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Les plus récents résultats d’une enquête internationale dirigée par l’Université de Sherbrooke révèlent que seulement 59 % des Canadiens souhaitent se faire vacciner contre la COVID-19, soit une baisse de presque 10 % depuis le mois de juin dernier.
Les plus récents résultats d’une enquête internationale dirigée par l’Université de Sherbrooke révèlent que seulement 59 % des Canadiens souhaitent se faire vacciner contre la COVID-19, soit une baisse de presque 10 % depuis le mois de juin dernier.

59 % des Canadiens envisagent de se faire vacciner

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
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Les Canadiens sont plus nombreux à se méfier du vaccin contre la COVID-19 qu’en juin dernier, révèlent les plus récents résultats d’une enquête internationale dirigée par l’Université de Sherbrooke. On y apprend que 59 % des Canadiens souhaitent se faire vacciner contre la COVID-19, soit une baisse de presque 10 % depuis le début de l'été dernier.

Comme le pourcentage de personnes qui ne souhaitent pas recevoir le vaccin contre la COVID-19 est resté stable (14,6 %), le transfert s’est plutôt effectué du côté des personnes indécises, où l’on note une hausse de 8,5 % entre juin (17,9 %) et novembre (26,4 %).

Cette tendance s’observe par ailleurs dans les sept autres pays ayant participé à l’enquête, soit les États-Unis, l’Angleterre, la Suisse, Honk Kong, les Philippines, la Nouvelle-Zélande ainsi que la Belgique.

« Un plan d’action doit être mis de l’avant pour renverser cette tendance et combattre la peur et la désinformation associées au vaccin contre la COVID-19 », indique Marie-Eve Carignan, instigatrice de l’enquête et professeure au département de communication de l’Université de Sherbrooke.

Théories du complot

En revanche, l’adhésion à diverses théories du complot est demeurée stable au Canada (23,5 %) ainsi qu’ailleurs dans le monde. Le sondage effectué auprès de 9000 personnes, dont 2000 Canadiens, invitait notamment les participants à indiquer leur niveau d’accord concernant cinq énoncés relatifs aux théories conspirationnistes et à la COVID-19.

« On peut émettre des hypothèses, mais nous ne savons pas exactement quelles sont les raisons qui ont fait migrer autant de personnes vers l’indécision face au vaccin, ajoute Mme Carignan. La circulation de fausses nouvelles voulant que le vaccin soit associé à une thérapie génique ou encore la rapidité du processus de création de ce dernier pourrait avoir un lien », avance celle qui est également directrice du Pôle médias de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violents.

Les résultats du sondage révèlent par ailleurs que les personnes qui démontrent une forte adhésion à l’indice conspirationniste sont plus nombreuses en novembre (6,9 %) qu’en juin (6,1 %). Le même phénomène est observé dans les autres pays sauf aux États-Unis où le pourcentage est resté stable à 16,8 %.

Marie-Eve Carignan, professeure à l’Université de Sherbrooke et directrice du Pôle médias de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l’extrêmisme violents.

Communication et transparence

La bonne nouvelle, selon Marie-Eve Carignan, se trouve du côté de la confiance qu’ont les Canadiens envers les experts en santé publique (90,4 %) et envers les autorités politiques (73,8 %) qui, elle, est restée stable.

« Plus les gens sont méfiants envers les autorités, plus ils ont tendance à adhérer à une vision complotiste », rappelle Mme Carignan.

« Le gouvernement aurait tout avantage à essayer d’adapter ses stratégies de communication pour aller rejoindre les personnes indécises et dont l’opinion semble en mouvance. Nous avons encore une marge pour les convaincre et leur décision est importante si l’on souhaite atteindre un certain niveau d’immunité collective face à la COVID-19. »


« L’éducation a toujours été mon combat et encore plus depuis le début de la pandémie. »
Marie-Eve Carignan

Rappelons que les scientifiques fixent à environ 70 % le taux de personnes vaccinées à atteindre pour parvenir à une immunité collective, soit le moment où une immunité naturelle est présente au sein d’une même population.

Pre Carignan croit également qu’en misant sur la transparence et sur l’éducation aux médias, le gouvernement peut renverser la vapeur.

« L’éducation a toujours été mon combat et encore plus depuis le début de la pandémie. Il faut vraiment améliorer et renforcer l’éducation à la littératie numérique pour que les gens comprennent d’où vient l’information, mais aussi qu’ils comprennent ce qui distingue un journaliste d’un influenceur sur le web », mentionne-t-elle.

« En ayant toute l’information en main, les gens pourront prendre des décisions qui leur conviennent. Quand l’information est transparente, inévitablement, ça joue sur la confiance », estime Marie-Eve Carignan.