Abus sexuels: deux ans de pénitencier

Trois-Rivières — Un homme de 42 ans vient d’être condamné à une peine de deux ans de pénitencier pour des abus sexuels commis non seulement sur sa belle-fille qui souffre d’une déficience intellectuelle mais aussi sur sa propre fille.

À sa sortie de prison, cet individu sera soumis à une probation pendant deux ans dont une année au cours de laquelle il devra suivre les recommandations de son agent de probation en lien avec une problématique sexuelle. Il sera évidemment inscrit au Registre des délinquants sexuels pour toute sa vie.

Cet individu, dont on doit taire l’identité pour protéger celle des victimes, avait été reconnu coupable en mai dernier par le juge Jacques Trudel de contacts sexuels et d’incitation à des contacts sexuels sur sa belle-fille. Les délits avaient été commis entre septembre 2014 et mai 2015. Au cours de cette période, la victime était âgée entre 14 et 16 ans. Elle avait dit de son agresseur qu’il lui «avait montré à faire le sexe», notamment à masturber son pénis. Elle soutient aussi qu’il a écouté seul avec elle des films pornographiques. À une autre occasion, dans une tente-roulotte, il lui a fait un cunnilingus.

En ce qui concerne sa propre fille, il lui a ordonné de rentrer dans la salle de bain et l’a ensuite obligée à lui montrer ses seins sous prétexte qu’il les trouvait trop gros pour son âge. Elle avait alors 11 ans. Incapable de répondre par la négative, elle s’était exécutée.

Lors des plaidoiries sur sentence, la procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge, avait réclamé une peine de trois ans de prison alors que l’avocate de la défense, Me Martine Garceau-Lebel avait plutôt suggéré deux ans.

Dans son analyse, le juge Trudel a notamment rappelé qu’il existait dans cette famille un climat d’hypersexualisation avec le visionnement de films pornographiques et du nudisme à l’occasion. L’accusé et sa conjointe ont déjà eu des rapports sexuels dans une pièce commune alors que la victime était pourtant présente dans la maison. Celle-ci a aussi parlé d’une chicane dans le couple au sujet d’une rencontre avec des échangistes.

Le juge a également noté que l’accusé et la mère de la victime ont reproché à cette dernière de se livrer sans cesse seule à la masturbation en visionnant des films pornographique d’où l’achat par eux d’un vibrateur pour son 16e anniversaire.

Les abus sexuels ont eu des conséquences importantes dans la vie de la jeune femme. Elle soutient avoir eu beaucoup de peine à l’époque mais encore aujourd’hui, d’autant plus que son agresseur ne reconnaît pas les gestes. Il continue en effet de nier les faits et a même porté sa cause en appel. Sa plus grande peine découle toutefois du fait que sa mère ne la croit pas et qu’elle a choisi l’accusée. La victime raconte: «Quand cette histoire est arrivée, ça m’a déchirée en mille morceaux et j’ai eu de la misère à reprendre sur moi.» Elle ressent aussi de la colère envers l’accusé et sa mère dont elle s’ennuie et pour qui elle craint que l’accusé lui fasse du mal.

«Aujourd’hui âgée de 19 ans, malgré son déficit intellectuel, elle s’exprime avec plus d’assurance et de calme. Elle arrive à transmettre à l’auditeur l’ampleur des conséquences des abus sexuels commis par l’accusé qui se sont inscrits dans un mode de vie d’hypersexualisation, d’abord par les parents aux méthodes éducatives déficientes, voire déviantes», a indiqué le juge.

Pour lui, il est clair que les abus de l’accusé ne sont pas uniques et isolés et encore moins accidentels. Le tribunal conclut même que les problèmes de l’accusé à l’époque (dépression majeure, alcoolisme et diagnostic de bipolarité), ne diminuent en rien sa responsabilité morale. Qui plus est, le risque de récidive ne peut être exclu. Quant aux facteurs atténuants, le juge estime qu’ils sont inexistants. L’empathie qu’il a pu manifester envers la victime dans son témoignage lui paraît plutôt technique.

Il a donc été condamné à 21 mois de prison sur les chefs de contacts sexuels et incitation à des contacts sexuels et à trois mois consécutifs pour agression sexuelle sur sa fille.