qui s’est toute de même sentie un peu déstabilisée, les premiers jours, en arrivant à la colline parlementaire. La horde de journalistes, les questions qui fusent de toutes parts et les mille et un dossiers sur lesquels elle doit rendre des comptes; la nouvelle ministre s’y est toutefois vite habituée.

S’il y a un aspect qui a été plus difficile pour la caquiste, c’est le fait de passer moins de temps avec ses enfants, son mari et sa mère. La première chose qu’elle fait lorsqu’elle arrive à Chicoutimi, c’est rendre visite à sa mère de 82 ans. La dame a perdu son mari, le père d’Andrée Laforest, cinq jours seulement après l’élection de la nouvelle députée. «J’ai toujours été très proche de ma mère et je vais la voir aussi souvent que je le peux. Je m’ennuie aussi de mes enfants et de mes petits-enfants. Mais on a adapté notre vie en conséquence», affirme Mme Laforest. En effet, le mari de la ministre, Jean-Denis Allard, travaille davantage à la succursale d’Eugène Allard de Québec, afin d’être plus près de son épouse.

«C’est drôle, car il m’accompagne souvent et il me dit : ‘‘C’est vrai que tu es connue, Andrée!’’ Disons que ça me surprend beaucoup aussi qu’on me reconnaisse un peu partout maintenant», a indiqué la politicienne.

Andrée Laforest admet également s’ennuyer des petits qui fréquentent ses anciens services de garde, maintenant tenus par ses propres enfants. «Mes garderies m’ont également beaucoup appris. Les parents que je rencontrais, c’était un échantillonnage de la population. Des pères qui perdent leur emploi, des infirmières contraintes au temps supplémentaire; j’étais au courant de bien des problèmes que les gens vivent, et c’est tellement important d’être à l’écoute. On ne peut pas régler tous les problèmes, mais on peut aider», a affirmé Andrée Laforest, qui s’accordera une dizaine de jours de congé en famille cet été, après une année qu’elle qualifie de très prenante, mais aussi très enrichissante.

Andrée Laforest s’est vite sentie à l’aise dans ses nouvelles fonctions, malgré son manque d’expérience en politique.

Elle prendra une petite pause de ses valises remplies de dossiers et de ses talons hauts, qui lui ont donné un peu de fil à retordre au cours des derniers mois. «C’est tellement lourd, ces valises. Surtout en talons!», a-t-elle dit, en riant.

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«JE CROIS POUVOIR TOUT RÉALISER» 

(PR) — L’aménagement du territoire, la nouvelle cartographie des zones inondables, AccèsLogis, le pacte fiscal, la stratégie nationale de l’habitation; la ministre Laforest a bon espoir de sceller le sort de plusieurs grands dossiers en chantier. Au cours des dernières semaines, on se serait crus en période préélectorale, tellement elle a procédé à des annonces. Et elle promet la concrétisation d’autres projets régionaux prochainement. «Honnêtement, je crois pouvoir tout réaliser», a souligné la députée caquiste de Chicoutimi. 

Le réaménagement du pont de Sainte-Anne de Chicoutimi, afin de permettre le passage des véhicules d’urgence, figure sur la liste des prochaines annonces de la ministre. «On travaille fort là-dessus. C’est complètement illogique qu’on ne puisse pas utiliser ce pont en situation d’urgence», a noté Andrée Laforest. 

Questionnée sur des projets tels que la construction d’un amphithéâtre au centre-ville de Chicoutimi et la réalisation des grands projets industrialo-portuaires, Andrée Laforest a dit que le gouvernement du Québec serait de la partie, mais qu’ils devaient tout de même remplir certains critères. «En ce qui concerne l’amphithéâtre, si la population en veut un, on va travailler pour qu’il y en ait un. Et les grands projets, s’ils remplissent les exigences du BAPE (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement), nous allons aussi être présents», a-t-elle affirmé.

Bien qu’elle soit ministre de 1039 municipalités, Andrée Laforest s’intéresse tous les jours à ce qui se passe dans son comté. «J’appelle Éric (Gauthier, son attaché politique) tous les jours. Je veux savoir ce qui se passe. Je veux être au courant. La région, c’est mon bébé», a souligné celle qui travaille également à l’ouverture d’une nouvelle maison pour sans-abri à Chicoutimi et pour une autre dédiée à des travailleurs qui portent l’uniforme et qui souffrent de problèmes de santé mentale, comme les anciens militaires ou les policiers, par exemple. Elle planche également sur la rénovation du bloc opératoire de Chicoutimi. 

Les annonces faites dernièrement au Patro de Jonquière, à l’aéroport Saguenay-Bagotville, à La Pulperie de Chicoutimi et à la Maison Gilles-Carle la rendent fière du travail accompli. 

Elle salue au passage le travail de ses collègues députés régionaux, François Tremblay, Éric Girard et Nancy Guillemette, de même que celui du député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, du Parti québécois. «Moi, je veux travailler avec tout le monde. Jonquière est aussi importante pour moi», a-t-elle indiqué.