Denise Ouellet ne veut pas blâmer la direction du Manoir Champlain pour le décès de sa mère, Marie-Rose Gauthier, mais cherche une solution pour éviter que ça se reproduise.

36 heures sur son balcon à 93 ans

Une triste histoire s’est déroulée dans une résidence privée de Saguenay, alors que Marie-Rose Gauthier, 93 ans, est demeurée plus de 36 heures sur son balcon avant que les autorités de la résidence ne s’inquiètent de son absence. Au moment où elle a été retrouvée, la dame était encore en vie, mais déshydratée et en hypothermie. Elle est décédée quelques heures après son arrivée à l’hôpital de Chicoutimi.

Les membres de la famille n’ont pas l’intention de jeter la pierre au personnel et aux dirigeants du Manoir Champlain, là où vivait la dame. Ils souhaitent plutôt que l’on trouve des solutions pour éviter que ça se reproduise.

Les événements sont survenus le 23 juin. La dame, qui habitait au 4e étage, a été retrouvée le 25 juin en état d’hypothermie et de déshydratation. Elle a été conduite au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de Chicoutimi et a rendu l’âme trois jours plus tard.

Pourtant, rien ne laissait présager une fin aussi triste. Le dimanche 23 juin, la dame avait reçu la visite de l’un de ses enfants dans la journée et l’appel d’un autre proche.

Selon toutes vraisemblances, la nonagénaire était à préparer son repas du souper, lorsqu’elle serait sortie sur le balcon de sa chambre. Elle y serait tombée en fin d’après-midi le dimanche 23 juin. Elle a vécu deux nuits assez fraîches pour une dame de son âge, soit les 23 et 24 juin où le mercure a atteint les 8 et 10 degrés.

La dame habitait au 4e étage de la résidence pour personnes âgées.

Elle aura passé 36 heures sur le sol avant qu’une personne s’inquiète de son absence à la résidence de personnes âgées située au centre-ville de Chicoutimi.

En fait, il aura fallu l’appel d’un membre de la famille, inquiète de ne pas avoir de nouvelles depuis quelques heures, pour qu’un préposé se rende à la chambre et retrouve la vieille dame.

« Maintenant que ma mamie est partie, sachez qu’elle n’est pas morte de vieillesse dans son sommeil comme je l’ai toujours imaginé. Dimanche soir (23 juin), elle est tombée sur le balcon et elle a été retrouvée le mardi suivant, soit 36 heures plus tard, par des proches qui se sont inquiétés et qui ont appelé pour demander au personnel du centre d’aller vérifier ! », a écrit la petite-fille de la dame, Josée Ouellet, sur Facebook.

Marie-Rose Gauthier a passé 36 heures sur son balcon avant d’être retrouvée.

« Ma grand-mère était en hypothermie et déshydratée et à son arrivée à l’hôpital, elle a sombré dans un profond coma. Elle a rendu son dernier souffle dans mes bras et ceux de son fils le vendredi suivant. C’est maintenant dans les mains du coroner et sachez que notre famille va tout faire pour que les choses changent et que d’autres ne subissent pas le même sort. Repose en paix mamie », conclut Josée Ouellet.

Mardi, Denise Ouellet, l’une des filles de la défunte, a voulu lancer un message afin d’éviter que des tristes événements comme celui de la mère de Gilles Duceppe et de Mme Gauthier ne se reproduisent.

« Nous ne voulons pas lancer la pierre au personnel et à la direction du Manoir Champlain. Notre mère était bien dans cette résidence. »

« Ce que nous voulons, c’est s’assurer que nos parents pourront se sentir en sécurité. Il suffirait d’un petit coucou chaque jour pour s’assurer que tout va bien. Le contact humain, c’est ce que ça prend. Nous voulons que ça change pour éviter que cela se reproduise. Nous voulons que nos parents puissent être en sécurité. Je crois qu’il faut revoir la notion de l’autonomie. Elle n’est pas la même à 50, 60 ans et à plus de 90 ans », reprend Denise Ouellet.

Manoir Champlain

Celle-ci est bien consciente que sa mère n’était pas une jeunesse du printemps. La famille se doutait bien qu’elle partirait éventuellement, mais pas de cette manière.

« C’est vrai. Mais pas comme ça. Si ça n’avait été de cette triste histoire, maman serait encore avec nous », d’ajouter Mme Ouellet.

+ LA DIRECTION DU MANOIR ATTRISTÉE

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, la directrice des soins infirmiers et du personnel du Manoir Champlain, Nathalie Boivin, s’est dite attristée par les événements et que c’était un malheureux concours de circonstances. 

Elle a souligné que la dame avait refusé de déménager dans un appartement supervisé, qu’elle avait annulé son système de surveillance téléphonique sans avertir la résidence ou sa famille, et qu’elle avait même refusé de porter son bracelet téléavertisseur. 

« On ne peut pas faire plus. C’est dans une résidence de personnes retraitées autonomes et, nous, on essaie de leur donner le plus de choix possible pour leur sécurité, mais vous savez qu’on ne peut pas les obliger », a-t-elle révélé.

Elle promet que le Manoir Champlain respectera les recommandations du coroner. Myriam Arsenault