Le mythique bar le D'Auteuil se trouvait sur la rue du même nom, dans le Vieux-Québec.

Le D'Auteuil renaîtra dans la salle de spectacle du Cercle

Dix-sept ans après sa fermeture, le bar-spectacles Le D’Auteuil renaîtra de ses cendres en juin dans la salle de spectacles du Cercle.

Et le concept sera le même. Des spectacles «350 soirs par année», promet le patron de l’endroit, André Gagné. Ce dernier avait vendu Le D’Auteuil, situé sur la rue du même nom, en avril 1998.

On connaît la suite de l’histoire, l’effondrement d’une bonne partie de la façade de l’édifice en juillet 2001 mettait officiellement un terme aux activités.

«Ça fait 20 ans que je prépare ce moment. C’était une longue pause. J’ai encore la pancarte de l’établissement et je vais l’installer», indique au Soleil M. Gagné, qui caressait ce rêve depuis des années. Il promet de faire «revivre la magie et l’ambiance de l’époque».

En 2007, il avait d’ailleurs tenté de relancer le projet dans le secteur de Sainte-Foy. Celui qui a longtemps été à la tête de Woodstock en Beauce avait acheté un ancien entrepôt situé près des ponts, mais en vain. En 2009, il avait tenté de nouveau sa chance pour convertir un bâtiment.

L’homme d’affaires de 51 ans, qui travaille dans une mine d’or en Afrique, s’est associé avec Martin Tardif, copropriétaire du bar le Quartier de lune, à Limoilou, et Robert Hakim, lui aussi bien connu dans le milieu du spectacle, pour réaliser son projet.

La transaction pour l’achat de la salle de spectacle située sur la rue Saint-Joseph a été réalisée jeudi. Le montant n’a pas été dévoilé.

L’affiche de la programmation d’octobre 1993 au D’Auteuil

À l’image de l’ancien bar-spectacles

Ça fait trois mois, soit depuis la fermeture du Cercle le 26 décembre, que M. Gagné cogite avec ses associés sur ce projet. La salle sera rénovée à l’image du D’Auteuil. Les propriétaires visent entre 500 et 600 places. 

«Avec le Quartier de lune, nous allons pouvoir présenter plusieurs spectacles. On va travailler en partenariat. Les gros groupes vont venir chez nous», explique-t-il. 

«Le D’Auteuil, c’est une salle. Il va y avoir du reggae, du punk, du rock, du classique... Au départ, il va y avoir sept à neuf soirs de musiques différents avec de bons noms», énumère-t-il, espérant pouvoir ramener certains employés de l’époque. «On veut que les gens se souviennent de l’ambiance du D’Auteuil.»

Afin d’occuper au maximum l’espace, le jour, le patron prévoit louer la salle, par exemple, pour des conférences. Et pour donner l’accès le plus possible à ses spectacles, M. Gagné travaille actuellement sur un projet de diffusion à grande échelle.

«Ce qu’on va faire, cela n’existe pas encore. Cela va être la salle la plus multimédia au Québec. On veut que les gens puissent acheter des shows de leur maison et l’écouter à la télévision», avance le spécialiste des spectacles en direct de l’Afrique. «La communauté de spectacles a rajeuni, mais je vais avoir la même attitude. Je vais travailler avec tout le monde. Je veux aider le développement de la musique. C’est pour cette raison que je fais ce geste. Cela va être une belle histoire. C’est un produit différent», ajoute, fébrile, l’amateur de musique.

Au début du mois de mars, on apprenait que la chaîne Shaker Cuisine et Mixologie allait s’installer dans l’ancien local du restaurant Le Cercle. L’ouverture est prévue pour juin. Il n’y aura donc pas de nourriture au D’Auteuil.

À l’époque, Le D’Auteuil a accueilli dans ses murs des groupes et des chanteurs comme Jean Leloup, Michel Pagliaro, Vilain Pingouin, Sarah McLachlan, Blue Rodeo et Tea Party. «Lorsque j’ai acheté l’établissement à 22 ans, nous avions 300 000 $ de chiffre d’affaires. À la fin, nous faisions 4 millions $. Nous avons réalisé plus de 4000 spectacles», conclut-il.