Agressions sur sa demi-soeur : Bolduc cité à procès

Accusé d’avoir répété des gestes à caractère sexuel sur sa demi-sœur pendant plusieurs années à Sherbrooke, René Bolduc a été cité à son procès.

La victime dans cette affaire, Caroline Labrecque, a raconté les sévices sexuels qu’elle a subis dans les années 70 et 80 lors de l’enquête préliminaire qui s’est déroulée, mercredi, au palais de justice de Sherbrooke.

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La juge Claire Desgens de la Cour du Québec a cité René Bolduc sur les chefs d’attentat à la pudeur entre 1975 et 1983.

Il conserve l’option d’un procès devant juge et jury.

L’aîné de la famille, Jean-Guy Bolduc a aussi cité à procès en octobre dernier pour les gestes commis sur la victime alléguée.

Caroline Labrecque avait cinq mois lorsqu’elle est arrivée dans la famille de dix enfants.

Elle se souvient par « flash » ou de façon « très claire » avec beaucoup de descriptions de gestes sexuels qu’elle aurait subis au cours de ces années.

Caroline Labrecque jure que des agressions seraient survenues dans sa chambre, dans la salle de bain, dans le sous-sol ou à d’autres endroits dans la maison de l’est de Sherbrooke.

« Il me touchait, mettait de doigts dans mon vagin et me forçait à me masturber. Son but était toujours que je lui fasse une fellation. Ça se passait debout ou sur le bord de mon lit», témoigne la victime alléguée de René Bolduc.

Elle se souvient de gestes où Bolduc s’assoyait sur la chaise près de l’endroit où elle regardait la télévision.

« Il essayait de toucher mon sexe avec son pied même si je me tassais. Il bougeait ses pieds et ses orteils pour atteindre mon entrejambe», a expliqué la victime alléguée de Bolduc.

La victime se souvient que Bolduc l’aurait forcé à mettre sa main dans son pantalon pour lui toucher son pénis.

Elle se souvient d’un événement où Bolduc l’a pris dans la chambre froide de la résidence familiale où il l’aurait forcé à lui faire une fellation en lui prenant la tête à deux mains.

« Ce n’était pas très délicat », affirme Caroline Labrecque.

René Bolduc

Elle témoigne que ses deux demi-frères ne l’auraient pas abusée sexuellement en même temps, mais il n’était pas rare qu’ils se succédaient dans la même semaine.

« Je n’étais pas capable de dire à mes parents que j’étais abusée sexuellement par leurs deux gars. J’avais demandé une porte qui barre. Je disais que je ne voulais pas me faire voler d’argent. Mais mon père ne voulait pas que je puisse barrer ma porte », indique la victime alléguée des frères Bolduc.

La victime alléguée était accompagnée du chien de soutien Kanak du Service de police de Sherbrooke lors de son témoignage.

« J’ai toujours pris du poids après les agressions sexuelles. Manger mes émotions était peut-être une façon de me rendre moins attirante. Je me suis rendu à 160 livres. J’allais me cacher pour manger», signale la victime alléguée de René Bolduc.

Caroline Labrecque a attendu plusieurs années avant de dénoncer ses agresseurs. C’est le décès de ses parents qui l’a incité à briser le silence.

« Je ne voulais pas que mes parents apprennent ça. Je les aurais détruits. Je n’étais plus capable de vivre avec tout ça. J’ai vécu de nombreuses conséquences. Je ne l’avais dit à personne. J’avais peur de changer de famille d’accueil », signale Caroline Labrecque.

C’est Me Marie-Ève Lanthier qui représentait le ministère public dans cette affaire, alors que Me Christian Raymond assure la défense de René Bolduc.

Le dossier a été reporté au prochain rôle de la Cour supérieure le 7 janvier 2019.