Avec cinq chefs d’accusation pesant sur lui, Blessing Dugbeh restera détenu jusqu’à la fin des procédures judiciaires.

Agression sexuelle en groupe : deux accusés restent détenus

Les deux accusés majeurs accusés d’agression sexuelle en groupe qui auraient été commis à Sherbrooke resteront détenus pour la durée des procédures judiciaires.

La juge Claire Desgens de la Cour du Québec a déterminé, vendredi, que Blessing Dugbeh et que l’autre individu de 18 ans ne s’étaient pas déchargés de leur fardeau afin d’être remis en liberté sous conditions.

En plus des gestes à caractère sexuel sur des mineurs, les deux individus sont accusés d’avoir tenté d’intimider les plaignantes au dossier entre février et avril 2018.

Le magistrat a pris cette décision pour que les témoins se sentent protégés et que le public sache que ce type de comportement est inacceptable. La juge a mentionné avoir voulu envoyer un message clair que l’intimidation de témoins doit être pris au sérieux.

« La liberté est la règle et tous les accusés ont droit à un cautionnement en vertu du droit canadien. La détention provisoire ne doit jamais constituer une peine avant que le procès se déroule. Une distinction s’impose ici avec les dossiers des autres accusés mineurs. Les deux accusés sont des adultes et les gestes ont été commis avec des mineurs à l’égard de personnes mineures. Je tiens surtout compte des menaces à peine subtiles à l’endroit d’un témoin potentiel. Ni les garanties monétaires ni la nature des accusations constituaient des facteurs. Ici c’est le contexte des menaces à une plaignante ou aux témoins mineurs qui est un facteur prédominant », a déterminé la juge Desgens.

Blessing Dugbeh devra répondre à cinq chefs d’accusation.

Seul accusé majeur au moment des événements allégués, Blessing Dugbeh, 20 ans, est accusé d’agression sexuelle en groupe sur une personne de moins de 16 ans. Au moment des faits allégués, Dugbeh aurait participé à l’agression sexuelle en groupe avec l’autre individu avec qui il a subi son enquête sur remise en liberté et qui est maintenant majeur, et de deux autres mineurs.

Des accusations de contacts sexuels et d’incitation à des contacts sexuels ont aussi été portées contre lui. Des chefs de menaces de mort et de harcèlement envers des témoins ont aussi été déposées contre Dugbeh.

Peines significatives

La juge Desgens a rappelé que des peines minimales significatives pourraient s’appliquer s’il était reconnu coupable des accusations.

Huit chefs d’accusation ont été portés contre l’autre individu. Il ne peut être identifié parce que des dossiers en chambre de la jeunesse ont été autorisés contre lui.

Il est accusé d’agression sexuelle en groupe pour l’événement du 12 février 2017 en chambre de la jeunesse.

Au tribunal adulte, l’individu de 18 ans est accusé d’agression sexuelle et d’incitation à des contacts sexuels sur une autre adolescente de moins de 16 ans le 1er juillet 2017. Cette plaignante aurait aussi subi des gestes semblables entre le 1er janvier et le 1er mars 2018 et des voies de fait entre le 1er juillet et le 1er août 2017.

Tous les autres accusés ont été remis en liberté sous de sévères conditions, sauf un adolescent qui est détenu depuis un deuxième bris de condition. Il devra subir son enquête sur remise en liberté en chambre de la jeunesse de la Cour du Québec la semaine prochaine.

Une quinzaine de parents et amis des accusés ont assisté à la décision de la juge Desgens. La juge avait demandé d’entrée de jeu au public de rester tranquille et silencieux étant donné certains débordements survenus lors de l’enquête sur remise en liberté.

Certains proches n’ont pu retenir leurs larmes lors du prononcé de la décision de la juge Desgens. Ils demeuraient inconsolables dans les corridors du palais de justice de Sherbrooke.

Un interdit de contact complet a été émis avec les plaignantes, les témoins potentiels et les autres accusés.

Les deux accusés avaient témoigné lors de l’enquête sur remise en liberté qui s’est déroulée mardi et mercredi dernier. Leurs mères étaient venues offrir des dépôts pour garantir le respect des conditions de remise en liberté.

La procureure aux poursuites criminelles Me Marie-Ève Phaneuf et les avocates de la défense Me Mélissa Gilbert et Me Julie Beauchemin ont reporté le dossier au 15 mai.