Le maire Labeaume lors du lancement de l'Ampli en 2010.

Le couperet tombe sur l'Ampli de Québec

L'Ampli de Québec, le centre de développement des artistes de la relève de la capitale, encaisse une coupe de 62 000 $ à la suite du retrait du soutien d'Emploi-Québec. Quelques dizaines d'élèves et les quatre profs à temps partiel sont touchés par la disparition du programme de gestion de carrière artistique.
«Le couperet est tombé! Encore une fois, c'est la culture qui écope», regrette la coordonnatrice de L'Ampli, Julie C. Paradis, amère. «On est heureux, quand il y a des missions gouvernementales, de voir que la culture est mise à l'honneur, que ça représente un pays, une nation. Mais quand il s'agit de la soutenir financièrement que ce soit par de la formation ou des programmes de soutien à la recherche, le bât blesse un peu, disons.»
«Ils viennent de se désengager complètement Emploi-Québec.» Un trou dans le budget de l'organisation sans but lucratif qui annonce la fin de ce cursus offert à des artistes qui souhaitent apprendre comment faire la promotion de leur carrière, gérer leurs finances, offrir un produit plus léché...
«À Emploi-Québec, ils soutiennent de moins en moins la formation parce qu'ils veulent que les gens se mettent en action, en emploi, le plus rapidement possible. Donc, nous, ça nous touche directement», déplore Mme Paradis. «On a l'impression d'avoir perdu une bataille qui est quand même assez importante parce que c'est comme si on ne reconnaissait pas le droit aux gens de se former en tant qu'artiste. La réalité, [c'est] que les artistes, même des grands artistes, vont avoir un travail alimentaire à côté de leur pratique.»
«À Emploi-Québec, ils ont décidé de couper ce soutien parce qu'ils ne voient pas de rendement économique lié à ça. Pour vous donner un bel exemple, si un artiste gagne sa vie en tant que cuisinier, Emploi-Québec va privilégier le métier de cuisinier plutôt que le métier d'artiste», expose-t-elle. «Les artistes, souvent, on ne rentre pas dans les petites cases.»
Pas les résultats attendus
Le financement gouvernemental a effectivement été retiré, confirme le conseiller en communication du ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Lefebvre. «C'est un projet qui, au cours des dernières années, n'a pas donné les résultats attendus. Et c'est un projet de formation qui n'est pas lié aux domaines d'emploi qui sont très en demande dans la région de Québec.»
Dans un contexte de rigueur budgétaire, la pertinence de la subvention a donc été réévaluée, fait-il valoir. Emploi-Québec vise «l'insertion» ou la «réinsertion» durable des participants sur le marché du travail. Après une dizaine d'années de formation en gestion de carrière artistique, dont cinq à L'Ampli, on a retiré le soutien parce que peu des élèves deviennent à temps plein des travailleurs artistiques ou des employés du secteur culturel.
Reste toujours la possibilité qu'un généreux subventionnaire se pointe pour éponger la perte de quelque 62 000 $ sur le budget de 100 000 $ de cette formation. L'autre partenaire important de ce programme, le Centre Louis-Jolliet, serait toujours dans le coup.
L'Ampli de Québec est un projet du Carrefour jeunesse-emploi de la Capitale-Nationale. Il est né en 2010 à la suite d'une visite du maire de Québec à Bordeaux, dans l'Hexagone. Il y avait visité la Rock School Barbey, un incubateur français pour les artistes de la relève. La Ville verse autour de 830 000 $ tous les trois ans à l'organisme installé au 240, rue Saint-Joseph Est.
L'objectif de L'Ampli est de retenir à Québec les jeunes artistes attirés par Montréal et de les soutenir. Il ne s'agit pas d'une école de musique. Il s'agit plutôt d'un centre pour les auteurs, les compositeurs et les interprètes qui veulent apprendre les rouages du métier. On leur offre également des locaux de pratique et un studio à petit prix.
La cuvée 2014 du volet professionnel de L'Ampli sera en spectacle durant le Festival d'été, le 13 juillet à la place D'Youville.