Afin d’appuyer son expansion à l’international et aussi à travers l’Ouest canadien, Le Corsaire s’est dernièrement inscrit au Registre des lobbyistes pour dénicher un prêt ou une subvention.

Le Corsaire débarque en Europe

Le Corsaire prendra la mer en 2018 pour fêter ses 10 ans. Cap sur l’Europe et les États-Unis.

Il s’agira des premières expansions à l’extérieur du Canada pour la microbrasserie de Lévis. D’ailleurs, les cinq cuves permettant de faire passer la production de l’établissement de 3000 à 10 000 hectolitres annuellement — un investissement avoisinant les 200 000 $ — sont commandées pour l’usine de la Rive-Sud. 

L’idée de partir à la conquête du marché européen germait depuis plusieurs années dans la tête du capitaine, Martin Vaillancourt.

L’objectif de la direction est d’offrir aux Français et aux Anglais de l’autre continent des bières «made in Québec» dès le mois de mars. 

«J’ai beaucoup voyagé. J’ai connu beaucoup de gens à l’étranger, entre autres en Angleterre. Et plusieurs me soulignaient qu’ils aimeraient avoir mes produits», explique au Soleil l’homme d’affaires, qui a pris racine en Europe durant plusieurs années.

«Nous devions avant tout développer notre marché dans les autres provinces. Là, les ventes sont au rendez-vous. C’était la prochaine étape de notre plan d’affaires. Pour fournir certains marchés en Europe, les commandes minimales sont assez solides. Je n’avais pas le choix de grossir», poursuit celui qui est également le patron du Pub de la Traverse, à Lévis.

Au total, une quarantaine de marins sont sous sa gouverne.

Afin d’appuyer son expansion à l’international et aussi à travers l’Ouest canadien, Le Corsaire s’est dernièrement inscrit au Registre des lobbyistes pour dénicher un prêt ou une subvention.

«On commence à devenir gros. Depuis 10 ans, chaque année, on double presque notre capacité», avance le propriétaire qui brasse des affaires au Québec — 85 % de son marché —, mais également au Nouveau-Brunswick, en Saskatchewan, en Alberta, au Manitoba et en Colombie-Britannique.  «Nous sommes en expansion. Je fais juste répondre à la demande. Les affaires vont bien», poursuit-il. Difficile de le contredire.

En lien avec sa percée du côté européen, M. Vaillancourt n’écarte pas l’ouverture d’un resto-bar ou d’une usine de production. Aucun plan du genre n’est toutefois sur la table à dessin pour les cinq prochaines années. «Par contre, je ne dirais pas non à moyen ou à long terme», dit-il.

Pour les États-Unis, l’aventure au pays de Donald Trump devrait débuter d’ici l’été. «J’attendais de grossir la production avant de développer d’autres marchés», affirme M. Vaillancourt. 

Ce dernier peut d’ailleurs se targuer d’avoir sur son menu l’une des meilleures bières au monde avec sa Kirke. Ce produit, comme d’autres bières du brasseur, s’est distingué au World Beer Awards de Londres.

Vers une microdistillerie

Au cours de la dernière décennie, afin de répondre à la demande de sa clientèle, en projets de rénovation et en agrandissement, le brasseur de formation estime avoir injecté dans son entreprise plusieurs millions de dollars. D’ailleurs, il ne cache pas avoir été approché par «d’importants joueurs» de son industrie pour acquérir son commerce. Il assure toutefois n’être pas à vendre, martelant avoir encore plusieurs projets dans ses cartons.

Il souhaite notamment développer une nouvelle division. Il veut se lancer dans la production de spiritueux. L’investissement pour l’ouverture de sa microdistillerie devrait atteindre les 500 000 $.

Si tout se déroule comme prévu, M. Vaillancourt prévoit démarrer la production de whisky, de gin ou de rhum au courant de 2018.

En raison des lois québécoises entourant la vente et la production de spiritueux, le patron affirme toutefois que ses produits seront probablement disponibles au départ que dans les autres provinces, et ce, malgré les nouvelles mesures du gouvernement annoncées dans son dernier budget pour favoriser la production d’alcool local.

«On dirait qu’il y a encore de la prohibition dans ce dossier-là. La société des alcools ne veut pas lâcher son morceau, déplore-t-il. On espère ouvrir rapidement en 2018. On attend après la législation.»

Les produits du Corsaire sont aujourd’hui disponibles dans plus de 500 points de vente à travers le Canada. Annuellement, l’établissement brasse une quarantaine de recettes de bières, dont une quinzaine se retrouvent sur les tablettes des dépanneurs et des épiceries et aussi dans certains restaurants.