Le défi d’enfouir les lignes à haute tension de l’île d’Orléans

La ministre de la Capitale-Nationale Geneviève Guilbault ne sait pas s’il est techniquement «possible» d’enfouir sous le fleuve Saint-Laurent les lignes électriques de haute tension qui passent sur l’île d’Orléans.

Cette idée, évoquée par le premier ministre François Legault dans son discours inaugural, représenterait une première pour Hydro-Québec. La société d’État n’a jamais fait passer une ligne électrique aussi puissante, — 735 000 volts de courant alternatif —, sous terre.

Mais la Coalition avenir Québec (CAQ) veut profiter de la construction d’un troisième lien routier entre Québec et Lévis pour faire disparaître les gros pylônes électriques du paysage de l’île d’Orléans. «C’est quelque chose qu’on pourrait à tout le moins évaluer, envisager, étudier», indique Mme Guilbault.

Son gouvernement se fait toutefois prudent à l’heure actuelle et n’en fait pas une promesse. «On s’engage à évaluer la possibilité de le faire», précise Mme Guilbault, consciente du défi technique qui est posé. «À la question : est-ce que c’est possible? Il est trop tôt pour moi pour répondre.»

Chez Hydro-Québec, les ingénieurs ont commencé à travailler sur ce scénario dès que le premier ministre l’a évoqué. «On va donner suite à la demande du premier ministre et on va lui revenir avec nos conclusions», indique Maxence Huard-Lefebvre, conseiller aux affaires publiques chez Hydro-Québec.

La société d’État veut évaluer la faisabilité et les coûts d’un tel enfouissement «le plus rapidement possible». Mais elle n’a pas de solution toute prête à présenter au gouvernement. «C’est un défi technique, c’est clair. Mais il ne faut pas oublier qu’on a relevé de nombreux défis par le passé», indique M. Huard-Lefebvre.

Par exemple, c’est Hydro-Québec qui a littéralement «inventé» les lignes électriques de 735 000 volts dans les années 1960. Le plus grand défi dans l’enfouissement de ces lignes de haute tension, c’est de les isoler. Lorsqu’elles sont installées sur des pylônes, c’est l’air ambiant qui sert d’isolant, alors qu’il faudrait prévoir beaucoup de matériel isolant pour les enfouir.

La CAQ est déterminée à construire un troisième lien dans l’est de Québec. Quant à savoir si le nouveau pont de l’île d’Orléans pourrait devenir une partie de ce troisième lien, la ministre Guilbault reste évasive. «Tous les scénarios sont ouverts.»