Marc-André St-Amant et Barbara Provencher ont été blanchis par le commissaire en déontologie policière.

Affaire Vadeboncoeur: deux policiers blanchis en déontologie

TROIS-RIVIÈRES — Le commissaire à la déontologie policière a blanchi deux des quatre policiers du service de police de Trois-Rivières impliqués dans l’arrestation en 2013 d’Alexis Vadeboncoeur. Pour le syndicat, il s’agit d’un argument supplémentaire pour leur permettre de réintégrer Barbara Provencher et Marc-André St-Amant dans leurs fonctions de policier.

Ces deux policiers ont en effet été blanchis dans une décision rendue par Me Marc-André Dowd le 11 mai dernier. Cette décision n’est toutefois pas publique, mentionne la secrétaire générale du commissaire à la déontologie policière, Me Louise Letarte. 

«Ils ont été en effet blanchis et c’est une bonne nouvelle», a lancé en entrevue le président du syndicat des policiers de Trois-Rivières, Louis Lesage. «Mais pour le reste de la décision, je n’ai pas l’intention de la commenter.»

On se souviendra que l’arrestation d’Alexis Vadeboncoeur en 2013 avait fait grand bruit. Les images captées par une caméra de surveillance du Cégep de Trois-Rivières laissaient croire à une arrestation musclée. On y voyait les policiers assener des coups à Vadeboncoeur qui était couché au sol avec une arme non loin de lui. Le suspect venait de cambrioler une pharmacie située non loin. 

Depuis les événements de 2013, Marc-André St-Amant et Barbara Provencher sont tenus à l’écart du service de police. Si le premier a été congédié, la seconde a été suspendue sans solde. Est-ce que la récente décision du commissaire à la déontologie policière permettra de les réintégrer à l’emploi du service de police de Trois-Rivières? C’est ce qu’espère le président du syndicat. 

Louis Lesage estime effectivement que cette décision est un argument de plus pour convaincre la direction de réintégrer les deux policiers. Surtout qu’ils ont été acquittés sur toute la ligne lors de leur procès. 

«Ils ont été acquittés au procès criminel qui a duré 31 jours et en déontologie. On ne peut plus leur reprocher quoi que ce soit», affirme Louis Lesage. «Nous avons des discussions en cours avec l’employeur à ce sujet. C’est sûr que ce sont des arguments plutôt favorables.»

L’arrestation d’Alexis Vadeboncoeur avait fait grand bruit en 2013.

Les deux autres policiers impliqués dans cette arrestation qui a fait les manchettes ont toutefois commis des manquements au code de déontologie. C’est ce qu’a déterminé le commissaire dans sa décision rendue le 11 mai. Il ne s’agit toutefois pas d’un jugement d’un tribunal et d’une condamnation. 

Keven Deslauriers et Dominic Pronovost «ne se sont pas comportés de manière à préserver la confiance et la considération que requièrent leurs fonctions, en formulant des commentaires inappropriés lors du visionnement d’une vidéo» de l’arrestation d’Alexis Vadeboncoeur, peut-on lire dans la citation du commissaire à la déontologie dont Le Nouvelliste a obtenu une copie. Selon Me Dowd, les deux policiers n’ont pas respecté l’article 5 du Code de déontologie.

Une copie de la décision a été envoyée aux policiers concernés et une autre à leur chef du service de police. Même le syndicat affirme que ce ne sont pas des informations publiques. 

Le commissaire à la déontologie policière ne s’est toutefois pas penché sur l’utilisation de la force par le policier Keven Deslauriers. Ce dernier avait été reconnu coupable de voies de fait envers Vadeboncoeur lors de son arrestation. Toutefois, ce jugement a été porté en appel. Les trois autres policiers avaient été blanchis des accusations. 

Le juge avait déterminé que trois des quatre policiers avaient utilisé la force nécessaire lors d’une intervention à haut risque. Il avait toutefois déterminé que Deslauriers avait dépassé la limite en commettant des voies de fait.