Richard Forgues est accusé d’avoir eu des rapports sexuels avec deux mineures. La première victime présumée est venue témoigner en cour, lundi.

Accusé d’avoir agressé une enfant de 4 ans

Richard Forgues, accusé d’avoir eu des rapports sexuels avec deux mineures, aurait dit à une petite fille de quatre ans de descendre au sous-sol, prétextant avoir « une surprise pour elle ».

Le procès de Richard Forgues s’est ouvert lundi matin, au Palais de justice de Chicoutimi. Il fait face à des accusations d’agression sexuelle et d’attouchement en lien avec des événements qui seraient survenus il y a une trentaine d’années, à Saint-Honoré. Deux présumées victimes devaient être entendues lundi.

La première, aujourd’hui âgée de 38 ans, est venue raconter ce qui se serait passé au milieu des années 80. À cette époque, Richard Forgues était un membre de l’entourage de la famille de la victime.

« Il m’a dit de venir en bas parce qu’il avait une surprise. Je suis descendue et je l’ai retrouvé assis sur le sol de la salle de bain, le dos accoté au comptoir du lavabo », a témoigné la dame.

Selon son témoignage, Richard Forgues l’aurait ensuite empoignée et l’aurait installée sur lui à califourchon pour la contraindre à avoir des rapports sexuels qui auraient duré quelques minutes. L’enfant se serait ensuite isolée dans une chambre puis elle se serait endormie.

La fillette aurait dit plus tard à sa mère avoir « fait un tour de pénis et qu’elle n’avait pas aimé ça ». Elle faisait ainsi référence à un tour de carrousel, qu’elle aimait bien faire lorsqu’elle était petite.

La présumée victime a précisé que sa mère avait décidé de garder le silence et que cette histoire avait été enterrée. Elle a ajouté en avoir discuté avec des amies lorsqu’elle était adolescente, de même qu’à son conjoint.

C’est finalement en mars 2016 que la jeune femme a décidé de porter plainte contre Forgues.

Une vieille photo

En contre-interrogatoire, l’avocat de l’accusé, Me Jean Petit, a voulu démontrer que les souvenirs de la présumée victime étaient flous et qu’on ne pouvait pas s’y fier.

« Je n’attaque pas la crédibilité de madame aujourd’hui, mais j’attaque sa fiabilité. Madame n’a pas été en mesure d’identifier formellement mon client. Serait-ce possible qu’il s’agissait d’un autre individu ? », a questionné Me Petit, qui lui a posé plusieurs questions précises sur ce qui s’est passé ce jour-là et sur des traits physiques de son client.

Il a notamment demandé si elle se souvenait de sa voix, s’il portait des lunettes, s’il était grand ou s’il était tatoué.

Si la dame a identifié son agresseur comme étant bien Richard Forgues, elle a admis ne plus se souvenir de ses traits physiques avec précision, ni si elle avait crié ou pleuré au moment des événements, ce que lui avait demandé le criminaliste.

Elle lui a rappelé qu’elle n’avait que quatre ans à l’époque. La dame a admis que l’homme qui se trouvait dans la salle d’audience ne ressemblait plus à celui qui l’avait contrainte à avoir des rapports sexuels il y a 30 ans.

« Je me souviens que j’ai eu mal », a précisé la présumée victime.

Pour étayer sa thèse, l’avocat de la défense, Me Jean Petit, a voulu montrer de vieilles photos à la victime, afin de savoir si elle était en mesure d’identifier son client. La procureure de la Couronne, Me Marianne Girard, s’y est opposée, mais le juge Paul Guimond a finalement accepté la demande de la défense après y avoir réfléchi. Toutefois, une seule photo, sur laquelle on pouvait voir un groupe d’une quinzaine de personnes et datant de l’époque où se seraient produits les événements a été autorisée en cour.

La dame a regardé la photo durant plus d’une minute trente. Finalement, elle a montré du doigt un homme qu’elle a identifié comme étant celui qui l’a agressé. Elle est sortie de la salle en pleurs, incapable de poursuivre son témoignage. L’homme identifié sur la photo était bien l’accusé, mais 30 ans plus jeune.

Me Jean Petit a voulu comprendre pour quelle raison la présumée victime avait mis le doigt sur le visage de son client. Il l’a contre-interrogée durant près de trois heures, entrecoupées de plusieurs suspensions.

La dame a affirmé qu’elle le reconnaissait, mais ne pouvait dire précisément pourquoi.

Une conversation dévoilée

Durant le contre-interrogatoire, la présumée victime a expliqué qu’elle avait communiqué avec une tierce personne via Messenger dans les jours précédant sa dénonciation.

Cette conversation, qui l’a motivée à se rendre au poste de police, était inconnue de la Couronne et de la défense, ce qui a poussé Me Jean Petit à demander une copie de ladite conversation.

Le procès, qui devait initialement durer six heures, a été ajourné jusqu’au 3 janvier, en raison de ce nouvel élément.

Une seconde victime présumée de Richard Forgues doit également être entendue, puisqu’il est accusé dans un autre dossier, également concernant des gestes à caractère sexuel commis auprès d’une mineure.