Agressée à 12 ans; l'agresseur coupable

Sébastien Gosselin-Pronovost, un individu de 28 ans de Shawinigan, a plaidé coupable, mardi, à des accusations de leurre informatique et d’attouchements sexuels sur une jeune fille de 12 ans.

Les faits relatés par la procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge, révèlent que le prévenu a rencontré la victime sur les réseaux sociaux à l’été 2017, via son compte Facebook  «CBass Bolts». Il a tout d’abord eu des conversations avec elle pour finalement lui fixer un premier rendez-vous. C’est au cours de cette première rencontre qu’il l’a agressée sexuellement. 

En retournant chez elle, la victime était d’autant plus bouleversée qu’elle craignait d’être enceinte. Il s’agissait non seulement de sa première relation complète mais Gosselin-Pronovost n’avait utilisé aucun préservatif. 

Sébastien Gosselin-Pronovost a été remis en liberté mais avec de sévères conditions.

Incapable d’en parler à ses proches, elle a plutôt communiqué avec son agresseur dans l’espoir d’obtenir de l’aide et des conseils. Un deuxième rendez-vous a été fixé dans un parc mais l’individu en a malgré tout profité pour l’agresser une seconde fois mais cette fois-ci en utilisant un préservatif. Dès lors, elle a mis fin à tout contact avec lui et l’a bloqué sur les réseaux sociaux. 

Tel que l’a raconté Me Roberge, l’état de la jeune file s’est par la suite dégradé au fil des semaines qui ont suivi. Ses parents ont notamment constaté avec étonnement qu’elle est devenue réactionnaire, qu’elle s’est rasé les cheveux et qu’elle envisageait même de changer de sexe. Heureusement, elle n’est pas tombée enceinte.  

Elle a cependant refusé de parler des agressions à quiconque jusqu’au jour où la police l’a rencontrée à la suite d’informations obtenues confidentielle-ment. Sébastien Gosselin-Pronovost a ensuite été arrêté et a fait des aveux incriminants.  

Lors de son retour devant le tribunal, il a donc enregistré des plaidoyers sur les deux chefs de leurre et d’attouchements sexuels. Il y a eu des arrêts de procédures sur les chefs d’incitation à des contacts sexuels et d’agression sexuelle. 

À la suite de discussions menées entre la Couronne et l’avocat de la défense, Me Louis R. Lupien, il a été convenu que des rapports présentenciel et sexologique soient confectionnés pour guider le tribunal à l’étape de la sentence. 

Rappelons que la peine minimale pour ces délits est d’un an. Les plaidoiries ont été fixées au 28 février.  

D’ici là, l’individu a cependant été libéré mais avec de sévères conditions. C’est que l’individu n’a aucun antécédent judiciaire. Qui plus est, il a réglé ses dossiers très rapidement, quelques jours à peine après sa comparution.  

Parmi les conditions, il ne pourra pas communiquer avec des mineurs et utiliser Internet et tout réseau numérique. À la demande du juge Bruno Langelier, il lui sera même interdit d’avoir un cellulaire. Il devra également suivre les traitements recommandés par son médecin en lien avec des problèmes dépressifs. 

Par ailleurs, il est loin d’en avoir fini avec la justice puisque deux nouvelles accusations de leurre ont été portées contre lui mardi. 

On l’accuse en effet de s’être livré à des leurres informatiques envers deux autres jeunes filles âgées de 14 ans en septembre dernier toujours dans l’optique de faciliter la perpétration d’infractions sexuelles. Ces dossiers ont été reportés au 23 janvier. 

L’enquête policière menée sur lui n’est pas terminée. Il n’est pas exclu qu’il ait fait d’autres victimes. Comme l’a précisé Me Roberge, la preuve révèle que cet individu a un comportement de prédateur avec les victimes. 

«Il se rend en effet sur les réseaux sociaux pour y chercher et traquer ses victimes tout en étant bien au fait de l’illégalité de ses gestes», a-t-elle déclaré.