Jean Boissonneault a été condamné jeudi à six mois de prison pour le geste qu’il a commis aux dépens d’une adolescente de 17 ans, en 2003. Il avait alors 19 ans.
Jean Boissonneault a été condamné jeudi à six mois de prison pour le geste qu’il a commis aux dépens d’une adolescente de 17 ans, en 2003. Il avait alors 19 ans.

Agression sexuelle: Jean Boissonneault condamné de nouveau à la prison

Malgré la tenue d’un deuxième procès, le coureur automobile et employé d’une entreprise de remorquage Jean Boissonneault a de nouveau pris le chemin de la prison, jeudi. Le juge Claude Provost, de la Cour du Québec, l’a condamné à six mois de prison pour le geste qu’il a commis aux dépens d’une adolescente de 17 ans, en 2003. L’accusé avait alors 19 ans.

Selon la preuve déposée devant le tribunal à Granby, M. Boissonneault a profité du fait que la victime dorme chez lui pour faire irruption dans sa chambre et insérer des doigts dans son vagin. Avec son autre main, il s’est masturbé et la plaignante a feint de continuer à dormir.

Il s’agit «d’un geste, une fois, un soir», a affirmé Me Roger Paquin, de la défense, lors des observations sur la peine à imposer à son client, plus tôt dans la journée. L’avocat a aussi précisé que M. Boissonneault n’a qu’un an et demi de plus que sa victime et n’a pas d’antécédent judiciaire.

Me Paquin a également fait valoir que son client était père de cinq enfants, qu’il travaille depuis longtemps pour l’entreprise fondée par son père et qu’il était «important qu’il puisse conserver ses acquis». 

Pour toutes ces raisons, il a suggéré au mieux une absolution, au pire une peine de prison «avec sursis», soit à domicile. Un public bien informé des faits au dossier n’en serait pas offusqué, a-t-il précisé.

Clémence et reproches

Du côté de la poursuite, Me Valérie Simard-Croteau a plutôt recommandé la même sentence qui avait été donnée par la juge au premier procès, soit de neuf mois de prison. 

Bien qu’elle reconnaisse qu’il s’agit d’une peine «clémente», celle-ci est appuyée par la jurisprudence, a-t-elle ajouté. Quant à la prison avec sursis «cela nuirait à l’intérêt public».

La cour a opté pour une solution mitoyenne, soit six mois de détention. Jean Boissonneault sera également inscrit pendant 20 ans au Registre des délinquants sexuels. Il nie toujours sa culpabilité.

C’est d’ailleurs «là où le bât blesse», a dit le juge Provost en s’adressant à l’accusé. «Vous ne reconnaissez pas que vous avez commis des gestes.» Il lui a aussi reproché de ne pas avoir témoigné à son procès bien qu’il se dise innocent.

Aujourd’hui âgé de 36 ans, le pilote et remorqueur a déploré l’attention médiatique dont il a fait l’objet ainsi que les conséquences que les accusations déposées en 2011 ont eues sur lui et sa famille.

Son père ne peut lui léguer l’entreprise familiale à cause de sa condamnation et il soutient avoir fait face à «beaucoup de haine». «J’ai traversé des moments difficiles moi aussi. C’est pas simple pour moi non plus. Je suis assez connu à Granby et je me fais regarder au restaurant.»

«Ce que vous vivez présentement, c’est de votre faute, a répliqué le juge Provost. Si aujourd’hui tout le monde s’en porte mal, c’est à cause de vous.»

Il a rejeté la demande d’absolution parce qu’elle n’est «pas dans votre intérêt, peut-être dans celui de la compagnie [de remorquage]». Une peine de prison avec sursis serait aussi «contre l’intérêt public».

Peur et lâcheté

«Une agression sexuelle, ça cause des torts et des préjudices durables, a ajouté le juge. Personne ne passe par-dessus ça comme si c’était un vol à l’étalage. Et manifestement ici, la victime a de la misère à se sortir de son traumatisme.»

En début d’audience, la femme a lu une lettre qu’elle a écrite pour résumer ses émotions. «J’ai été chercher de l’aide, mais je suis toujours affectée par rapport à ça. Encore aujourd’hui, j’ai toujours peur de le croiser [l’accusé]. D’avoir dû subir un 2e procès m’a causé beaucoup d’anxiété, mais j’ai décidé d’aller jusqu’au bout.»

«C’est pas la pire des agressions sexuelles, mais c’est pas banal, a mentionné le juge. C’est pas une tape sur les fesses.» Les circonstances dans lesquelles l’infraction a été perpétrée constituent de plus «un élément de lâcheté qu’il m’est difficile d’effacer.»

Interrogé à sa sortie de la salle d’audience, Me Roger Paquin n’a pas indiqué si un appel est de nouveau considéré. La Cour d’appel avait ordonné un nouveau procès en 2018, soutenant que la juge de première instance avait erré dans sa décision deux ans plus tôt.

Quatre femmes avaient au départ porté plainte contre Jean Boissonneault en 2011 pour des attouchements et des agressions sexuelles. L’une d’elles ne s’est pas présentée au tribunal par la suite et l’accusé n’a été trouvé coupable que pour une des trois plaignantes restantes.