L’hôpital de Maria
L’hôpital de Maria

Le CISSS de la Gaspésie défend la qualité de ses services

Gilles Gagné
Gilles Gagné
Collaboration spéciale
MARIA – La directrice du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie, Chantal Duguay, assure que des ajustements étaient déjà en voie de réalisation depuis deux semaines quand des infirmières de l’hôpital de Maria ont exprimé, le 15 octobre, leurs craintes au sujet de lacunes potentielles portant sur la prévention des infections dans cet établissement.

Les infirmières avaient verbalisé, sous le couvert de l’anonymat, à Radio-Canada, leur appréhension parce qu’elles n’étaient pas testées suffisamment, parce que des patients atteints de la COVID-19 étaient parfois placés dans des chambres doubles avec des patients non-infectés, et parce que des infirmières pouvaient passer d’une zone «chaude» à une zone «froide».

Chantal Duguay assure, à propos d’une crainte signifiée depuis plusieurs jours par divers employés de la santé au sujet du croisement de patients infectés et non-infectés à l’entrée de l’hôpital, à l’urgence et dans la clinique externe, que des «travaux sont en cours à l’urgence depuis deux semaines pour corriger la situation» et que «les mesures de prévention étaient suivies».

Par écrit, le directeur de la santé publique en Gaspésie, le docteur Yv Bonnier-Viger, note que «les équipes qui étaient concernées par l’éclosion ont été dépistées. Par définition, les travailleurs de la santé qui travaillent auprès des personnes sont exposés ou possiblement exposées. Lors des enquêtes épidémiologiques, la santé publique vérifie s’il y a eu un bris dans le port de l’équipement de protection individuelle. Sinon, elle considère qu’il s’agit d’un risque faible qui ne nécessite ni dépistage ni isolement. L’attention à l’apparition des symptômes est suffisante».

Quant au passage des infirmières d’une zone chaude à une zone froide, Chantal Duguay précise que «la stratégie de stabilisation de la main-d’œuvre dans les milieux (…) a comme objectif de prendre tous les moyens nécessaires pour réduire les risques de contamination générés par (la) mobilité des employés entre les installations (bâtiment) de leur établissement. Pour éviter une rupture de services, il pourrait arriver que nous ayons à faire un déplacement dans une même installation. Dans ce cas-ci, toutes les mesures de prévention et contrôle des infections sont mises en application et le déplacement ne se fait pas dans la même journée».

Au sujet de la cohabitation entre patients ayant testé positifs dans des chambres doubles avec des patients non-infectés à la COVID-19, Mme Duguay souligne après vérification, «que les gens positifs ou symptomatiques sont placés dans des salles fermées à pression négative. Il n’y a donc pas eu cette situation».

Le docteur Bonnier-Viger ajoute qu’il «est important de mentionner que selon l’INSPQ (Institut national de santé publique du Québec), un patient positif n’est plus considéré contagieux à partir de 10 jours après le début des symptômes ou du test positif, (après) 48 heures sans fièvre et (après) 24 heures sans symptômes».

Lundi, le directeur général par intérim du Regroupement provincial des comités des usagers, Marc Rochefort en a rajouté, statuant que «l'Hôpital de Maria doit revoir ses façons de faire et agir concrètement afin de protéger son personnel et ses usagers contre la COVID-19».

Le gouvernement du Québec a choisi cette période de critiques liées à la configuration et à l’organisation de l’urgence à l’hôpital de Maria pour annoncer un projet de réaménagement et de modernisation de cette urgence. Le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie est donc autorisé à procéder à «l’élaboration du programme fonctionnel du projet pour remédier à certaines lacunes de l’urgence de l’hôpital, qui ne répond plus aux besoins actuels». Ensuite, la Société québécoise des infrastructures, gestionnaire du projet, «pourra amorcer le programme technique», avec l’établissement et le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Par ailleurs, Le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Gaspésie confère aux hôpitaux de Maria et de Chandler le statut d’établissements désignés pour traiter des patients atteints du coronavirus. Treize lits sont ouverts à Maria, comparativement à sept à Chandler. L’hôpital de Gaspé jouissait déjà de ce statut, et dix patients peuvent y être traités.

Enfin, la Direction de la santé publique rapporte huit cas d’infection au coronavirus lundi, la journée la plus tranquille à cet égard depuis les cinq cas du 21 septembre. C’est aussi la première fois en près d’un mois que la MRC d’Avignon ne compte aucun nouveau cas d’infection. Cinq cas sont localisés dans la MRC de Bonaventure, porteuse du plus grand nombre de nouvelles infections depuis 10 jours.

Les foyers d’infection que sont la Résidence Saint-Joseph, le Manoir Lady Maria et l’hôpital de Maria n’ajoutent aucun cas lundi, mais le CHSLD de New Carlisle compte maintenant six employés infectés et cinq résidents. C’est un employé de plus que dimanche.