Accusé d'agression sexuelle sur une cliente: un ancien portier clame son innocence

Trois-Rivières — Lahbib Reddani, cet ancien portier du bar Le Temple, soutient n’avoir jamais agressé sexuellement une cliente dans la soirée du 19 au 20 février 2016.

Dans le cadre de son procès, il a en effet nié les allégations voulant qu’il aurait profité de son état d’ivresse très avancé pour abuser d’elle. Selon lui, c’est plutôt la plaignante qui se serait montrée particulièrement entreprenante. «Je n’avais jamais vu quelqu’un d’aussi insistant dans toute ma carrière de portier. En fait, j’ai réalisé après coup que ses amis savaient très bien comment elle était et l’avait laissée avec moi pour pouvoir aller faire le party. Dire que j’ai juste voulu lui rendre service parce que c’était son anniversaire», a-t-il raconté.

Il ajoutera même que cette fille était une «patate chaude» qu’il avait entre les mains puisqu’elle faisait tout pour «escalader les choses» et refusait d’écouter ses directives. «Physiquement, elle était correcte mais c’est son attitude qui était du jamais vu pour moi», a-t-il déploré.

Rappelons que cet ancien portier est accusé d’agression sexuelle sur une jeune fille de 18 ans pendant l’exercice de ses fonctions. La plaignante ne se rappelle aucunement des événements puisqu’elle aurait subi un black-out dans le cadre de cette soirée bien arrosée. Ce sont ses amis qui ont été témoins du présumé délit. Ces derniers avaient affirmé dans leur témoignage qu’ils avaient confié la jeune fille au portier pendant quelques minutes parce que celle-ci était très mal en point et incapable de se tenir debout. Dans les minutes précédentes, elle aurait affiché un comportement inhabituel en embrassant plusieurs inconnus, au point qu’ils ont soupçonné qu’elle avait été droguée au GHB.

À leur retour dans cette salle privée du bar, ils auraient vu que leur amie était rendue à quatre pattes sur une banquette, les pantalons baissées pendant que le suspect était debout derrière elle, les pantalons lui aussi baissés. L’un des témoins affirmait même avoir vu des mouvements de va-et-vient.

Pour sa part, le portier a expliqué que les deux amis de la jeune fille étaient en effet venus le voir pour lui demander de la garder pendant une trentaine de minutes. Selon lui, celle-ci était alors assise sur une banquette et tenait son téléphone dans les mains. Sur le coup, il avait refusé mais les deux jeunes s’étaient montrés très insistants. Il a donc accepté de la surveiller mais pour cinq minutes seulement.

La plaignante l’aurait ensuite invité à danser, pour ensuite exécuter elle-même quelques pas de danse. Toujours selon lui, elle a inséré une main sous son t-shirt et a ensuite tenté de l’embrasser mais il l’a repoussée gentiment et lui a demandé de se calmer. Elle aurait ensuite mis ses mains sur ses hanches, ce qui a eu pour effet de faire tomber son walkie-talkie et son oreillette. Le prévenu affirme alors qu’il a commencé à se fâcher et a même décidé de l’expulser du bar. Cependant, avant qu’il ait eu le temps de mettre son plan à exécution, elle se serait mise à quatre pattes sur le banc, les pantalons baissés, à faire du twerking. «Moi je suis tombé sur le choc et énervé. Là, ce que j’ai fait, et peut-être que c’est mon erreur, j’ai remonté ses pantalons en utilisant les trous de ceinture», a-t-il raconté.

C’est à ce moment que les amis de la jeune fille seraient revenus et l’auraient surpris derrière elle. L’une des témoins l’aurait accusé d’avoir profité d’elle avant finalement de s’en prendre verbalement à son amie pour son comportement de la soirée. Fâché, Lahbib Reddani soutient avoir reconduit les trois personnes à la sortie pour s’assurer qu’ils ne reviennent pas. Interrogé par son avocat, Me Eddy Ménard, il a nié avoir jamais eu les pantalons baissés. «Ça n’a pas de sens. Jamais je n’ai été dévêtu», a-t-il clamé.

Lors du contre-interrogatoire de la procureure de la Couronne Me Marie-Ève Paquet, il a cependant modifié son appréciation de l’état physique de la plaignante. Si, au départ, il avait déclaré qu’elle était correcte et qu’elle se tenait debout, il a finalement déclaré qu’elle était «plus proche de l’état saoûle morte que de la sobriété.»

Le procès tire à sa fin. Les plaidoiries des avocats auront lieu vendredi.