Le Club de kayak de Beaupré disparaît après 52 ans

Au cœur d’un conflit avec la Ville, le Club de kayak de Beaupré ferme ses portes, 52 ans après son ouverture. Une tentative de sauvetage de dernière minute du conseil municipal lundi soir n’a pas donné les résultats escomptés.

D’un côté, les responsables du Club de kayak estiment avoir été chassés de leurs locaux par la Ville et de l’autre, le maire Pierre Renaud souligne que la Ville n’a pas eu le choix de se dissocier du club, qu’elle considère comme désorganisé.

«C’est un dossier qui traîne depuis sept ou huit ans. Cet organisme a profité largement des deniers de la Ville et on a eu de la difficulté à se faire payer, ils ont accroché du mobilier et ils circulaient sur le terrain des camps de jour. À un moment donné, il faut agir et on a agi», a expliqué le maire Renaud au Soleil, soulignant qu’aucun des clients du Club de kayak n’était résident de Beaupré. «Ce sont tous des gens de l’extérieur de la ville.»

Si la Ville a demandé au Club de kayak de quitter le bâtiment qu’il occupait, ce serait parce que ses assureurs ont demandé de vérifier s’il détenait des certifications et des polices d’assurance conformes. «On s’est rendu compte que c’était un peu désorganisé : le Club n’avait pas de certification d’instructeur et son assurance était minime. Dans le contrat, il y avait des clauses à respecter et le Club ne voulait pas les respecter. La Ville a donc choisi de se dissocier du Club», poursuit le maire, rappelant qu’au fil des années, le conseil avait loué ses locaux au Club à un «coût communautaire» en plus de lui prêter de la main-d’œuvre et de l’aider financièrement.

Chassé

Le président du Club de kayak de Beaupré, Winston Kelso, accuse pour sa part la Ville d’avoir chassé le Club afin de pouvoir utiliser l’espace comme atelier de réparation. «Nous avons de 60 à 80 kayaks d’une valeur d’environ 100 000 $ et aucun endroit pour les entreposer», déplore celui qui a dû sortir en fin de semaine les embarcations du pavillon où elles étaient entreposées dans le centre sportif municipal.

Son fils Anthony Kelso, principal administrateur du Club, avoue que les relations avec la Ville ont été «assez pénibles» depuis la signature d’un bail l’an dernier. «L’aménagement des lieux physiques était source de conflits et la Ville a exagéré au niveau des exigences et des règlements, qui sont trop sévères et compliqués à suivre pour des organisateurs bénévoles. Ils ont la psychose d’une noyade, ils se sont mis à demander un brevet d’enseignant alors que pourtant, tout avait toujours bien été par le passé», explique-t-il.

Anthony Kelso est celui qui a décidé de mettre la clé sous la porte du Club de kayak après plus d’un demi-siècle d’activités. «Honnêtement, j’ai ma part de responsabilité. J’aurais peut-être dû suivre les règlements de A à Z, j’aurais peut-être dû lire la lettre qu’ils m’ont envoyée en avril. Mais je suis particulièrement dégoûté par leur attitude : ils ont écœuré un bénévole. Ce qu’ils font étouffe le bénévolat», conclut-il.

De son côté, le maire Renaud a déclaré mardi qu’il aurait été prêt à offrir un terrain municipal au Club de kayak pour y installer un conteneur afin de remiser les embarcations. «Mais M. Kelso nous a dit non, qu’il n’avait pas d’argent...» conclut-il.