Dans une publicité publiée samedi dans Le Soleil, le CN indiquait qu'il n'avait aucune obligation de peinturer le pont.

Le CN veut «maquiller l'état lamentable du pont»

La publicité du Canadien National dans plusieurs quotidiens est une campagne de relations publiques visant à «maquiller la rouille et l'état lamentable» du pont de Québec, estime l'attaché de presse du maire de Québec, Paul-Christian Nolin.
Le texte publié samedi matin prétend que «le CN a toujours assumé ses responsabilités à l'égard du pont de Québec». Concernant les travaux de peinture inachevés, le CN écrit que sa responsabilité «n'inclut pas la mise en valeur des aspects patrimoniaux, ou esthétiques, du pont». La publicité conclut en rappelant que «la Cour supérieure du Québec a décidé, sans aucune ambiguïté, que le CN n'a aucune obligation de peinturer le pont.»
Cette réplique du Canadien National a réjoui le porte-parole du maire Régis Labeaume. «Ça prouve que notre sortie a été efficace! Et je peux leur annoncer que ce n'est que le début...», a fait savoir Paul-Christian Nolin. «Ça reste une compagnie cotée en bourse. C'est pour ça qu'on va bien finir par se faire entendre.»
Pour la mairie de Québec, la publicité du CN est une réponse directe à la sollicitation auprès du milliardaire et fondateur de Microsoft, Bill Gates, principal actionnaire du CN.
«Mais aujourd'hui, au lieu de faire une opération de relations publiques, pour chercher à nous convaincre qu'ils sont bons, eh bien ils devraient dépenser leur argent à refaire le pont et nous prouver qu'ils sont bons», renchérit toutefois Paul-Chrisitian Nolin. «C'est de l'argent dépensé, pour rien d'autre que maquiller la rouille et l'état lamentable du pont. C'est juste pour faire de l'esbroufe et faire oublier l'état.»
«On n'est pas dupes»
Le porte-parole de Régis Labeaume ne s'en fait guère avec les arguments du CN. «C'est un ramassis d'affaires déjà entendues. Je pense qu'on n'est pas dupes. C'est une entreprise qui fait des milliards de profits et qui voudrait qu'on s'apitoie sur le fait qu'ils n'ont pas les moyens... Il n'y a personne qui les a forcés à prendre le pont. Ils l'ont accepté de bon gré et ils savaient très bien dans quoi ils s'embarquaient.»