«Le drapeau flottera pour la durée des olympiques», confirme-t-on à la Ville de Québec.

Le drapeau de la communauté gaie à l'hôtel de ville de Québec

Le drapeau arc-en-ciel, symbole de la communauté gaie, flottera à l'hôtel de ville de Québec pour la durée des Jeux olympiques de Sotchi. La «moindre des choses» pour dénoncer une loi antihomosexuels adoptée en Russie, selon Régis Labeaume. Une loi «ridicule» qui donne l'impression de «reculer de 50 ans», dit-il.
La Ville de Québec n'a pas perdu de temps jeudi matin pour emboîter le pas à Montréal et à son maire, Denis Coderre.
En matinée, M. Coderre a annoncé sa décision sur Twitter. «Je ferai flotter le drapeau arc-en-ciel à HDV en guise de protestation contre loi homophobe russe pendant les JO de Sotchi», a-t-il écrit.
«Je vais reprendre les mots de Denis [Coderre] et dire qu'on est contre ces lois homophobes et rétrogrades qui existent en Russie. On a l'impression qu'on recule de 50 ans, c'est tellement ridicule», a dit Régis Labeaume dont la décision a aussi été saluée par la ministre responsable de la région de Québec, Agnès Maltais.
«J'ai parlé à Agnès Maltais qui, pour des raisons évidentes, a de l'intérêt là-dedans», a dit M. Labeaume à propos de la ministre ouvertement lesbienne.
Saint-Jean, à Terre-Neuve, a été la première ville canadienne à hisser un drapeau arc-en-ciel plus tôt cette semaine. Le maire Dennis O'Keefe et les élus du conseil municipal ont été interpellés par le directeur d'un magazine pour la communauté gaie, Josh Eddy.
Même scénario à Québec alors que la demande est venue du directeur général de l'organisme GLBT Québec/Lutte à l'homophobie, Olivier Poulin (voir encadré).
«On n'a pas hésité, a poursuivi Régis Labeaume. Et on est très fiers de le faire.»
En juin 2013, le président russe Vladimir Poutine a fait adopter une loi rendant passible d'une amende, de prison ou d'expulsion du pays tout acte de «propagande homosexuelle». Le mois dernier, M. Poutine a maladroitement tenté de nuancer sa loi et sa notion de «propagande» qui interdit de parler d'homosexualité aux mineurs. Il a ainsi assuré que les athlètes ou les touristes gais à Sotchi «peuvent se sentir à l'aise, mais qu'ils laissent les enfants tranquilles».
Olivier Poulin a salué jeudi le fait que la Ville de Québec ait répondu aussi rapidement à sa proposition pour poser ce «geste de solidarité» envers toutes les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenre de Russie «dont les droits fondamentaux sont bafoués par le gouvernement Poutine».
En fin de journée jeudi, M. Poulin se réjouissait de voir l'adhésion du public après que les premiers articles sur l'annonce aient paru en ligne et soient positivement commentés sur les réseaux sociaux.
«Je suis surpris de voir à quel point les gens s'enthousiasment pour ce geste symbolique», a-t-il dit tout en demeurant réaliste sur la véritable portée d'un tel geste sur le quotidien des gais en Russie.
«C'est ça qui est fou dans cette loi. Elle vient légitimer les extrémistes. Le gouvernement Poutine pourrait ne pas être à l'avant-garde des droits humains, c'est une chose. Mais là, il vient comme attiser la haine», déplore-t-il.
Son plus grand souhait? «Qu'un athlète québécois ou canadien pose un geste symbolique sur place, à Sotchi. Ce serait susceptible d'avoir plus d'impact qu'un drapeau.»
<p>Vers 11h30, jeudi, le drapeau coloré flottait devant l'hôtel de ville de Québec.</p>
De Twitter jusqu'au mât
L'arrivée d'un drapeau arc-en-ciel au sommet d'un mât devant l'hôtel de ville de Québec a été le résultat d'une rapide réaction en chaîne. Tout a commencé avec une affirmation du maire de Montréal, Denis Coderre, sur le site Twitter. Il y annonce qu'il fera hisser ce symbole de la communauté gaie à l'hôtel de ville. Le directeur général de l'organisme GLBT Québec/Lutte à l'homophobie, Olivier Poulin, ne fait ni une ni deux et joint l'attaché de presse du maire Régis Labeaume pour demander à ce que la Ville de Québec pose aussi ce geste.
«J'ai contacté Paul-Christian [Nolin] et ça a cheminé rapidement», a-t-il relaté en entrevue jeudi. Pour le maire Régis Labeaume, il n'était pas question d'hésiter. «Quand Paul-Christian m'a appelé ce matin, j'ai dit oui oui, on y va! Même qu'on aurait peut-être dû y penser nous autres mêmes», a-t-il laissé tomber.
Vers 11h30, le drapeau coloré flottait déjà devant l'hôtel de ville.