La ministre des Finances Chrystia Freeland    
La ministre des Finances Chrystia Freeland    

Le discours du Trône signale une nouvelle approche pour les services de garde

Jordan Press
La Presse Canadienne
OTTAWA - La ministre fédérale des Finances, Chrystia Freeland, a épaté la galerie lors d’une récente rencontre avec des experts en matière de services de garde.

Pendant des années, les partisans d’une plus grande implication fédérale dans ce secteur régi par les provinces ont été habitués à des questions sur le financement et sur la nécessité des garderies pour permettre aux parents de travailler.

Chrystia Freeland a bien abordé ces sujets, mais elle a ensuite soulevé des questions sur les premiers concernés: les enfants eux-mêmes.

Elle s’est intéressée à ce qui contribue à une expérience de qualité pour les tout-petits, comme l’espace et les éducatrices, et pas seulement à l’argent, selon ce que rapporte une source anonyme qui était présente lors de cette rencontre privée.

Ce moment offre un aperçu de l’approche des libéraux quant au rôle du fédéral face aux différents systèmes provinciaux de services de garde.

Dans le discours du Trône, mercredi, le gouvernement de Justin Trudeau a promis un investissement substantiel, soutenu et à long terme pour mettre sur pied un tel système à l’échelle du pays.

Il laissait entendre que ce système s’inspirerait du modèle subventionné du Québec, sans fournir plus de détails sur la manière qu’il verrait le jour ni sur les coûts associés.

Dans un rapport présenté plus tôt ce mois-ci, les économistes de la Banque Scotia Jean-François Perrault et Rebekah Young ont évalué que la création d’un équivalent pancanadien du programme québécois coûterait environ 11,5 milliards $ par année. Selon leur analyse, les coffres fédéraux pourraient engranger des milliards de dollars en nouvelles recettes fiscales, ce qui compenserait une partie de la facture grâce à un plus haut taux d’emploi chez les femmes en particulier.

Ces questions s’inscrivent dans des discussions beaucoup plus larges qui se poursuivent au sein du cabinet de Mme Freeland depuis qu’elle a accédé au poste de ministre des Finances en août dernier.

«Pour la première fois, le gouvernement fédéral démontre vraiment une solide compréhension du fait qu’il n’y a pas de solution miracle ici», relève Monica Lysack, une experte en éducation à la petite enfance du Sheridan College en Ontario.

Mme Freeland et d’autres ministres fédérales voulaient faire de la garde d’enfants une priorité avant même l’avènement de la pandémie de COVID-19.

Karina Gould, Carolyn Bennett et Maryam Monsef comptent parmi celles qui se sont entretenues avec des militants et des experts de longue date pour saisir les complexités d’une éventuelle politique fédérale en ce sens. Carla Qualtrough, Patty Hajdu et Mary Ng ont depuis rejoint leurs rangs.

Tout comme d’autres membres du cabinet, elles feront probablement l’objet de pressions alors que le gouvernement ficelle sa proposition à l’approche de la mise à jour économique promise cet automne, qui esquissera la marche à suivre.