Adolescents visés sur les réseaux sociaux: «La leçon a assez duré»

« Nous voulons juste que ça arrête. Nos adolescents ont eu leur leçon »

Les parents de quatre adolescents de Sherbrooke dénoncent le traitement que ces derniers reçoivent depuis maintenant cinq jours après la publication d’une photo prise d’eux et publiée sur les réseaux sociaux relativement à leur comportement au Carrefour de l’Estrie.

Une page publique sur Facebook relate la situation qui s’est déroulée samedi dernier à la foire alimentaire.

« Aujourd’hui 16 h au Carrefour, quatre jeunes d’environ 13-14 ans, lancent des objets de leur snack sur une vieille dame, dont un couteau en plastique, ça rit et aucune excuse, en tant que maman d’adolescents je vais les voir pour leur dire que ce n’est pas respectueux et de s’excuser, ensuite ils envoient des airdrop à connotation sexuelle à une femme à côté.... si j’étais les parents un d’eux j’aimerais le savoir! (sic) ».

La mère de l’un des adolescents impliqués affirme qu’il manque certains détails à cette histoire qui a pris des proportions telles que la photo a été vue à plus de 1200 reprises, partagée plus de 3200 fois et fait l’objet d’environ 750 commentaires.

« Les enfants se lançaient des frites entre eux, mais l’une d’elles s’est retrouvée près d’une dame âgée. Ils n’ont jamais lancé de couteau de plastique ou attaqué personne. Ils s’échangeaient des photos entre eux, mais leur téléphone est identifié par des noms disgracieux. Ce n’est pas très brillant, j’en conviens. Mon fils peut aussi être turbulent et je l’ai réprimandé pour ce qu’il a fait. Cependant, ces adolescents ne méritent pas tous les commentaires haineux qui sont écrits sur cette page. Ils n’ont jamais eu l’intention d’intimider une personne âgée », soutient la mère qui dénonce cette situation au nom des parents des autres adolescents impliqués.

Elle estime que ces adolescents sont victimes d’un tribunal populaire qui n’a pas pris le temps d’aller chercher l’autre côté de la médaille. Préjugées sur la nouvelle génération, châtiment corporel, commentaires violents, les réactions se multiplient depuis la diffusion de la photo prise sans le consentement des quatre adolescents.

« Ce sont des gens que nous connaissons qui nous ont partagé la photo. J’ai essayé de signaler la publication à Facebook ou demander aux administrateurs de cette page de retirer la photo, mais ça n’a rien donné », mentionne la mère qui préfère ne pas être identifiée pour ne pas exposer davantage les quatre adolescents.


«  Si des menaces de mort ou de voies de fait sont faites contre ces adolescents, ils peuvent formuler une plainte. »
Martin Carrier

Même si les adolescents ne sont pas identifiés, ils ont été interpellés à l’école à la suite de cette publication.

« Ils ne sont pas fiers de ça. Si l’objectif était que l’on soit informé de cette situation, c’est réussi. Maintenant, est-ce que ça peut arrêter? Ça prend des proportions inquiétantes. Nous avons entrepris l’analyse des recours légaux que nous avons », signale la mère de l’un des adolescents impliqués.

Le Service de police de Sherbrooke a été informé de ce branle-bas de combat sur les réseaux sociaux, mais aucune plainte n’a été portée.

« Si des menaces de mort ou de voies de fait sont faites contre ces adolescents, ils peuvent formuler une plainte. Ils sont invités à garder les preuves et nous pourrons ouvrir une enquête », explique le porte-parole du SPS, Martin Carrier.

Il mentionne que ce volet de rapidité des réseaux sociaux à publier des situations hors contexte est abordé lors des conférences données dans les écoles par les policiers.

« Souvent, les gens ne prennent même pas le temps de lire l’histoire avant de commenter. Sur les réseaux sociaux, l’effet d’entrainement est très rapide. Les commentaires sont souvent basés sur les autres commentaires sans que la situation ne soit longuement analysée », estime Martin Carrier du SPS.

Martin Carrier