À toi, l’enfant que j’accueillerai

CHRONIQUE / Bienvenue chez moi... et chez toi!

À toi, l’enfant que j’accueillerai, que ce soit pour un mois ou pour la vie, j’aimerais te tendre la main pour qu’on construise un milieu de vie positif pour nous deux.

Je reviens tout juste de ma rencontre d’information du Centre de protection de l’enfance et de la jeunesse; nous étions une quarantaine à tâter la faisabilité de ce don de soi. J’en reviens hautement plus convaincu et fébrile. Et j’ai décidé de t’écrire.

Je suis là pour t’offrir ma bienveillance, tout simplement.

Que tu m’appelles papa ou pas, l’important, c’est que tu te sentes bien, que tu puisses t’épanouir autant que ta volonté te l’exprime, dans le milieu de vie qu’on va bâtir ensemble.

Je suis là pour t’aider et t’accompagner, au meilleur de ma personne. Et au meilleur des personnes qui m’entourent et qui embrasseront notre cause commune.

Je ne veux pas te surencadrer ou t’infantiliser; je veux te propulser. Je veux que tu chemines.

Si tu ressembles à la fillette martyre de Granby, je serai là, avec toute mon empathie, pour t’aider à te découvrir et à te reconstruire. Pour t’offrir une vie et oublier l’enfer.

Si tu es un ado au passé trouble, nous discuterons d’homme à homme pour trouver un terrain d’entente et de vie qui te permettra de passer à autre chose.

Si tu as des problématiques particulières, une légère déficience ou des cicatrices psychosociales, on travaillera ensemble, et avec les intervenants, pour cheminer là-dedans, dans le respect de tes limites et de ta vitesse. Je ne m’attends pas à un enfant parfait, rassure-toi.

On va s’adapter l’un à l’autre pour qu’on s’apporte chacun un petit quelque chose de plus, que ce soit un sentiment de sécurité ou une nouvelle passion commune.

On va communiquer; se parler et s’écouter.

Je veux être ton ami, ton partenaire. Je veux qu’on fasse équipe pour rendre cette aventure bénéfique et satisfaisante pour nous deux.

J’ai envie de donner, et je pense que le don de la bienveillance est la voie qui me correspond le plus. J’espère que ma force psychologique, ma maturité et mon ouverture d’esprit te serviront à te construire ton identité à toi.

Je me lance dans l’aventure de la famille d’accueil prêt à tout, prêt à m’adapter. Sans prétention et avec dignité.

C’est un pari immense, un saut dans le vide. J’embarque en pleine conscience de tout ça. Je serai responsable du bien-être d’un autre humain que moi pour une première fois. Ça donne le vertige, mais ça m’emballe encore plus.

Oui, j’ai un handicap physique, mais ça ne nuira pas à mes aptitudes parentales. Je n’oserais pas me lancer autrement. Ça va peut-être même être un atout, t’offrir une sensibilité et une ouverture plus prononcée. Je pense que cette dure épreuve de vie m’a rendu plus fort et plus lucide; et j’essaierai de t’en faire bénéficier.

Oui, je suis célibataire, mais ça changera peut-être, et cette conjointe deviendra aussi ton alliée; je ne lui en laisserai pas le choix. Sinon, notre bonheur me suffira pleinement.

Oui, je suis un professionnel à tendance workaholic, mais t’inquiètes, on va trouver un bon équilibre, et je ne te négligerai pas.

Je ne suis pas le Sauveur. Non, je n’ai pas cette ambition. Je suis là, tout simplement. Pour toi et pour moi.

Si tu n’es que de passage, j’ai le désir que tu repartes avec quelque chose de moi, une petite force discrète que tu auras dans ta manche.

Même si j’en suis déchiré, que je me suis attaché à toi, le retour chez tes parents biologiques, je l’accepterai et je vous souhaiterai le plus grand des succès.

Si on en vient à l’adoption, je serai fier d’être ton père et de te regarder grandir et t’accomplir.

En prime, tu auras Lionel, le bonheur sur quatre pattes, pour te faire sourire!

Je veux être là pour toi, comme tu seras là pour moi. Je veux qu’on partage. Nos virées, nos passions, nos goûts, nos projets.

Je vais m’occuper de toi comme si tu étais mon enfant biologique, tout en gardant en tête que tu n’es pas le mien.

Je t’encouragerai, te motiverai et te féliciterai.

Je te ferai confiance.

Je vais t’aimer, certes, mais en gardant en tête que mon rôle premier est d’agir pour ton bien-être et ton épanouissement.

Je veux semer du bonheur dans ta vie. De la sécurité et du confort.

Je veux être bienveillant, tout simplement.

Bienvenue chez toi!

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J'AI APPRIS QUE...

• Désormais, les parents biologiques ont un délai maximal pour démontrer leurs capacités à reprendre l’enfant. Ainsi, pour un enfant de 0 à 2 ans, ils disposent d’un délai d’un an (cumulatif) de placement en famille d’accueil. Pour les 2-5 ans, ils ont 18 mois avant que leur enfant soit hébergé jusqu’à majorité. Pour les 6 ans et plus, cette période est de deux ans.

• Les besoins actuels du Centre de protection de l’enfance et de la jeunesse se concentrent chez les 0-6 ans et les fratries.

• La différence entre une famille d’accueil régulière et une famille d’accueil banque mixte est la durée de placement et la probabilité d’adoption, lesquelles sont plus élevées en banque mixte.

• La rétribution pour le placement d’un enfant pour une année complète en famille d’accueil est d’au moins 23 151 $. Le maximum, pour une ressource qui recevrait quatre enfants à temps plein pendant un an, est de 90 488 $.

• La famille d’accueil recevra un montant pour sa chambre disponible, et ce, même si la place n’est pas occupée. C’est alors un pourcentage du montant.

• Un montant de 5 $ par jour est alloué pour couvrir les dépenses personnelles et les besoins du jeune.

• La famille d’accueil doit nommer un remplaçant compétent en cas d’absence.