1,2 M$ de Québec pour atténuer la crise du bleuet

Québec met en place des mesures totalisant 1,2 million $ pour aider les producteurs de bleuets à faire face à la chute de prix qui perdure depuis 2016. Une crise attribuée à l’explosion de la production mondiale, qui a triplé en quelques années.

Les producteurs pourront recevoir dès maintenant une subvention allant jusqu’à 2000 $ pour l’installation de ruches. Québec bonifie également l’aide financière dédiée à l’utilisation des services-conseils en vue d’améliorer les performances des entreprises de bleuets sauvages.

«On le sait, les producteurs traversent une période difficile. La mesure pour appuyer la pollinisation (ruches) avait été demandée, et on l’a créée. On croit que ces mesures vont aider les producteurs à mieux démarrer leur saison», a exprimé le premier ministre Philippe Couillard, dans une entrevue accordée au Quotidien. 

Pour l’Union des producteurs agricoles (UPA), ces mesures ne seront sans doute pas suffisantes pour freiner la crise. Il y a quelques jours, le président de l’UPA, Marcel Groleau, avait plutôt pointé du doigt les transformateurs comme l’une des causes de la crise. Les producteurs, précisons-le, ont l’obligation de vendre leurs bleuets aux transformateurs de la région, selon une convention signée il y a plusieurs années. Les transformateurs en profiteraient pour fixer de bas prix et ainsi s’enrichir au détriment des petits producteurs, dénoncent depuis longtemps des agriculteurs jeannois. 

Une analyse que ne semble pas partager le premier ministre, attribuant la baisse du prix à l’augmentation de l’offre mondiale.

«Il faut faire attention et ne pas créer d’opposition. Il s’agit d’une crise structurelle causée par la faiblesse persistante du prix mondial du bleuet. Ce qu’on essaie de faire, c’est de jouer sur deux éléments essentiels, soit baisser les coûts de production et augmenter la productivité. Si on veut que notre industrie demeure forte dans ce marché mondial, les producteurs doivent baisser les coûts au maximum et augmenter leur productivité», a insisté le député de Roberval. 

Une modernisation plus facile à réaliser pour les grands producteurs ? Pas nécessairement, croit le premier ministre, invitant les petits à se regrouper, comme le conseille le syndicat.

«C’est en se regroupant, en mettant en commun leurs ressources que les plus petits vont réussir. Mais les deux mesures qu’on annonce vont aussi certainement les aider.»

En novembre dernier, une table de travail réunissant des représentants du MAPAQ, de la Financière agricole et du Syndicat des producteurs de bleuets du Québec a été mise en place pour trouver des solutions pour éviter une troisième année de vache maigre. Cette table existe toujours, confirme le premier ministre, et de nouvelles initiatives pourraient être annoncées dans les prochaines semaines. Plus récemment, la Financière agricole a bonifié la couverture offerte et réduit la tarification au programme d’assurance récolte pour les producteurs de bleuets, et ce, à compter de l’année d’assurance 2018.