La Haute-Gaspésie n'est pas à l'abri de éviter une situation d'enclavement comme celle vécue de vendredi à dimanche à La Martre et Marsoui.

Le député de Gaspé veut protéger la route 132

Le député de Gaspé à l'Assemblée nationale, Gaétan Lelièvre, veut réunir le plus tôt possible en janvier les ministères et les municipalités de sa circonscription concernés par les débordements de la mer afin d'éviter une situation d'enclavement, comme celle vécue de vendredi à dimanche à La Martre et Marsoui.
À cette nécessité d'atténuer à court terme d'éventuels problèmes semblables, M. Lelièvre juxtapose une nécessaire réflexion à moyen et long termes sur les diverses façons d'assurer l'avenir de la route 132 sur la portion de près de 70 kilomètres bordant le golfe Saint-Laurent à quelques mètres près. Cette portion a subi de violents assauts et de coûteux dommages entre Sainte-Anne-des-Monts et L'Anse-Pleureuse depuis 2010.
«Je veux réunir dès janvier les ministères des Transports, de la Sécurité civile, des Affaires municipales, de la Santé, la MRC de La Haute-Gaspésie et les municipalités. À court terme, il faut faire un état de situation, un retour sur l'événement, avoir des alternatives quand la route est endommagée comme la semaine dernière. Du ministère de la Santé, il faut s'attendre à l'utilisation d'un hélicoptère en cas d'évacuation venant d'une urgence médicale, si des citoyens sont enclavés», précise le député de Gaspé.
Entre Sainte-Anne-des-Monts et L'Anse-Pleureuse, la route 132 constitue la seule route praticable à longueur d'année.
«Il y a toutefois des chemins forestiers, des rangs, ouverts seulement du printemps à l'automne. Certaines de ces routes secondaires doivent être reprofilées pour le passage de véhicules plus gros. On passe aussi sur des chemins privés dans certains cas. Une chose est certaine; il faut impliquer le milieu. Ma job, c'est de coordonner les prochaines étapes, assurer que les gens vont se parler», explique M. Lelièvre.
Les changements climatiques mènent invariablement vers l'intensification des tempêtes comme celle du 15 décembre, en amplitude physique, en ce qui a trait à la hauteur des vagues et du niveau de la mer, et dans le temps, puisqu'elles surviennent plus souvent. Le député de Gaspé accorde une importance au moins égale à ces aspects relevant du moyen et du long terme.
«Quel est l'avenir de la route 132, dans 10 ans, dans 20 ans? Ça [la situation attribuable aux changements climatiques] ne s'améliorera pas. Du côté nord de la Gaspésie, il n'y a pas d'autres moyens de communication. Le train n'y passe pas, et il n'y a pas de service aérien. La route, c'est vital», dit-il
Une route nationale
M. Lelièvre souligne que la facture pour protéger la route 132, en reconstruire des bouts ou en déménager des sections coûtera des dizaines de millions de dollars, qu'on s'en tienne à des méthodes conventionnelles, ou qu'on adopte de nouvelles techniques, comme celles préconisées par des chercheurs, comme ceux du groupe Ouranos.
«C'est un million par kilomètre, et on a plusieurs dizaines de kilomètres à protéger», souligne-t-il. L'enrochement pur et simple afin de protéger le mur adjacent à la route 132 «est une solution de moins en moins valable».
La fermeture de villages n'est pas envisageable pour Gaétan Lelièvre, qui sait que des gens vont soulever cette éventualité. «Quand on décide de remplacer l'échangeur Turcot à Montréal au coût de quelques milliards de dollars, personne ne pose la question. On le fait [...] Ici, on ne parle pas seulement d'une route entre deux communautés; on parle de la route nationale, qui se rend vers Grande-Vallée, vers Gaspé. Elle doit rester», conclut-il.