Deux mystérieux conteneurs aux couleurs du Festival du cinéma de la Ville de Québec trônent depuis mardi sur la 3e Avenue à Limoilou et derrière l'espace 400e.

Le féminin l'emporte au Festival de cinéma de la ville de Québec

Le Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ) se féminise. Dorénavant, et dans une optique de «gros bon sens», le genre féminin l'emportera dans les documents internes et publics de l'événement afin de représenter plus fidèlement sa clientèle, principalement féminine.
La réflexion s'est d'abord amorcée «parce qu'on était paresseux», raconte Ian Gailer, directeur général du FCVQ. L'équipe était tannée des formules lourdes employant les deux genres. «Ça nous a amenés à réfléchir», dit-il. 
À la tête d'un festival dont les deux tiers de la clientèle est féminine, M. Gailer et son équipe ont vu cette transition comme le choix logique. «Pourquoi le masculin l'emporterait s'il y a plus de filles? [...] On n'a pas réfléchi plus que de se dire : c'est le gros bon sens et on doit le faire, c'est important», ajoute celui qui s'est dit «surpris» de l'attention accordée par Le Soleil à cette décision.
En pleine croissance, le Festival de cinéma de la ville de Québec est actuellement à concevoir politiques, procédures et protocoles, des documents internes qui prioriseront dorénavant le genre féminin. Mais dès cet été, les mêmes règles devraient s'appliquer aux publicités et aux communiqués de presse publiés en prévision du festival, qui se tient en septembre.
«C'est clair qu'on va en oublier plein, parce qu'on est conditionné [pour masculiniser], mais on va essayer de féminiser le plus possible. Et on invite les gens à nous chicaner quand on ne le fait pas», précise Ian Gailer. De la parole aux gestes, il se réjouit d'ailleurs que des cinéphiles aient rapidement fait remarquer à l'équipe du FCVQ l'emploi du genre masculin dans sa publication Facebook (bit.ly/2kCTUIJ) - on peut y lire «Procédure employés» - annonçant son passage à l'utilisation du genre féminin. 
«Dans l'air du temps»
Jusqu'où ira l'organisation du FCVQ dans son désir de rendre à la femme la place qui lui revient? C'est une question que se pose actuellement Ian Gailer bien que ce genre de décision soit, à ses yeux, «dans l'air du temps». 
«Si on parle de festivalières, est-ce que les gens vont se sentir informés? Est-ce que monsieur et madame Tout-le-monde vont se sentir concernés? Est-ce qu'on va penser que c'est un festival de filles? Pourtant, quand on dit festivalier, on ne pense pas que c'est un festival de gars. Est-ce que ça va avoir un impact sur nos ventes? C'est à réfléchir, parce que, clairement, on a un conditionnement.»