La députée provinciale dans Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard, s'est adressée aux manifestants rassemblés à Hawkesbury samedi.

Amanda Simard accueillie à bras ouverts à Hawkesbury

Ils étaient plus de 700 Franco-Ontariens, Québécois, et même anglophones réunis devant le bureau de leur « héroïne », Amanda Simard, à Hawkesbury. Lors de la manifestation contre les actions « francophobes » du gouvernement Ford, la députée de la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell a serré la main de plusieurs de ses électeurs reconnaissants.

Amanda Simard a qualifié d’« inacceptables » les récentes coupures aux services en français du gouvernement progressiste-conservateur. Celle-ci dit s’être sentie trahie par le clan de Doug Ford. « Moi j’ai cogné à toutes les portes ici, même à Hawkesbury, de partout dans le comté. Les gens me demandaient comment ils pouvaient faire confiance à un gouvernement progressiste-conservateur, et je les rassurais. Je les regardais droit dans les yeux et je leurs disais qu’ils pouvaient me faire confiance. Donc lorsque mon gouvernement m’a trahie, je n’allais pas laisser tomber les gens de chez nous, c’est certain », a-t-elle déclaré en entrevue. 

Après avoir constaté l’ampleur de la manifestation de samedi devant son bureau, Mme Simard avoue avoir été agréablement surprise du nombre de personnes présentes. « Je suis peut-être indépendante en ce moment à Queen’s Park, mais je suis bien entourée. Tout ce qu’on demande c’est de faire respecter nos droits. »

La députée de Glengarry-Prescott-Russell est toujours convaincue que sa décision de quitter les conservateurs demeure la bonne. « Ce n’était pas seulement les deux décisions sur la francophonie. Ça ne datait pas d’hier. Ça faisait plusieurs petites choses que j’essayais de faire depuis l’élection et je voyais une sorte de résistance de la part du parti. Les décisions sur la francophonie, c’est la goutte qui a fait déborder le verre d’eau. »

Mme Simard dément aussi les rumeurs disant qu’elle considérait se tourner vers le parti libéral. « Pour le moment, je vais rester indépendante. Ça me donne une voix de plus, puisque maintenant je peux dire ce que je veux. Je reste fiscalement conservatrice et socialement progressiste, ça ne change pas. »

Le député fédéral Francis Drouin a déclaré d’entrée de jeu qu’Amanda Simard était une « héroïne franco-ontarienne ». 

« Faites du bruit, parce que je ne suis pas certain qu’ils vous entendent encore à Toronto », a-t-il imploré. 

Pas que des Franco-Ontariens

Beaucoup de Québécois venus de partout se sont aussi déplacés à Hawkesbury pour l’occasion. Certains ont profité de la proximité du pont du Long-Sault, connectant Hawkesbury et le village québécois Grenville, pour s’y rendre. 

Plusieurs discours ont été prononcés durant la manifestation. L’ex député provincial, Jean Poirier, n’a pas manqué d’animer les troupes. « Debout, on voit mieux l’avenir », s’est-il insurgé. 

Ce dernier a invité sur scène un anglophone de Toronto, Muhammad Musa, qui est venu expressément à Hawkesbury pour exprimer son soutien à Mme Simard. « Son courage est admirable, tant pour les Franco-Ontariens, mais aussi pour tous les Canadiens », a lancé M. Musa. 

L’auteure-compositrice-interprète Céleste Lévis a chanté plusieurs chansons avec son guitariste et amoureux Marc-Antoine Joly, sur la petite scène installée devant le 290, rue McGill. 

Le Franco-Ontarien Damien Robitaille a lui aussi offert spontanément quelques chansons aux protestataires, dont la chanson « Plein d’amour », chantée en choeur par la foule.