L'avocate de la défense, Mélanie Décoste, croit qu’une sentence de 12 mois serait suffisante pour le grand-papa qui a abusé de son petit-fils.

Agressé par son grand-père, il lui pardonne

Même si son petit-fils lui pardonne ses agressions sexuelles, un grand-papa de Jonquière a été dirigé vers la prison de Roberval, jeudi, pour une durée de 12 à 24 mois.

L’homme, dont nous taisons l’identité afin de préserver celle de la victime, s’est présenté au Palais de justice de Chicoutimi avec sa valise remplie de vêtements. Le tribunal a ordonné son incarcération immédiate, même si la sentence ne sera connue que le 7 juin.

Le juge Paul Guimond, de la Cour du Québec, a écouté les propos des procureurs, lui qui avait accepté les plaidoyers de culpabilité de l’homme. Celui-ci était accusé d’agressions sexuelles sur son petit-fils sur une période trois à quatre années et de possession et distribution de matériel de pornographie, soit des photographies et des vidéos impliquant des enfants avec des adultes dans un contexte explicite de sexualité.

Me Sébastien Vallée, de la Couronne, réclame deux années de détention et une probation de trois ans (avec suivi) pour le grand-père qui a notamment avoué avoir visionné des films pornographiques avec son petit-fils alors qu’il était âgé de 12 ans. 

L’individu, qui doit prendre soin de sa conjointe malade, a même eu des séances de masturbation avec l’enfant, tout en lui faisant des fellations. Le petit-fils a toujours refusé de faire des fellations à son grand-père.

C’est en 2016 que toute l’affaire a éclaté. Les policiers sont débarqués chez l’homme pour saisir son matériel informatique, ayant eu l’information que le suspect consommait de la pornographie juvénile. C’est en fouillant l’ordinateur qu’ils ont découvert des discussions où l’accusé avouait avoir eu des relations avec son petit-fils.

L’enfant, devenu maintenant adulte, n’en veut nullement à son grand-père, d’autant plus qu’il le considère davantage comme le père qu’il n’a pas eu.

« Je pardonne tout à mon grand-père. Je sais que ce qu’il a fait est inacceptable, mais je lui pardonne. Il n’a pas la vie facile étant donné que ma grand-mère est gravement malade. Il doit s’en occuper et elle ne lui fait pas toujours la vie facile. Je comprends son isolement au fil des années », a écrit la victime dans une lettre remise au tribunal.

« Je ne lui en veux pas, surtout qu’il est celui qui a le plus beau fond que je puisse connaître », ajouté le petit-fils.

Me Vallée dit comprendre les sentiments de la victime envers celui qu’il considère encore aujourd’hui comme son père, mais demeure convaincu que ses gestes doivent être dénoncés. Il pense qu’une peine dissuasive s’impose.

« Il s’agit d’abus sur un enfant, alors qu’il y avait un lien d’autorité. Il faut tenir compte de la période de temps et de la double infraction d’agressions sexuelles et de pornographie juvénile. Il faut savoir que l’homme a cessé d’agir à la suite de son arrestation », mentionne Me Vallée.

En défense, Me Mélanie Décoste croit qu’une sentence de 12 mois (six mois pour la pornographie juvénile et six mois consécutifs pour l’agression sexuelle) serait suffisante.

« Mon client reconnaît qu’il a encore du travail à faire sur sa problématique. Il a entrepris lui-même un suivi thérapeutique et veut le reprendre à sa sortie de prison », note Me Décoste.

« Vous pouvez aussi tenir compte que la victime pardonne à son grand-père. Le petit-fils dit ne pas avoir de séquelles de ces événements », ajoute la criminaliste.