L’accident survenu jeudi après-midi a fait deux morts et huit blessés.
L’accident survenu jeudi après-midi a fait deux morts et huit blessés.

Accident à Saint-Roch-de-Mékinac: de nombreuses questions soulevées

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
SAINT-ROCH-DE-MÉKINAC — De nombreuses questions se posent au lendemain du grave accident qui a fait deux morts et huit blessés sur la route 155, à Saint-Roch-de-Mékinac. Alors que la Sûreté du Québec a ouvert une enquête pour faire la lumière sur les circonstances du drame, le ministère des Transports assure que la signalisation aux abords du chantier dans ce secteur respectait les normes prescrites. Une distraction de la part du conducteur pourrait cependant avoir été en cause dans l’accident.

Rappelons que vers 16 h, jeudi, un poids lourd a embouti une série de véhicules qui étaient immobilisés sur la route 155, là où un important chantier routier se déroule et où la circulation se fait en alternance sur une voie. Le premier véhicule à avoir été percuté, un camion de style pick-up, s’est même retrouvé coincé sous le poids lourd. À son bord, un homme de 55 ans et une femme de 67 ans, tous deux de Saint-Hubert, n’ont eu aucune chance. Ils sont morts sur le coup.

À l’intérieur des autres véhicules, huit personnes ont été blessées, dont deux grièvement. On ne craignait toutefois pas pour leur vie vendredi. La route a été fermée à cette hauteur pendant près de douze heures et a pu rouvrir très tôt vendredi matin, peu avant 4 h.

La Sûreté du Québec a ouvert une enquête sur cette affaire. Des reconstitutionnistes ont été appelés sur les lieux et une inspection mécanique du véhicule sera également faite. Le conducteur, un homme de 74 ans qui travaillait pour une entreprise de la région montréalaise, a toutefois confié à TVA Trois-Rivières qu’il aurait eu une distraction, alors qu’il s’était penché dans l’habitacle de son camion pour ramasser quelque chose. En se relevant, il aurait aperçu la série de véhicules immobilisés et n’aurait rien pu faire.

La Sûreté du Québec rencontrera le conducteur de même que des témoins de la scène. Il n’est pas non plus impossible que des images vidéo puissent être utilisées aux fins de l’enquête. Par la suite, la SQ déterminera s’il y a matière à soumettre le dossier à un procureur afin qu’il étudie la possibilité de déposer ou non des accusations.

Au ministère des Transports, on a indiqué que le chantier était fermé vendredi, mais que ce n’était pas en raison de l’enquête. En effet, le chantier qui se déroule sur plusieurs semaines entre les kilomètres 23 et 33, ferme toujours du vendredi matin au dimanche soir afin d’éviter de nuire au trafic de la fin de semaine, explique Roxanne Pellerin, porte-parole du ministère des Transports. Les travaux devraient donc reprendre dès lundi, à moins d’avis contraire de la Sûreté du Québec.

Selon Mme Pellerin, la signalisation en place respectait en tout point les normes dictées pour de pareils chantiers. Deux signaleurs routiers étaient en place et un véhicule accompagnateur escortait les automobilistes lorsque leur tour était venu de circuler.

«L’accident s’est produit alors que la zone de travaux se situait entre les kilomètres 24 et 26. La première signalisation qui annonçait la présence de travaux à venir se situait au kilomètre 33, avec l’affichage d’une vitesse réduite à 70 km/h et d’une interdiction de dépasser. Cette signalisation se répétait tous les kilomètres jusqu’au chantier, soit sept fois avant le lieu de l’accident», explique Mme Pellerin.

Sur la dizaine de kilomètres du secteur des travaux, la couche de surface a aussi été retirée, ce qui cause du bruit et de la vibration, amenant une vigilance supplémentaire, ajoute Roxanne Pellerin.

«Sur place, lors de l’accident, des travailleurs se trouvaient aux abords de la route et une paveuse était également visible. Un panneau signaleur mobile se trouvait également à 300 mètres, et un autre à 200 mètres, faisant office d’une préparation à arrêter. Ces panneaux mobiles se déplacent au fur et à mesure que les travaux avancent», confirme Mme Pellerin, qui précise qu’au moment de l’accident, une dizaine de véhicules étaient en file, ce qui n’est pas anormalement élevé.

Les employés du ministère des Transports qui étaient sur place et qui ont eu à intervenir auprès des blessés ont tous été encouragés à utiliser les outils mis en place pour leur offrir de l’aide et du soutien s’ils en ressentaient le besoin, précise Roxanne Pellerin.

«On le répète toujours, il faut redoubler de vigilance lorsqu’on approche d’un chantier routier», martèle la porte-parole.