Le défi de la sécurité alimentaire, toujours criant dans Saint-Roch [VIDÉO]

Anne-Sophie Poiré
Anne-Sophie Poiré
Le Soleil
La sécurité alimentaire est un enjeu prioritaire pour le quartier Saint-Roch à Québec, où près de 40 % des habitants vivent en situation de vulnérabilité sociale. En misant sur l’autonomisation, le projet Du potager à l’assiette : un réseau solidaire pour Saint-Roch, lancé mardi, vise à offrir un système alimentaire de proximité, autant géographique que relationnelle.

À la suite d’un sondage sur les priorités de quartier, à des observations autour du frigo sur le parvis de l’Église Saint-Roch, et à l’achalandage dans les services d’aide alimentaire, le CIUSSS de la Capitale-Nationale et la table de quartier l’Engrenage organisaient, à l’hiver 2017, un petit comité qui allait se pencher sur cet enjeu.

Entre production, transformation et distribution, Du potager à l’assiette table sur l’autonomisation grâce à «un système alimentaire de proximité plus équitable, accessible et durable», pour tous les citoyens qui habitent ou fréquentent le quartier. 

Quatorze organismes œuvrent dans le domaine de l’aide alimentaire dans le quartier Saint-Roch. Sur les 7800 habitants, dont le quart ont un revenu annuel inférieur à 10 000 $, «on imagine que 3000 personnes pourraient potentiellement profiter de ce projet pour avoir accès à des aliments frais à un prix juste,» explique Olivier Martin, directeur, soutien à la famille et la communauté des YMCA du Québec pour la région de la Capitale-Nationale.

Parmi les initiatives : la formation des citoyens en agriculture urbaine en partenariat avec Les Urbainculteurs entre autre, la création d’un plateau de travail de transformation alimentaire en collaboration avec les cuisines collectives ou les soupes populaires, et la mise sur pied d’un marché solidaire qui se déplacera vers les communautés. 

«Il vaut mieux apprendre à pêcher que donner du poisson, illustre-t-il. Tous les maillons de la sécurité alimentaire sont interpellés.» Une vingtaine de citoyens était de la table de concertation en sécurité alimentaire de Saint-Roch. «Ils ont été impliqués dans le projet dès le départ», précise M. Martin. 

Proximité à faible coût

Malgré une certaine baisse de l’approvisionnement des banques alimentaires, selon Moisson Québec, qui était également de la table de concertation, l’organisation note «une reprise» depuis le lancement du Programme de Récupération en supermarchés, orchestré par le réseau des Banques alimentaires du Québec.  

La viande est plus accessible depuis, mais le défi demeure la variété et la fraîcheur des produits.

«Les épiceries bon marché sont généralement situées à l’extérieur des centres, fait valoir M. Martin. Il faut diminuer les obstacles à une alimentation saine et diversifiée.»

Pour y arriver, la direction de la Santé publique de la Capitale nationale offre un soutien financier de 55 000 $ par année pour cinq ans au projet. Il en coûtera toutefois entre 75 000 et 100 000 $. «Le YMCA va soutenir financièrement, mais nous sommes toujours à la recherche active de financement», indique M. Martin.

Ottawa annonçait en juin sa nouvelle politique alimentaire pour le Canada. Le gouvernement fédéral y propose le Fonds des infrastructures alimentaires locales, financé à raison de 50 millions pour cinq ans. Le projet Du potager à l’assiette compte bien déposer une demande pour l’une des enveloppes de 25 000 $. 

Les YMCA du Québec représentent le comité de suivi de la démarche en sécurité alimentaire du quartier Saint-Roch.